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mardi 21 décembre 2010

De sagesse et de chaussures

«Qui crache en l'air tombe su'l'nez!» Cette miette de sagesse nous vient d'Yvon Pedneault et fait partie des 13 déclarations en lice pour le «prestigieux» palmarès des citations de 2010 du Sportnographe. Non seulement on peut y lire les citations, mais les extraits sonores y sont aussi présentés, et on peut voter pour ses citations préférées! Il me fait donc plaisir de «sortir un chapeau de mon sac» et de vous diriger vers ces parcelles de sagesse sportive, bref, de vous les «présenter sur un bateau d'argent».

Ce qui me rappelle que je suis VRAIMENT content 1) de ne pas avoir d'entraîneur au hockey cosom et surtout 2) que Jean Perron ne soit pas mon entraîneur:





Question d'éviter de terminer ce billet sur des images mentales peu ragoûtantes, mentionnons que j'ai atteint la marque des 2000 km courus en 2010 (mon record précédent était de 1317 km) avec une séance d'intervalles sur piste. En plus de vérifier que je n'avais rien perdu en rapidité («rapidité» étant ici un mot tout à fait relatif), j'ai eu l'occasion d'étrenner une de mes deux paires de Kinvara neuves du mois dernier:

Laquelle de ces 3 paires de chaussures avait déjà servi au moment de la prise de la photo?

Hé oui, j'ai 3 paires de Kinvara! Notons qu'il existe des circonstances atténuantes pour l'évaluation de ma santé mentale:

1) J'ADORE les Kinvara!
2) Il y avait une vente chez Eastbay, les stocks baissaient, et le huard était à parité avec le billet vert. Le moment était donc propice.

Je suis donc grayé en chaussures de course pour la prochaine année. Ce qui ne m'empêche pas de saliver en regardant les MT101 de New Balance ou les futures Hattori de Saucony, dont Pete Larson (Runblogger) a parlé dans son blogue. J'ai même écrit à Saucony pour être un des wear testers que la compagnie recherchait pour les Hattori (voir le billet de Runblogger). Malheureusement, Saucony recrute uniquement des coureurs américains vivant dans les états situés sur le continent pour la mise à l'essai de ses futurs produits.

Un gars s'essaye!

dimanche 28 février 2010

La diplomatie

T'es un nobody qui choisit de faire de la place dans son horaire de la fin de semaine pour passer du temps avec d'autres nobodys de presque tous les âges qui évoluent dans presque toutes les sphères de la société: comptable, travailleur d'usine, scientifique, futur policier, conseiller en ressource humaines, vendeur d'assurances, etc. Ce qui réunit ce groupe aussi disparate, c'est la passion pour une activité -un sport d'équipe- que tous ont probablement commencé à pratiquer quand ils étaient enfants.

On pourrait même dire qu'à quelque part, pratiquer ce sport d'équipe -celui-là ou un autre, peu importe- c'est se créer une petite bulle d'enfance dans notre vie d'adulte: on oublie pour un temps les REER, le rapport d'impôt, le collègue de travail chiant, la pinte de lait à aller chercher à l'épicerie, le rendez-vous au garage, le lavage à faire, et autres tracas de la vie quotidienne, et on JOUE.

Je ne sais pas pour toi, mais moi c'est à peu près les seul moments pendant lesquels je suis concentré à 100% sur le «ici» et le «maintenant». Prends M, par exemple. Il est capable d'accélérer beaucoup plus rapidement que le reste d'entre nous. Il faut donc s'en méfier, car il peut nous contourner facilement lorsqu'il s'y met. Le meilleur moyen de le neutraliser, c'est d'essayer de faire en sorte qu'il ne puisse pas avoir possession de la balle, en se plaçant dans la ligne de passe pour empêcher qu'un coéquipier puisse la lui envoyer (dans ce cas, il faut régulièrement regarder derrière soi, car M est un joueur intelligent qui, lorsqu'il constate qu'il est couvert, se déplace rapidement et silencieusement de façon à créer une nouvelle ligne de passe) ou en prévoyant le jeu de façon à être en position de poker la balle avant qu'il ne réussisse à la récupérer. S'il court vers nous avec la balle en sa possession et s'apprête à essayer de nous déjouer, un bâton tenu d'une main avec la palette au sol devant soi maximise les chances de l'arrêter en pokant la balle. Il y aussi P, qui court peu mais a un tir puissant et précis, et est un véritable mur en défensive qui arrête à peu près tout ce qui passe à moins de 2 mètres autour de lui. Quand on joue contre lui, il ne sert à rien d'essayer de faire une passe de son côté de terrain. Mieux vaut se servir de sa rapidité (quand on en a) pour le contourner à distance ou changer de côté de terrain pour faire face à l'autre défenseur. Et je pourrais continuer longtemps avec A, très rapide et qui a de si bonnes mains qu'elles semblent parfois aller plus vite que son cerveau et qu'il se déjoue lui-même avec ses feintes, F, joueur lent qui a un tir très précis et est un bon pokeur, etc. Bref, j'ai un fichier mental sur chacun des joueurs, et je consulte constamment ces fichier pendant le déroulement du jeu. Penser à tout ça, en plus d'essayer de prévoir le jeu que l'équipe adverse s'apprête à essayer de faire, ou de tenter de construire soi-même un jeu, permet de donner du repos au hamster qui court normalement tout le temps dans la roue située dans notre tête. J'aime croire que c'est bon pour la santé mentale.

Il n'y a pas de prix ou de trophées remis au gagnants, pas plus qu'il n'y a d'équipes fixes. Le hasard nous fait jouer avec et contre tout le monde à un moment ou l'autre. Bref, nous jouons pour le fun et pour garder la forme, même si c'est toujours plaisant de gagner et un peu plate de perdre.

J'ai donc beaucoup de difficulté à voir ce que ton «je reviendrai p'us icitte, je peux pas jouer avec du monde qui jouent comme ça!» et ton chiâlage contre tes coéquipiers quand tu perds peuvent apporter dans ce contexte. C'est ça, reste donc chez vous avec ton mémérage de cour d'école du primaire, au lieu de gâcher l'ambiance pour tout le monde! C'est pas parce qu'on retombe un peu en enfance en jouant qu'on doit oublier tout ce qu'on a appris depuis l'âge de 12 ans.

Mais non, tu as mentionné après le match que tu reviendrais la semaine prochaine et les semaines suivantes, même si tu ne sembles pas t'amuser beaucoup avec nous. Est-tu masochiste, ou es-tu simplement un agrès?

(Mal)Heureusement, la diplomatie nous empêche parfois de dire les choses.