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jeudi 23 février 2012

Des Nike Free 3.0 V4?

Hé oui, il semble bien que la prochaine version des Free 3.0, celle qui succédera à l'horrible V3, s'en vient! Il en est question chez Runblogger. Globalement, les photos sont encourageantes. Notons d'abord que les gens de Nike ont eu l'excellente idée de reléguer aux oubliettes la pellicule de tissu mou qui entourait le talon dans la V3. Ouf! Également, comme le montre la photo qui suit, l'avant-pied de la V4 sera plus large que celui des versions précédentes. C'est une bonne chose en autant que la chaussure comprenne des éléments pour maintenir le pied bien en place.

Image via Runblogger


La semelle semble par ailleurs être moins épaisse au talon que celles des V1 à V3, ce que confirme un lecteur dans les commentaires du billet de Runblogger. Ainsi, le dénivelé de la chaussure serait de 3 mm, comparativement à 7 mm pour la V2 et la V3. La plupart des amateurs de chaussures dites minimalistes (un mot que j'aime de moins en moins, car désormais trop associé à une petite minorité de zélés) apprécieront le dénivelé plus petit. Pour ma part, j'aime bien les 7 mm de dénivelé de la V2. Ils m'aident à reposer mes mollets moumounes et mes tendons d'Achille, lesquels finissent toujours par se plaindre quand je cours trop souvent avec les Minimus Trail ou Road. Mais bon, à chacun ses préférences.

Une chose qui me chicote un peu, c'est que la semelle de la V4 s'étend plus loin vers l'arrière que celle de la V2. Espérons que ça ne favorisera pas un dépôt du pied sur le talon, ce qui serait tout à fait contraire à la philosophie qui est derrière la conception de la Free 3.0.

La semelle de la V4 s'étend loin vers l'arrière. Image via Runblogger.


La bonne vieille V2

En tout cas, le fait que Nike non seulement sorte une V4, mais en plus ait mis le paquet sur la conception de cette nouvelle évolution, vient calmer mes appréhensions à l'effet que la compagnie était en train d'abandonner tranquillement la Free 3.0 pour concentrer ses efforts sur la Free Run+, une chaussure plus contraignante avec une semelle assez épaisse. Peut-être que les gens de Nike ont pris bonne note du succès de la ligne Minimus de New Balance...

Il reste à savoir si la V4 sera vendue au Canada. Chez Running Free, peut-être?

dimanche 19 février 2012

Demi-marathon hypothermique de Montréal 2012

Comme prévu, j'ai couru hier matin le Demi-marathon hypothermique de Montréal, sur les îles Ste-Hélène et Notre-Dame. Il s'agissait de ma troisième participation à cette course, et de la troisième de suite qui plus est. Voici mon compte-rendu. Il est tellement long, verbeux et narcissique que c'en est un peu gênant de le mettre en ligne, mais bon, il s'agit d'un blogue personnel après tout...

Objectif
Avant cette course, mon record personnel au demi-marathon était de 1:43:33, temps réalisé au demi du Marathon de Montréal en septembre dernier par un humidex de 26. C'est nettement plus lent que le 1:35:43 que prédit le calculateur McMillan à partir de mon temps réalisé au 10 km de la Classique du parc Lafontaine en octobre dernier. À moins d'avoir des conditions météo atroces, il était donc à peu près certain que j'allais battre mon record. Restait à savoir de combien...

J'étais tout à fait conscient que mon entrainement pour le demi hypothermique était loin d'être optimal. Trois sorties de 20 km ou plus dans les 4 dernières semaines, ça paraît bien vite comme ça, mais en retournant plus loin en arrière, je note que j'en avais fait seulement 4 en tout depuis mon demi précédent, le 25 septembre dernier. Ça fait pas des enfants... endurants. D'autant plus que, comme dirait probablement Jean Perron, l'endurance a toujours été mon talon d'aiguille.

De plus, en voyant à quel point j'en avais arraché lors de mes deux longues sorties sur le plat avec intervalles au rythme visé (4:33/km) effectuées ces dernières semaines, je me rendais bien compte que le temps prédit par McMillan était probablement hors de ma portée pour l'instant. J'ai donc décidé que j'allais être content si je réussissais à passer sous les 1h40, ou plutôt que j'allais être déçu si je ne réussissais pas à faire sous les 1h40...

Choix des chaussures de course
Pour m'aider dans ma périlleuse mission, j'avais le choix entre les candidates suivantes:

-Mes vieilles Free 3.0 V2. Trop maganées. J'aurais eu peur qu'elles me lâchent en pleine course.
-Minimus Road: Trop glissantes sur la neige et la glace, et trop lourdes s'il avait fallu qu'elles s'imbibent d'eau.
-Minimus Trail: Trop dures pour mes mollets et tendons d'Achille. Ça fait plusieurs mois que je les utilise, mais elles me laissent encore avec des courbatures. Pour cette raison, je songe à rebaptiser mon blogue Mollets moumounes. Ça ferait un bon titre, non?

Ne restait donc que ma toute nouvelle paire de Free 3.0 V2, avec laquelle je n'avais même pas encore couru et qui me travaillait le gros orteil gauche! Je les ai donc portées pour marcher jeudi et vendredi, dans l'espoir d'écraser un peu les semelles intérieures et d'offrir un peu d'espace à mon gros orteil. Je me souviens d'ailleurs que mes gros orteils étaient aussi à l'étroit dans les premiers temps de ma vieille paire, et que la situation (ou plutôt la semelle) s'était résorbée par la suite.

Avant-course
Le lever du corps s'est fait à 5 heures, question d'avoir le temps d'enfourner 5 toasts au beurre de pinottes avant 5h30. Après quelques essais et erreurs, j'ai fini par trouver ce qu'il me faut le matin d'une course: un gros déjeuner terminé environ 3 heures avant la course.

Arrivé au parc Jean-Drapeau environ 1h15 avant le départ prévu à 8h30, j'ai disposé d'amplement de temps pour accomplir ce qui est devenu un rituel pour moi au demi hypothermique: l'exploration du parcours. J'ai d'abord noté, outre la présence d'une moufette derrière le pavillon, tout près de la petite boucle que nous allions devoir emprunter à la fin de chacun des 3 tours que comptait la course, que la descente vers le pont du Cosmos juste après le départ allait être assez rock'n'roll: la neige et les plaques de glace étaient au rendez-vous, ce qui rendait la surface plutôt glissante. Même chose pour la petite boucle qui fait le tour du pavillon.

Quant au circuit Gilles-Villeneuve, c'était de l'asphalte partout dans la partie que j'ai explorée, avec des plaques de glace noire ici et là, sur lesquelles les Yaktrax Pro n'ont aucune prise. Conclusion: même si les conditions étaient loin d'être optimales, j'avais confiance que les Free 3.0 allaient me donner une adhérence somme toute potable dans toutes les parties du parcours.

Contrairement à l'année derrière, je n'ai pas pris place dans le peloton à la dernière minute. Une crampe au cerveau a cependant fait en sorte que je me suis placé à une centaine de mètres de l'arche Running Room en pensant qu'elle indiquait la ligne de départ, alors qu'elle indique plutôt le fil d'arrivée. À ma 3e participation à cette course, j'aurais dû connaître l'emplacement des tapis de départ! Conséquence de mon erreur: j'étais plus loin de la ligne de départ que j'aurais voulu, probablement au début de la deuxième moitié du peloton, et il allait falloir que je remonte une marée de coureurs plus lents (dont plusieurs, pour une raison inconnue, se placent à l'avant) encore cette année.

La course
La course a été lancée sous un beau soleil qui avait fait son apparition quelques minutes plus tôt. Avant même d'avoir franchi les tapis de départ, j'ai eu assez d'espace devant moi pour me mettre à courir, ce qui est plutôt rare. J'ai toutefois rapidement rejoint des poches de coureurs que la crainte de tomber dans la descente glacée faisait avancer très lentement et même, dans certains cas, marcher, ce qui m'a poussé à faire un petit détour hors piste assorti de quelques acrobaties destinées à m'éviter une spectaculaire et humiliante chute. C'est passé bien près!

Une fois arrivé sur le circuit Gilles-Villeneuve, j'ai été en mesure de prendre un rythme qui se situait aux alentours de 4:30/km. Je dirais que mon niveau d'effort était alors «confortablement difficile», et je me suis mis à croire en mes chances de maintenir le rythme prédit par le calculateur pour la totalité de la course. La partie sud du circuit nous réservait toutefois quelques mauvaises surprises, notamment une portion de plusieurs centaines de mètres recouverte de glace. Comme de nombreuses personnes autour de moi, j'ai alors commencé à courir en bordure de piste, sur une portion enneigée qui présentait une adhérence tout à fait potable. Après 2 ou 3 minutes, je me suis toutefois rendu compte que maintenir ce rythme sur la neige était très taxant pour les muscles des jambes, et mon rythme difficile a commencé à être moins confortable... Le reste de la partie sud, en plus de nous offrir un vent de face, comprenait quelques autres portions glacées qui compliquaient la vie des coureurs. Heureusement que nous avions un répit de glace (mais pas de vent) pendant notre passage dans la ligne des puits de ravitaillement, une nouveauté du parcours cette année. D'un autre côté, la neige et la glace apportaient une variété qui faisait du bien: courir à un rythme difficile sur une loooooongue ligne droite sans côtes, ça peut devenir difficile mentalement en titi. Et entre une chaussée modérément glacée et la chaleur et l'humidité qui sévissent à Montréal en été, je choisirai toujours la glace...

Dans la partie suivante, celle qui nous ramenait vers le pont du Cosmos, il y avait quelques sections enneigées, mais l'adhérence restait très bonne. Et en plus, ça descendait.

Comme j'ai commencé à en arracher vers le 4-5e km, j'ai essayé de ne pas trop porter mon attention sur le nombre de kilomètres faits et à faire, et de plutôt me concentrer sur les 3 tours de 7 km qui composaient le parcours. Curieusement, la course me paraissait moins difficile vue de cette façon...

La boucle finale du premier tour a sapé quelque peu mes énergies, et c'est avec bonheur que j'ai vu arriver la descente du début du deuxième tour. Les encouragements des spectateurs m'ont également donné un petit regain d'énergie.

De retour sur le circuit Gilles-Villeneuve, j'ai toutefois vécu ce qui a probablement été le moment le plus difficile de ma course. Je perdais graduellement le contact avec ceux qui étaient devant moi, et j'entendais des pas se rapprocher derrière moi. Un gars et une fille m'ont dépassé coup sur coup. Je me suis alors dit que c'était le moment de donner un coup de barre si je ne voulais pas rater mon objectif, car il me semblait que je ralentissais. De peine et de misère, je me suis accroché derrière la fille. J'ai fini par la dépasser dans la partie sud du circuit, et j'ai rejoint des coureurs devant moi. Plus tard dans ce même tour, je me suis accroché de la même façon pendant 2 ou 3 minutes derrière un gars qui m'avait dépassé et qui était très rapide. Il a fini par me distancier et je ne l'ai plus revu de la course, mais encore là le fait d'accélérer pour suivre quelqu'un m'a réveillé et m'a permis de rejoindre des coureurs devant moi, dont le gars qui m'avait dépassé au début du tour.

Même si j'ai fini le 2e tour avec le cerveau légèrement en compote à cause de la fatigue, j'ai réalisé que j'étais plus rapide que les coureurs qui m'entouraient sur la neige et la glace de la boucle qui faisait le tour du pavillon. Ça doit être mon expérience dans ces conditions...

J'ai été bien content de voir arriver le 3e tour, mais quand je me suis mis à penser à ce qui m'attendait, j'ai senti une pointe de désespoir. Pour garder le moral, je me suis alors mis à penser en terme de ce que j'avais fait dans ce dernier tour, dans le genre «il me reste un tour moins la descente et le pont du Cosmos» ou «il me reste un tour moins le pont du Cosmos et le circuit Gilles-Villeneuve jusqu'après la ligne des puits».

Pendant ce dernier tour, je me suis fait dépasser pour de bon par quelques coureurs avec lesquels j'étais en «lutte» depuis le tour précédent (nous nous étions dépassés les uns les autres à quelques reprises). À 2 ou 3 km de la fin, j'ai essayé de pousser pour rejoindre deux d'entre eux qui étaient à une centaine de mètres devant moi, mais j'ai réalisé que j'étais incapable de passer à la vitesse supérieure sans risquer d'avoir à marcher avant la fin. Ce que j'ai perçu comme un manque de combativité m'a déçu, d'autant plus que ma fréquence cardiaque ne semblait pas vouloir dépasser les 160 bpm, ce qui montrait bien que j'étais loin de mon niveau d'effort maximal. Je crois que le manque de sommeil de la dernière semaine (et ma nuit de moins de 4 heures de sommeil avant la course) n'a pas aidé.

Au moins, je savais qu'un temps sous les 1h40 m'était à toutes fins pratiques acquis: j'avais configuré ma Garmin pour afficher mon rythme moyen à partir du début de la course, et à 4:38/km j'étais confortablement sous le seuil de 4:44/km.

J'ai encore dépassé quelques coureurs dans la partie enneigée de la boucle finale, avant de faire une parodie de sprint à l'approche du fil d'arrivée, que j'ai franchi en étant complètement crevé.

Temps à ma montre: 1:38:33. Temps Sportstats: 1:38:30. Temps au tour: 32:47, 33:04, 32:41. J'ai donc moins ralenti que j'avais cru.

Voici le tableau de mes partiels obtenu en exportant les données de mon compte Garmin Connect dans le tableur d'Open Office (une procédure de 2-3 minutes!):


Même si je suis à près de 3 minutes du temps prédit par le calculateur McMillan, je peux être content de ma course. J'ai amélioré mon record personnel de 5:03, et mon temps de l'an dernier de 5:18. Mais surtout, même si je n'ai pas été capable de pousser autant que j'aurais aimé en fin de course, je crois avoir réussi à extraire de ma carcasse pepérienne tout ce qu'il y avait à extraire hier matin. J'étais d'ailleurs KO après avoir passé le fil d'arrivée. Dans des cas comme ça, on sait qu'on a tout donné et qu'on aurait difficilement pu faire mieux. En plus, les méchants qui m'ont dépassé pour de bon au dernier tour semblent à peu près tous avoir des chip times plus lents que le mien!

Comme je m'y attendais, mon gros orteil gauche a souffert un peu pendant la course. Il a commencé à se faire plus insistant à environ 5 km de la fin mais, à mon heureuse surprise, je n'ai pas d'ampoule. Mais ce que j'aime moins, c'est que je ressens depuis hier une douleur à l'extérieur du genou droit, une douleur que j'ai également ressentie à 2 ou 3 kilomètres de l'arrivée. Pourvu que ça ne soit pas ma foutue bandelette. J'avais la paix depuis maintenant 2 ans! Je croise les doigts (et j'applique des compresses froides) pour que tout rentre dans l'ordre rapidement.

dimanche 12 février 2012

Des Nike Free 3.0 en vente au Canada!

Avis aux lecteurs canadiens qui atterrissent sur ce blogue en cherchant des informations sur les Nike Free 3.0: plus besoin de faire affaire avec un commerçant outre-frontière pour vous procurer ces chaussures. Je suis tombé par hasard la semaine dernière sur le site de Running Free, une chaîne ontarienne de magasins d'articles de course à pied et d'autres sports, et c'est avec bonheur que j'ai pris connaissance des faits suivants:

1) La chaîne de magasins vend entre autres des Nike Free 3.0, ce qui est à ma connaissance une première au Canada.
2) Les Free 3.0 sont présentement en spécial à 100$ (prix régulier de 125$).
3) Running Free fait des ventes par internet.
4) Des paires de la version 2 (V2) étaient toujours disponibles dans deux pointures.
5) Dans les deux pointures disponibles, il y avait la mienne (9 1/2).

C'est d'autant plus heureux que Nike semble négliger la Free 3.0 au profit de la Free Run+, une chaussure plus lourde et plus épaisse que la 3.0. On peut trouver la Run+ dans la plupart des boutiques de course au Canada (en voici un exemple), et je lisais dernièrement sur Runblogger qu'elle a été l'une des 5 chaussures de sport les plus vendues au dernier trimestre aux États-Unis, toutes catégories confondues. Il est vrai que pour les gens du marketing de Nike, les Free 3.0, 5.0 et 7.0 doivent représenter un certain emmerdement, pour ne pas dire un emmerdement certain: contrairement à ce qui pourrait sembler intuitif, les chiffres associés à ces modèles ne sont pas des numéros de version. Ils font plutôt référence au niveau de support du pied, où 1.0 serait le pied nu et 10.0 une chaussure à support maximal. Bref, c'est un peu compliqué quand on peut vendre autant de chaussures en poussant un seul modèle dans la même famille et en évitant la confusion. Et les hippies qui aiment courir dans des chaussures plus légères qui permettent une foulée plus naturelle? Pfffft, qu'ils aillent manger du tofu en lisant le blogue d'Anton Krupicka!

Mais bon, revenons à nos moutons. Comme j'ai de grosses réserves au sujet de la dernière version en date de la Free 3.0 (Nike Free 3.0 V3, vous me suivez?), j'ai sauté sur l'occasion et me suis commandé une paire de V2 mercredi dernier à l'heure du midi. Sur son site, Running Free parle d'un délai de livraison de 2 à 4 jours ouvrables pour le Québec. Dans mon cas, le délai fut de seulement un jour: le jeudi soir, j'étais en possession de ma nouvelle acquisition! Me voici donc maintenant propriétaire d'une 2e paire de Nike Free 3.0 V2:

L'une de ces paires de chaussures est neuve, tandis que l'autre a 1160 km au compteur. Laquelle est laquelle?

Je suis d'autant plus heureux de mon achat que:

1) Je me suis rendu compte, après avoir passé ma commande, que les empeignes des deux chaussures de ma vieille paire avaient commencé à se détacher des semelles du côté latéral.
2) Il semble que j'ai commandé la dernière paire disponible dans le 9 1/2. Dès le jeudi, la V2 pour hommes n'était plus disponible que dans le 8.

Je suis donc très heureux de mon achat interwebbien chez Running Free. Même si je sens une pression sur le dessus de mes gros orteils dans ma nouvelle paire, j'ai confiance que tout rentrera dans l'ordre au bout de quelques sorties, quand la semelle interne aura été un peu écrasée.

À noter que Running Free annonce des V3 pour femmes dans le gris. Toutefois, si la photo représente bel et bien la chaussure en vente, il s'agirait plutôt de V2.
[MISE À JOUR (14/02/2012): En réponse à un courriel que je leur avais envoyé, les gens de Running Free m'informent qu'il s'agit effectivement de V2 et qu'ils ont corrigé l'erreur.]

Pour ce qui est des réserves que j'entretiens au sujet de la V3, elles concernent la durabilité. Je n'ai jamais vu la V3 «en vrai», mais selon moi ce qu'on voit à 0:23 de la vidéo qui suit n'est vraiment pas de bon augure:



Si j'étais méchant, je dirais qu'il s'agit là d'un exemple parfait d'obsolescence programmée...

vendredi 30 décembre 2011

Des chaussures de course neuves pour terminer l'année

Comme je le mentionnais dans mon bilan de la semaine dernière, j'étais à la recherche de nouvelles chaussures de course pour mes séances d'intervalles sur piste et pour les courses de 10 km ou moins. En effet, à des vitesses plus élevées que mon rythme du demi-marathon, les Nike Free 3.0 n'offrent pas un amortissement suffisant pour mes pauvres jambes pepériennes, lesquelles souffrent le martyr. Quant aux Kinvara, que j'utilisais jusqu'à tout récemment pour mes séances rapides et mes courses, elles torturaient les deux plus petits orteils de mon pied gauche depuis que mes pieds avaient commencé à élargir.

Mon premier réflexe a été d'aller essayer une paire de Kinvara une pleine pointure plus grande que celles dont je suis présentement le malheureux propriétaire. Malheureusement, mes orteils étaient encore à l'étroit! J'avais donc le choix d'essayer des Kinvara encore plus grandes, et de finir par être chaussé de véritables souliers de clown, ou de me tourner vers un autre modèle. Après avoir essayé de nombreuses chaussures dans deux boutiques, amenant en cours de route une pauvre vendeuse au bord de l'abime de la folie, j'ai fini par jeter mon dévolu sur une paire de New Balance Minimus Road, ou MR10.

Cette chaussure ne me disait rien lorsqu'elle est sortie: un peu plus lourde que la Kinvara ou la Free 3.0, elle présente une empeigne moins minimale que ces deux chaussures, en plus de ne pas avoir l'air d'être très flexible. J'ai toutefois réalisé ces derniers temps qu'il me faut un certain niveau de support et d'amortissement quand je fais des intervalles rapides. Et comme les Minimus Trail, les MR10 offrent amplement d'espace à tous mes orteils. Enfin!


Ma nouvelle acquisition.

Outre un avant-pied spacieux, la MR10 présente les caractéristiques minimalistes suivantes:

-Talon surélevé de 5 mm par rapport à l'avant-pied. C'est beaucoup moins que les 12 mm des chaussures standards.
-Poids de 8 onces selon Running Warehouse, ce qui la place moins d'une once au-dessus de la Free 3.0 et de la Kinvara. Pas si lourde que ça, donc.
-Une semelle qui ne s'étend pas jusque derrière le talon, ce qui aide à faire contact avec le sol avec le milieu du pied (voir la photo suivante).

La cheville s'étend plus loin vers l'arrière que la semelle, ce qui aiderait à ne pas atterrir sur le talon.


Du côté des caractéristiques qui déplaisent aux fervents du minimalisme, il y a:

-Une semelle plus épaisse et beaucoup moins flexible que celle de la MT10. On sent donc beaucoup moins la surface du sol qu'avec des chaussures comme les Free 3.0 ou les MT10. Sur ce point cependant, la MR10 n'a rien à envier à la Kinvara.
-Tel que mentionné plus haut, une empeigne pas vraiment minimale, contrairement à ce que le nom de la chaussure laisserait présager.

J'ai couru une fois avec les MR10 jusqu'à maintenant, lors d'une séance d'intervalles sur piste. Bien que leur semelle soit beaucoup moins moelleuse que celle des Kinvara, j'ai trouvé qu'elle amortit tout de même fort bien les impacts du pied au sol. Comme avec les Kinvara, il m'a été facile de courir vite avec les MR10. En fait, il y a seulement pendant mes tours à fond de train que j'aurais aimé avoir plus de protection.

J'ai également trouvé que la MR10 supportait bien mon pied, dans le sens qu'elle le maintenait bien en place à l'intérieur de la chaussure. Les quelques éléments structurants de la chaussure, situés autour des chevilles et sur l'avant-pied, font donc très bien leur travail. (Je soupçonne d'ailleurs que l'absence totale d'éléments structurants dans l'empeigne de la Free 3.0, qui la rend si confortable pour la course à des rythmes faciles ou modérés, est l'une des principales raisons de l'inefficacité de cette chaussure à vitesse plus élevée.) À noter toutefois que si vous êtes habitués à des chaussures conventionnelles comme la Kayano ou la GT-2150, qui sont de véritables sabots, vous allez trouver que l"amortissement de la MR10 est inexistant...

Du côté des points que j'aime mois et qui seront à surveiller, il y a:

-Une empeigne pas très minimale qui risque de s'imbiber d'eau sous la pluie, ce qui alourdira la chaussure.
-Toujours à cause de l'empeigne, l'évacuation de la chaleur devrait être plutôt moche lors des journées chaudes de l'été, comparativement à la MT10, à la Free 3.0. ou à la Kinvara.
-La semelle est plus épaisse du côté latéral (extérieur) du pied que du côté médian, ce qui amène la cheville à s'affaisser vers l'intérieur. Personnellement, je n'a senti la dénivellation ni en marchant ni en courant, mais je l'ai observée de visu. Ce n'est vraiment pas beau à voir, mais ça ne m'a causé aucun problème lors d'une séance d'intervalles de près de 12 km. Ce sera cependant un point à surveiller.
-La semelle, très lisse, qui risque de ne pas être très adhérente sur la neige ou la glace.

En somme, la Minimus Road a peut-être été mal baptisée: elle est loin d'être «minimale». Après un premier essai, elle semble toutefois correspondre assez bien à ce que je recherchais: une chaussure légère, avec un dénivelé talon-orteil raisonnable et qui présente un amortissement suffisant pour moi à vitesse élevée. Pour l'instant, je vais me contenter de l'utiliser sur piste intérieure...

Sur ce, il ne me reste qu'à vous souhaiter une bonne veille du jour de l'an!

samedi 22 octobre 2011

Réflexions (extrêmement pertinentes, bien entendu) pré-T3SB

1) J'aime l'acronyme que l'organisation a trouvé pour désigner le Tour des 3 sommets Brébeuf. T3SB, ça sonne un peu comme UTMB. Si je mentionne que j'ai couru le T3SB à un interlocuteur peu connaissant en course à pied et/ou distrait et/ou saoul et/ou avec des difficultés d'ouïe, ou encore si je le dis en marmonnant, on va peut-être me prendre pour un super-athlète.

2) Si je me fie au fichier des résultats du printemps, il y avait 105 participants lors de cette édition. Selon un courriel qu'on nous a envoyé mercredi, il y avait apparemment près de 420 inscrits pour demain. On parle donc d'une augmentation de la participation d'environ 300%. J'ai hâte de voir comment ces inscriptions sont réparties entre les différentes épreuves, et si l'organisation sera capable de composer avec cette croissance fulgurante.

3) Si ça vous intéresse, vous pouvez vous inscrire sur place demain matin jusqu'à une heure avant le début l'épreuve à laquelle vous aimeriez participer.

4) J'ai hâte à la course. Pour employer une expression qui est dans l'air du temps, on pourrait dire que le T3SB est un peu une patente à gosses dans le paysage des courses à pied québécoises: un parcours qui mélange l'asphalte, les sentiers, les routes de terre, les escaliers et l'ascension de (petites) montagnes, c'est plutôt rare. Disons que j'aime mieux cette patente à gosses-là que celle de Jean Charest:



5) Comme cette course est une patente à gosses, difficile de prédire un temps pour l'épreuve à laquelle je participe, le 15 km. En me basant sur mes sorties de ces dernières semaines sur un parcours de 14,7 km passant par 2 des sommets du mont Royal, j'estime que ça va me prendre entre 1h22 et 1h28. Ça va dépendre entre autres de l'état de mes mollets, qui ne sont pas encore remis de ma sortie de jeudi en Minimus sur le mont Royal. Chose certaine, je serais extrêmement surpris de faire moins de 1h15 (5:00/km) ou plus de 1h30 (6:00/km). Mais mon but pour demain est avant tout d'avoir du plaisir, de profiter d'une belle journée d'automne et d'éviter de me blesser.

6) Pas question que je mette des Kinvara demain. Leur semelle est trop épaisse pour que l'on puisse bien sentir les détails du sol sous les pieds, ce qui représente un net désavantage dans les sentiers. En plus, les Kinvara et mes pieds font de moins en moins bon ménage. De toute façon, la course en sentier ne nécessite pas autant d'amortissement que la course sur route. Il reste que le parcours est varié et qu'aucune chaussure n'est la meilleure pour toutes les surfaces. Les Minimus Trail, qui permettent aux pieds d'être près du sol, sont très agiles en sentier, notamment dans les descentes. Par contre, ce n'est vraiment pas ce qu'il y a de mieux pour descendre des côtes asphaltées à forte inclinaison comme celles qui nous attendent en fin de parcours. Les Free 3.0 seraient meilleures en fin de parcours, mais moins efficaces dans les sentiers plus techniques. Autre point à considérer: si les entiers sont bouetteux, il y a de bonne chances que la bouette s'accumule dans les fentes des semelles des Free. Bref, c'est un dilemme des plus intéressants pour le shoe geek que je suis. Pour l'instant, je penche du côté des Minmus.

7) Si mes mollets ne sont pas mieux demain qu'aujourd'hui, les réflexions du point 6 vont prendre le bord et je vais me rabattre sur les Free.

8) Bon, assez blogué pour aujourd'hui...

lundi 10 octobre 2011

Dommage que je ne sois pas un lutin

Hé oui, c'est dommage que je ne sois pas un lutin. Si j'en étais un, mes pieds seraient probablement assez étroits pour que je sois en mesure de continuer à courir avec mes Kinvara sans avoir de bobos aux orteils.

Ça faisait un bout que je sentais des douleurs au petit orteil gauche pendant les premiers kilomètres de mes sorties de course avec les Kinvara. Heureusement, tout finissait par rentrer dans l'ordre à chaque fois, et je complétais mes sorties sans encombres.

Depuis quelque temps toutefois, j'ai également mal au 4e orteil du pied gauche*, et cette douleur ne disparaît pas pendant mes sorties de course. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai fait ma séance d'intervalles de vendredi dernier avec les Free 3.0, qui sont malheureusement loin d'être optimales quand je dépasse mon rythme du demi-marathon. L'expérience avec les Free n'ayant pas été concluante, j'ai décidé d'utiliser l'une de mes paires de Kinvara pour la séance d'intervalles d'aujourd'hui, avec cette fois des bas plus minces que ceux que j'utilise normalement quand je porte les Kinvara. Je me suis dit que ça pourrait laisser plus de place à mon pied dans la chaussure, ce qui allait peut-être diminuer la douleur.

Erreur! La douleur était un peu plus forte que d'habitude, et une fois l'adrénaline des tours rapides retombée, je me suis rendu compte qu'elle était assez intense pour me forcer à modifier légèrement ma foulée, que ce soit à la course ou à la marche. Et ce soir, j'ai un quart de cercle de peau rouge qui s'étend du côté latéral (extérieur) de l'orteil, environ à égalité avec la fin de l'ongle, jusqu'au devant de l'orteil. Heureusement, l'ongle ne semble pas touché par ce qui a tous les airs d'un hématome. Je ne devrais donc pas le perdre...

Mais c'est tout se même gossant, d'autant plus que ce soir c'est même douloureux quand je marche nu pieds. Avec un peu de chance, je ne manquerai pas de sorties de course dans la bonne fraîcheur automnale qui va bientôt revenir.

Mais suite à cet incident, une question me tarabuste: avec quelles chaussures vais-je courir le 10 km de la Classique du parc Lafontaine? Je doute que mon orteil soit suffisamment rétabli d'ici à dimanche pour que je puisse courir sans douleur avec les Kinvara. Les Free 3.0, comme je l'ai mentionné plus haut, n'absorbent pas très bien les impacts au sol quand je cours sous les 4:30/km, ce qui me causerait des problèmes en 2e partie de course. Quoique avec des jambes fraîches, on ne sait jamais, ça pourrait peut-être bien aller... Et les Minimus, elles, m'ont sérieusement magané les mollets quand j'ai couru près de 15 km avec elles mercredi dernier.


Laquelle de ces presque belles m'accompagnera au 10 km du parc Lafontaine?


Bref, mon choix de chaussures pour dimanche va dépendre de l'état dans lequel sera mon orteil dimanche matin. Il n'est pas exclu non plus que j'essaie de modifier (ou de faire modifier ) ma plus vieille paire de Kinvara, question de «libérer» mon orteil de toute contrainte. Ça vaut sûrement la peine de tâter le terrain auprès d'un cordonnier...

*À noter que tout ceci est probablement la faute des chaussures minimalistes avec lesquelles je cours: en libérant le pied des contraintes que lui imposent les chaussures «traditionnelles», les chaussures minimalistes comme la Free 3.0 ou la Minimus Trail font en sorte qu'il s'élargit.

dimanche 2 octobre 2011

Je suis un être faible

Hé oui, j'ai beaucoup de difficulté à résister à la tentation, quand il est question de souliers de course. À ma décharge, peu de chaussures rencontrent mes critères: poids inférieur à 8 onces (226 g), talon pas trop surélevé par rapport à l'avant-pied, absence de structures rigides trop contraignantes, confort (les deux derniers points allant très souvent de pair), prix de vente raisonnable. Quand je trouve, et surtout quand j'essaie et que c'est confortable, il m'est donc difficile de résister...

Et puis, autre argument pour me déculpabiliser, ma paire de Free 3.0 v2 (pour «version 2») approche les 800 km et, même si elle ne présente aucun signe d'usure, il est temps pour moi de commencer à préparer sa succession. Malheureusement, je suis d'avis que Nike a gâché le modèle avec la version 3, qui a tout les airs d'un assemblage de la semelle de la Free 3.0 v2 (wouhou!) et de l'empeigne de la Free Run+ (doh!), une chaussure beaucoup plus «contrôlante» que la Free 3.0.

On peut encore trouver des paires de la version 2 via les interwebs, mais j'ai tout de même décidé d'aller voir dans certaines boutiques spécialisées montréalaises s'il n'y aurait pas de solutions de rechange intéressantes, question d'encourager l'économie locale. (Il faut préciser ici que la Free 3.0 n'est pas vendue au Canada.)

Hé bien, je n'ai rien trouvé qui me satisfaisait dans les boutiques spécialisées! Même les racers sont trop rigides à mon goût autour du talon, et leur durée de vie est souvent assez limitée, autour de 500 km. Et si je me rappelle bien, certains modèles sont même vendus à 160$. Non merci!

J'ai donc décidé d'aller faire un tour chez MEC, où j'avais déjà vu des Five Fingers et des Trail Glove, entre autres. J'ai été surpris de voir qu'ils avaient aussi des Minimus Trail (MT10), beaucoup plus intéressantes que les Minimus Road. Par simple curiosité, j'ai décidé d'essayer les Trail Glove et les Minimus. Les Trail Glove étaient trop minces à mon goût en milieu de pied, et je sentais une pression incommodante sur mes arches de pied. Je suis à peu près certain qu'elles m'auraient causé des ampoules. Bref, ce ne sont pas des chaussures pour moi.

Ce fut une toute autre histoire avec les Minimus. On pourrait même parler de coup de foudre: je les ai tout de suite trouvées extrêmement confortables, et après quelques essais de course dans le magasin, j'étais pas mal décidé à les acheter. Ma seule objection, c'était que ça n'a pas de bon sens de courir principalement sur l'asphalte avec des chaussures conçues pour la course en sentier. Heureusement, les internets étaient là pour apaiser mes doutes.

Mes nouvelles amours. À noter qu'elles sont faites pour être portées nu pieds. J'ai toutefois trop peur des ampoules et des odeurs pour l'instant...


Je suis donc maintenant l'heureux propriétaire d'une paire de New Balance Minimus Trail, que j'ai essayée deux fois jusqu'à maintenant sur un parcours fait surtout d'asphalte, mais qui comporte aussi quelques centaines de mètres de sentiers de parcs. Difficile de se faire une idée après une dizaine de km parcourus avec des mollets endoloris, mais je peux dire que je ne suis pas trop dépaysé jusqu'à maintenant. L'empeigne pantoufléenne me rappelle celles de la Kinvara et de la Free 3.0, même si je trouve la bande qui passe sur l'avant-pied un peu contraignante quand je suis immobile. Le talon est 4 mm plus haut que l'avant-pied, ce qui est comparable à la Kinvara et moins que la Free 3.0 v2 (7 mm). En plus, le poids de la Minimus Trail est comparable à ceux de la Kinvara et de la Free.

À première vue, la Minimus semble absorber un peu moins les impacts du pied au sol que la Free, ce qui concorderait avec le fait que l'avant-pied est à seulement 10 mm du sol dans la Minimus, contre 14 mm dans la Free. Côté talon, c'est 21 mm pour la Free et 14 mm pour la Minimus. (Tous les chiffres viennent de Running Warehouse.) Bien entendu, la nature du matériau qui compose la semelle joue aussi un rôle dans le degré d'absorption d'une chaussure, mais l'épaisseur de matériau qui sépare le pied du sol est tout de même un bon indicateur. Je dois toutefois dire que sur des sentiers de terre ou de petites roches, j'ai trouvé que la Minimus se tirait très bien d'affaire!

Il s'agira de voir si mes premières impressions seront confirmées quand j'essaierai les Minimus avec des jambes fraîches. J'ai déjà hâte d'aller sur le mont Royal avec elles!

J'y reviendrai.

samedi 18 juin 2011

Les Kinvara et moi

Peu après avoir reçu ma première paire de Saucony Kinvara directement du pays de Sarah Palin, en septembre dernier, j'avais écrit un billet dans lequel je faisais part de mes impressions après deux sorties et un peu moins de 18 km au compteur avec ces chaussures. Il s'agissait du point de vue d'un gars qui courait depuis des années avec les chaussures de type traditionnel de ASICS que sont les Cumulus, Kayano et GT-2130 à 2150 et qui s'aventurait pour la première fois sur le terrrain des chaussures plus minimalistes*. J'ai pensé qu'il serait intéressant de revenir sur mon expérience avec les Kinvara, orgie de photos à l'appui, maintenant que j'ai accumulé plus de 1100 kilomètres au total avec deux paires différentes.

La chaussure droite de ma 2e paire, du temps de sa prime jeunesse. On peut encore distinguer les éléments situés sous la mince couche externe.


Confort
Dans mon premier billet (voir le premier lien plus haut), je vantais la sensation de confort procurée par les Kinvara, leur légèreté, leur flexibilité par rapport aux chaussures de course que j'avais connu jusqu'alors, la «respirabilité» de leur empeigne et la capacité qu'elles procurent de bien sentir le sol sous les pieds (ce que les anglophones appellent ground feel). Ces observations se sont confirmées, avec deux petits bémols:

1) Les caractéristiques mentionnées ci-haut sont bien entendu relatives, et notre perception est conditionnée par notre expérience en matière de chaussures. Par exemple, maintenant que je suis habitué de courir avec des Nike Free 3.0, dont la semelle, tout en étant moins moelleuse que celle de la Kinvara, représente probablement le summum de la flexibilité, je trouve que les Kinvara ne sont pas si souples que cela et qu'elles donnent peu d'information au sujet des détails de la surface sur laquelle on court. De plus, bien que le talon soit surélevé de seulement 4 mm par rapport à la plante du pied (ce qui favorise en théorie un atterrissage sur le milieu du pied), la semelle des Kinvara est somme toute très absorbante et permet de continuer à déposer le pied au sol légèrement sur le talon. Ce n'est que quand j'ai commencé à courir avec les Free 3.0 que je me suis rendu compte que même si ma foulée s'était améliorée, j'atterrissais toujours un peu sur les talons.

2) La partie avant de la chaussure, qui est très pointue, accommode mal les petits orteils de bien des coureurs, dont les miens. Comble de malheur, les Kinvara viennent en une seule largeur par pointure. Je conseillerais donc aux acheteurs potentiels de prendre une demi-pointure plus grand que ce qu'ils chaussent normalement, voire une pointure complète pour ceux qui ont les pieds larges. (À moins que vous ne soyez assez brave pour opérer vos Kinvara...) Bref, ça vaut la peine d'essayer plusieurs pointures si vous les achetez en magasin, ou d'utiliser un outil comme Shoefitr sur le site de Running Warehouse si vous achetez via les internets. D'ailleurs, si j'avais utilisé Shoefitr, j'aurais vu que des 9 1/2 étaient indiquées pour quelqu'un comme moi qui courait avec des GT-2150 de pointure 9, et qui sait, je ne serais peut-être pas en train de songer sérieusement à mettre mes Kinvara à la retraite pour cause de maltraitance de mes pieds en expansion...

Par ailleurs, dans mon billet de septembre dernier, je parlais de mes doutes sur la capacité des Kinvara de bien conserver la chaleur en hiver. Verdict: j'avais tort de m'en faire! À part les 3-4 premières minutes de quelques-unes de mes sorties par temps particulièrement froid (genre -20˚C), je n'ai pas gelé des pieds du tout! Autre avantage des Kinvara en hiver: la minceur de leur empeigne fait en sorte qu'elles sèchent rapidement quand on a le malheur de mettre un pied dans une flaque d'eau glaciale, ce qui ne manque pas d'arriver lorsqu'on court à la noirceur en milieu urbain. Ça demeure TRÈS froid sur le coup, mais la température du pied revient rapidement à la normale...

Une autre caractéristique intéressante de l'empeigne minimaliste des Kinvara, c'est qu'elle n'a pas de structure rigide qui frotte sur le pied. Ce que ça implique, c'est qu'il n'y a pas de niaisage avec des pansements le temps que la forme des chaussures s'harmonise avec celle des pieds (ou serait-ce le contraire?). Il m'est même arrivé de courir plus de 10 km avec les pieds mouillés sans que ça cause des ampoules. Alléluia!


Transition
Difficile de discuter des Kinvara sans mentionner la question de la transition des chaussures classiques (talon surélevé de 12 mm ou plus par rapport à la plante du pied, semelle épaisse, nombreux éléments de support du pied et de contrôle de la foulée, etc.) vers des chaussures plus légères, moins contraignantes et favorisant une foulée plus naturelle. Pour bien des gens en effet, la Kinvara a été ou sera une première incursion dans le domaine des chaussures minimalistes.

Les légions de lecteurs (bwahahahaha!) qui suivent mon blogue depuis un certain temps savent que la transition n'a pas été facile dans mon cas: même si je ne me suis pas lancé en fou dans l'utilisation des Kinvara, j'ai souffert de douleurs aux mollets pendant quelques mois. J'ai aussi dû me rappeler souvent, dans les premiers temps, de raccourcir ma foulée afin d'arrêter d'atterrir sur les talons avec la jambe en extension complète (le genou complètement déplié), question de diminuer la force des impacts au sol. Ce n'est pas pour rien qu'une compagnie comme Merrell a mis en ligne des vidéos d'information au sujet de «l'entraînement minimaliste» à l'intention des acheteurs potentiels de sa nouvelle ligne de chaussures minimalistes.

C'est donc sans surprise que j'ai eu mal aux mollets après avoir coursé le 10 km du parc Lafontaine en octobre, moins d'un mois après avoir couru avec des Kinvara pour la première fois. Quatre mois plus tard, le Demi-marathon hypothermique a aussi malmené mes mollets. Bizarrement, ces derniers ont très bien supporté le 15 km des Pichous, 2 semaines plus tard. On peut donc dire que ça a pris pratiquement 6 mois pour que mes mollets s'habituent à des chaussures à talon relativement bas, et il a fallu que je les aide avec des exercices de musculation!

Bref, même si tout le monde est différent, il est prudent de prévoir un temps d'adaptation de quelques mois pendant lesquels on augmente graduellement la distance parcourue avec les nouvelles chaussures, tout en conservant de préférence le même kilométrage total, question de ne pas perdre ses acquis.


Durabilité
Tel que mentionné dans le paragraphe d'introduction, j'ai couru jusqu'à maintenant plus de 1100 km au total avec 2 paires de Kinvara: plus de 850 km avec la «vieille», et plus de 250 km avec l'une de celles que j'ai commandé vers la fin de 2010.

Même si la première paire montre des signes évidents de grand âge, elle n'a pas encore terminé sa vie active. Parmi les signes de vieillesse, il y a tout d'abord l'amortissement qui n'est plus ce qu'il était, comme on pouvait s'y attendre. Cette paire d'âge vénérable reste toutefois plus absorbante que les Free 3.0 et demeure tout à fait utilisable.

Les autres signes d'usure sont visibles à l'oeil nu. Premièrement, on note la présence de deux petites déchirures dans la couche externe de l'empeigne de la chaussure droite, au-dessus du petit orteil:

Cette chaussure a du vécu, comme en témoigne la présence de 2 déchirures dans la couche externe. À noter aussi la différence de teinte vs la 1ère photo...


Ces déchirures, que j'ai repérées pour la première fois après 660 km, ne diminuent en rien la capacité de la chaussure à tenir le pied fermement. Cette fonction est assurée par des tiges de plastique souple qui sont situées entre la couche interne parsemée de petits trous qui recouvre le pied (voir la première photo du présent billet), d'une part, et la couche externe qui sert avant tout à garder les petites roches et autres débris à l'extérieur de la chaussure, d'autre part.

D'après ce que j'ai pu lire sur les interwebs, ce genre de déchirures est assez commun (exemple ici). Je ne serais pas surpris qu'elles soient dues aux pressions exercées par les orteils sur l'empeigne en raison de l'étroitesse de la chaussure à cet endroit.

Autre signe d'usure: la partie qui recouvre l'arrière du pied est défoncée dans les deux chaussures:


Sur ce point, ma façon stupide de mettre les chaussures y a probablement été pour quelque chose: au lieu de dé-serrer un peu les lacets, je forçais pour faire entrer mes pieds dans les chaussures, maltraitant du même coup la partie arrière. Notons cependant que la petite structure de plastique blanche qu'on peut voir au fond de ce trou ne m'a jamais causé de douleur ou d'inconfort à l'arrière du pied.

Et finalement, l'usure a presque complètement «rongé» les 4 petits quadrilatères situés du côté latéral de la semelle, sous la plante du pied. Dommage que les gens de Saucony n'aient pas jugé bon d'ajouter des morceaux de XT-900 (le matériau des petits triangles noirs qu'on voit sur les photos suivantes) à cet endroit. Ça aurait grandement augmenté la durée de vie des quadrilatères... Les photos suivantes, qui montrent la partie avant de la semelle de la chaussure gauche de chacune des 3 paires, permet de bien voir la progression de l'usure dont il est question:

Après 0 km.

Après environ 250 km.

Après plus de 800 km. Les quadrilatères ont pratiquement disparu.


Les conséquences de cette usure? Une perte d'adhérence dans des conditions hivernales et sur des surfaces lisses mouillées. Mais bon, au moins, dans la neige et la glace, il y a toujours la possibilité de mettre des semelles d'appoint, quoique ce n'est pas très intéressant de courir dans la neige avec des chaussures dont l'empeigne est trouée. D'où la décision que j'ai prise l'hiver dernier de remiser la plus vieille paire jusqu'à la fonte des neiges...

Conclusion
En somme, je suis d'avis que la Kinvara est une excellente chaussure de transition vers le minimalisme: d'un côté elle est légère, relativement souple, et son talon est suffisamment bas pour forcer les muscles des mollets à travailler davantage qu'avec des chaussures classiques; de l'autre côté, sa semelle absorbe suffisamment les chocs pour accommoder les coureurs qui ne maîtrisent pas encore l'atterrissage sur le milieu ou l'avant du pied. Au niveau de la durabilité, je ne crois pas que la Kinvara ait beaucoup à envier aux chaussures classiques qui dominent toujours le marché. Cependant, l'étroitesse de sa partie avant fait en sorte qu'elle ne convient pas à tous les pieds. Et bien entendu, ceux pour qui il s'agit d'une première chaussure à talon relativement bas devraient s'assurer de faire la transition graduellement, sur une période de quelques mois, question de minimiser les risques de blessures aux mollets et/ou aux tendons d'Achille.

Une bonne chaussure donc, à acheter aux États-Unis de préférence.

*Tant pis si certains puristes s'énervent le poil des jambes en entendant ou en lisant les mots «Kinvara» et «minimaliste» dans la même phrase.

lundi 13 juin 2011

Bilan de la semaine du 05/06/2011

Semaine d'entraînement finalement sans histoire (malgré une ou deux petites frayeurs) pendant laquelle j'ai continué de savourer le simple plaisir de courir.

Dimanche: Musculation. Retour chez moi à la course (6,5 km), au soleil. Arrêt d'une minute pour enlever un pansement sur mon gros orteil qui a causé la formation d'une ampoule sur le 2e orteil... Temps: 34:28. FCmoy=135/min, FCmax=150/min.
Lundi: Sortie de course sur le même parcours plat que le lundi précédent. Et comme la semaine précédente, il faisait 26˚C avec un humidex de 29. Heureusement pour moi, il y a eu quelques passages nuageux. Je me suis efforcé d'y aller lentement pour mieux résister à la chaleur et pour ménager mon ampoule et ma cheville gauche, qui avait été un peu douloureuse pendant la journée. 10,3 km courus en 58:12. FCmoy=138/min, FCmax=151/min.
Mardi: Musculation, avec exercices pour les mollets.
Mercredi: Sortie de course, interrompue pendant une vingtaine de minutes par un violent orage! Je me suis réfugié dans un abribus au sommet de la côte Queen-Mary, face à l'Oratoire St-Joseph, où j'ai pu regarder le spectacle en restant au sec. Plus tard, en continuant mon parcours, j'ai constaté que les rafales de vent avaient été assez fortes pour faire tomber un arbre au parc Kent! Au moins, l'orage a fait chuter le facteur humidex de 38 à 30. J'ai fait un intervalle de 2,45 km à mon rythme du demi-marathon (DM) vers la fin. 12,1 km courus en 65:30 (en excluant la pause-orage). FCmoy=133/min, FCmax=155/min.
Jeudi: Autre sortie de course sur un parcours comprenant de nombreuses côtes. Les montées constituent un beau défi, mais les descentes sont dures pour les quadriceps, surtout quand on s'attaque à des côtes 2 journées de suite. 8,4 km courus en 44:53. FCmoy=132/min, FCmax=152/min.
Vendredi: Musculation.
Samedi: Longue sortie de la semaine (16,9 km), faite sur un parcours plat afin de ménager mes jambes, que je sentais fatiguées. J'ai à moitié improvisé mon parcours du retour, question de mettre un peu de variété. C'était la première fois, dans mes 6 ans de vie d'insulaire montréalais, que j'allais explorer les petites rues de Mont-Royal. Intervalle DM de 2,15 km dans la dernière portion de la sortie. Temps: 92:53. FCmoy=130/min, FCmax=150/min.

En somme, 54,1 km de course à pied et 3 séances de musculation.

Suite à mes exercices pour les mollets de mardi, j'ai eu mal sur le dessus du pied gauche en faisant certains mouvements anodins, comme des changements de direction en marchant ou des transferts de poids. De plus, une fois pendant chacune de mes sorties de course de mercredi et jeudi, j'ai eu des sensations pas très plaisantes sur le dessus de mon pied au moment où je commençais à descendre des côtes. C'était comme si quelque chose dans mon pied n'était pas tout à fait à sa place. Pendant un court moment jeudi, j'ai même eu peur de faire un faux mouvement et de retomber au même point que la dernière fois que j'ai joué au hockey cosom. Heureusement, ça n'a duré que quelques secondes, et j'ai pu compléter ma sortie sans la moindre douleur.

En bon québécois, j'ai peut-être paranoïé un peu: la nature de ma blessure n'ayant pas été diagnostiquée avec certitude, je reste un peu dans le noir, ce qui me laisse légèrement craintif. (J'avais une référence d'une podiatre pour aller passer une échographie, mais comme mon état s'est amélioré plutôt rapidement et de façon continue, j'ai décidé de laisser faire.) Et le fait que ma fameuse bosse soit toujours présente et bien portante n'aide en rien à ma tranquillité d'esprit...

Toujours est-il que c'est décidé: je vais arrêter d'essayer de reprendre les exercices pour les mollets que je faisais avant de me blesser et qui semblent ralentir ma guérison. De toute façon, j'avais ajouté ces exercices à ma routine de musculation l'année dernière dans le but de protéger mes tendons d'Achille en renforçant les muscles de mes mollets, qui étaient douloureux pendant et après pratiquement chacune de mes sorties de course. Or, ça fait longtemps que mes mollets ne me font plus mal quand je cours, et ce même si j'ai fait les exercices seulement 3 ou 4 fois depuis que je me suis blessé il y a 2 mois. On dirait bien qu'à force de grimper de nombreuses côtes pendant mes sorties de course et d'utiliser des chaussures à talons relativement bas, j'ai finalement réussi à renforcer mes mollets.

Les exercices pour les mollets ne semblent donc plus nécessaires pour l'instant. Tant mieux!

vendredi 10 juin 2011

Fourre-tout du vendredi soir

Pieds en expansion cherchent chaussures minimalistes miséricordieuses pour longues sorties de course et plus si affinités

Je croyais avoir trouvé, dans les Kinvara, des compagnes pour un hypothétique marathon: légères, confortables, mais comportant assez de coussinage pour accommoder une foulée dégradée par la fatigue musculaire (lire: avec atterrissage sur les talons) dans les derniers kilomètres du marathon. Malheureusement, je sens mes pieds de plus en plus en plus à l'étroit dans mes Kinvara, que j'ai sans doute achetées une demi-pointure trop petites. Les douleurs que je ressens au petit orteil gauche durent même de plus en plus longtemps quand je chausse mes Kinvara (après quelques kilomètres de course, la douleur finit par disparaître).

Deux hypothèses pourraient expliquer mon inconfort grandissant avec les Kinvara: ou bien je me suis habitué à courir avec mes Nike Free 3.0, qui sont plus larges que mes Kinvara, ou bien mes pieds ont élargi à force d'évoluer dans des chaussures de course moins contraigantes, tel que semblent le suggérer des études récentes et les récits de certaines personnes.

Toujours est-il que même si je vis présentement une véritable histoire d'amour avec mes Free 3.0, je ne me sentirais pas encore assez à l'aise pour courir 42,195 km avec ces chaussures qui pardonnent très mal un atterrissage sur les talons. D'où le titre de la présente sous-section. Et au fait, si quelqu'un est intéressé à acheter une paire de Kinvara de pointure 9 pour hommes qui n'a pas encore servi, j'en ai une à vendre au prix que je l'ai payée, c'est-à-dire presque 2 fois moins cher que le prix de vente au Canada... Ça pourrait intéresser ceux qui chaussent normalement du 8 1/2...


On sait qu'on aime courir quand...

...on reste 20 minutes dans un abribus à attendre qu'un violent orage électrique passe pour pouvoir courir les 7 derniers kilomètres prévus à sa sortie simplement parce que ça nous tente de recommencer à courir, ignorant du coup les quelques autobus qui auraient pu nous ramener de façon sécuritaire vers chez soi. Ce n'est que la 2e semaine de mon nouveau régime de 5 courses/semaine et j'y ai déjà pris goût. À 5 sorties/semaine, c'est comme si l'arrangement par défaut était «aujourd'hui, je cours», avec 2 journées de non-course par semaine. Lors de ces journées de repos, la course me manque, et je suis tout content de retrouver ma dose d'endorphines les journées suivantes.

Je pense que le fait d'avoir été blessé récemment aide à me faire apprécier encore plus qu'avant le plaisir simple, primitif de courir. Ne pas avoir de «compétition» à mon calendrier me laisse également beaucoup de liberté dans mes choix d'itinéraires et de rythmes de course, ce qui m'aide à me concentrer sur la joie du «ici» et du «maintenant» pendant que je cours.

Pendant les 2 prochains mois, je prévois augmenter graduellement mon volume d'entraînement jusqu'à 80 km/semaine. Si mon corps tient le coup (mon pied gauche, en particulier), alors seulement je m'inscrirai au marathon de Montréal. À suivre...


J'ai hâte de voir ce film

Le Western States 100 (on parle ici de miles, soit 160 km) de l'an dernier a été une course mémorable. Trois ultramarathoniens de calibre international, les Américains Anton Krupicka et Geoff Roes ainsi que l'Espagnol Kilian Jornet, s'étaient suivis pas à pas pendant une bonne partie de l'épreuve, jusqu'à ce que Roes se mette à prendre du retard en raison d'une baisse d'énergie. Quelques heures plus tard (!), Roes avait retrouvé ses repères et fait une remontée fulgurante pour coiffer Krupicka, qui avait entretemps semé Jornet, avec environ 10 miles à faire. Roes et Krupicka avaient tous les 2 battu l'ancien record de la course.

Le cinéaste JB Benna a eu l'excellente idée d'aller sur place pour documenter le tout et d'en faire un film, dont voici la bande-annonce:




Et une petite vidéo tirée du film, dans laquelle Roes parle de sa remontée:




Je me souviens d'avoir lu avec intérêt les compte-rendus de Roes et de Krupicka. Idéal pour les journées pluvieuses...

vendredi 1 avril 2011

Encore des nouvelles chaussures de course...

Ça commence à devenir gênant. Ceux qui suivent ce blogue depuis au moins quelques mois savent que les chaussures de course occupent une part importante de mes pensées coursiennes. Depuis l'automne dernier, je me suis acheté 3 paires de Kinvara et une paire de Nike Free 3.0. Comme si ce n'était pas assez, de nouvelles chaussures ont fait leur entrée il y a quelques semaines dans ma rotation! Jusqu'à aujourd'hui, la gêne m'avait empêché d'en glisser un mot dans mon blogue. Mais bon, puisque ces nouvelles chaussures feront partie de ma rotation de façon permanente, aussi bien en parler. Et il y a tout de même un facteur atténuant: je n'ai rien déboursé pour commencer à les utiliser! Explications ici-bas.

En tant qu'adepte (non fanatique) du mouvement minimaliste en course à pied, je suis à la recherche de chaussures qui, en plus d'être légères, souples et d'avoir le talon le moins surélevé possible, permettent au pied de respirer convenablement. Cette dernière caractéristique va prendre encore plus d'importance au cours des chaleurs de la saison estivale qui s'amène à grands pas. Dernièrement, alors que je mettais un peu d'ordre dans mon garde-robe d'entrée, je suis tombé sur mes sandales Merrell et une idée saugrenue m'est venue: pourquoi je n'essaierais pas de courir avec elles? Bien que cette idée puisse paraître ridicule à première vue, je me souvenais des quelques fois où j'avais dû courir pour attraper un métro avec ces sandales l'an dernier. J'avais alors été surpris de voir que ça courait somme toute pas si mal.

Cependant, le fait que les Merrell permettaient de sprinter de façon potable ne permettait pas de conclure qu'elles feraient l'affaire sur des distances moyennes ou longues. Il y avait notamment la question des ampoules, qui peuvent mener à des blessures assez emmerdantes quand on ne fait pas attention (ou qu'on fait preuve, comme moi l'été dernier, d'une relative stupidité).

Toujours est-il qu'il y a environ 3 semaines, j'ai profité du redoux pour aller essayer les Merrell dans une boucle de 2 km dans les rues de mon quartier. Pas d'irritation à signaler, à part une petite rougeur au gros orteil. J'ai néanmoins décidé de compléter ma sortie avec une de mes paires de Kinvara, question de ne pas trop pousser ma chance.

Le seul hic avec ce premier essai, c'est que la température était encore un peu froide pour se promener les pieds à l'air. En plus, je ne souhaitais pas que les restes de neige entrent directement en contact avec ma peau. J'ai donc dû appeler une paire de bas de laine en renfort pour les sorties subséquentes:


Au cours des deux dernières semaines, j'ai graduellement augmenté la portion «Merrell» de mes sorties, allant jusqu'à me taper un 10 km vendredi dernier. Verdict? À part quelques petites rougeurs aux deux pieds, il n'y a rien à signaler. Ça va bien, il n'y a aucune ampoule en vue.

Côté performance, les Merrell sont tout à fait surprenantes. Les quelques intervalles demi-marathon que j'ai faits se sont bien déroulés. J'ai atteint les rythmes facilement, et les Merrell collent bien au pied même quand on court vite. Il me reste à les tester aux rythmes du 10 km et du 5 km, mais c'est très prometteur. Leur poids se compare par ailleurs à celui des Kinvara et des Free 3.0.

Pour ce qui qui est de l'adhérence, les Merrell se tirent très bien d'affaire. Après les avoir essayées sur la neige et la glace, je peux affirmer qu'elles sont plus adhérentes que les Kinvara, et qu'elles «collent» à la neige aussi bien que les GT-2150 de Asics!

En résumé, les Merrell sont légères, rapides, et respirent très bien. Si leur semelle est moins souple que celles des Kinvara et des Free, elles permettent tout de même de bien naviguer sur toutes sortes de surfaces comme la neige, la glace, la slush, la boue et même... l'asphalte. En fait, je les aime tellement que je prévois continuer de les utiliser abondamment dans l'avenir, notamment pendant les courses. Si tout se passe bien au cours des prochaines semaines, je chausserai les Merrell dans ma tentative de passer sous les 1h40 au Demi-marathon de Montréal, le 17 avril.

C'est tout à l'honneur de Merrell d'avoir conçu et fabriqué des chaussures aussi polyvalentes qui peuvent être utilisées autant pour la marche que la course ou la pêche.

mercredi 16 mars 2011

«La religion de la technique de course»

Tel est le titre (traduit par moi) d'un intéressant texte de Bill Henderson publié dans le site iRunFar.com. Voici mes réflexions (un peu décousues) sur le texte de Henderson et sur la question de la foulée et du minimalisme.

Dans son texte, Henderson s'en prend principalement aux promesses des promoteurs de techniques comme POSE ou Chi Running, qui vantent les bienfaits d'un dépôt de pied au sol avec la partie avant du pied (en fait, contrairement à ce qu'écrit l'auteur, Chi Running fait plutôt la promotion d'un atterrissage sur le milieu du pied). S'appuyant sur quelques études scientifiques, il conclut que le dépôt du pied sur la partie avant ne diminue pas les risques de blessure, ne diminue pas la consommation d'oxygène à une vitesse donnée et ne fait pas courir plus vite, et que la majorité des coureurs d'élite atterrissent sur le talon. Et vlan!

Globalement, je pense que le texte de Henderson est utile en ce qu'il permet de tempérer l'enthousiasme aveugle de certains adeptes zélés du minimalisme, cette approche qui prône l'utilisation de chaussures de course plus légères, plus souples et moins coussinées afin de favoriser une foulée plus «naturelle» (plus courte, plus rapide, avec atterrissage avec l'avant ou le milieu du pied) et ainsi diminuer les risques de blessure. Au Québec, Blaise Dubois, qui a une approche très pragmatique soit dit en passant, est le principal promoteur du minimalisme. Malheureusement, comme dans tout, certaines personnes y vont un peu fort.

Par ailleurs, je suis d'accord avec les critiques de Henderson envers les personnes et compagnies dont le but premier semble être de s'en mettre plein les poches en vendant des produits et services dont l'efficacité n'a pas été prouvée scientifiquement. Je suis d'ailleurs allé faire un tour sur le site de Chi Running tout à l'heure en préparant le présent texte, et je dois dire que j'ai eu un choc: avec ses nombreux livres, DVD, séminaires et autres produits, Chi Running semble être l'équivalent, pour la course et la marche, de l'empire de la frime de Tony Robbins. Changez votre vie coursienne pour seulement 3 paiements faciles de 29,99 $!

D'un autre côté, comme l'écrit Peter Larson (l'homme derrière l'excellent blogue Runblogger) dans son commentaire à la suite du texte, celui-ci comporte quelques lacunes et omissions. Notamment, lorsque Henderson cite une étude qui démontre que la majorité des athlètes d'élite atterrissent sur le talon, il ne mentionne pas le fait que le pourcentage des athlètes qui atterrissent au milieu du pied augmente à mesure que l'on s'approche de l'avant du peloton, comme on peut le voir sur le graphique inclus dans le texte de Henderson.

Sans compter que les résultats auraient peut-être été forts différents si les coureurs avaient été observés en début de course, avant que leur foulée commence à se dégrader en raison de la fatigue. Mes photos de fin de course, alors que je suis bien entendu très fatigué, me font d'ailleurs souvent grincer des dents: jambe en hyperextension (le tibia aligné avec la cuisse), atterrissage sur le talon, ce n'est pas efficace ni beau à voir pour quelqu'un qui s'intéresse à sa foulée!

De plus, lorsque Henderson parle de foulée naturelle pour chaque coureur, il oublie de mentionner que les caractéristiques de nos chaussures de course influencent notre foulée. Par exemple, je sais d'expérience qu'on ne peut courir en atterrissant sur les talons avec des Nike Free 3.0 (pas assez d'amortissement), tandis qu'il est difficile de NE PAS atterrir sur les talons avec une chaussure «classique» comme la GT-2150 de Asics. Quelle est ma foulée naturelle, alors? Un dépôt de pied sur le talon avec la jambe en hyperextension (comme je l'ai fait pendant des années avec des chaussures pesantes à talons surélevées) ou sur le milieu du pied, comme j'ai tendance à faire avec les Kinvara et les Free 3.0? En somme, le concept de «foulée naturelle» est plus complexe que ce que le texte de Henderson pourrait laisser penser.

Il reste que l'auteur apporte plusieurs points très intéressants, notamment au sujet de la réduction du nombre de blessures. Comme il le mentionne, un atterrissage sur la plante du pied diminue les forces d'impact sur les genoux, ce qui a vraisemblablement pour effet de diminuer les risques de blessure dans cette région. En revanche, la cheville doit absorber une force d'impact plus grande avec un dépôt de pied sur la plante, ce qui augmente vraisemblablement les risques de blessure aux tendons d'Achille et aux mollets. Il y aurait donc «déplacement» des risques de blessures lorsque l'on modifie sa foulée.

À noter que curieusement, les résultats de l'une des études citées par Henderson ne montrent pas de différence dans les forces d'impact entre l'atterrissage sur le talon et sur le milieu du pied, autant pour le genou que pour la cheville. Je dois dire que ça m'a surpris puisque, selon mon expérience, les forces d'impact se transmettent moins aux genoux quand on adopte une foulée plus courte et que l'on atterrit sur le milieu du pied au lieu des talons. D'un autre côté, une telle foulée fait davantage travailler les mollets et les chevilles. Mais bon, les différences de forces d'impact que j'ai ressenties viennent probablement avant tout du raccourcissement de ma foulée et de l'augmentation de ma cadence (nombre de pas par unité de temps), puisque ça a son importance.

Avec toutes les recherches en cours et les interprétations qui peuvent différer d'un individu à l'autre, il est facile d'y perdre son latin. (Surtout pour ceux qui, comme moi, n'ont jamais appris le latin...) Et c'est un sujet passionnant (pour moi, en tout cas) sur lequel il y a beaucoup à dire: j'avais l'intention de mentionner le texte de Henderson à la fin de mon billet d'hier en me limitant à 2 ou 3 paragraphes. Naturellement, la taille de mon texte a explosé comme le nombre de coups salauds dans la LNH cette saison. Pauvre naïf, ça m'apprendra à m'attaquer à ce genre de sujet!

Qu'est-ce que je retiens de tout ça? Que les bienfaits des chaussures minimalistes n'ont pas été prouvés, mais qu'il faut garder en tête qu'il en va de même pour les chaussures lourdes, à semelles épaisses et à talons surélevés qui tiennent le haut du pavé depuis 25-30 ans. Dans ce cas, je préfère courir avec les chaussures les plus légères, souples, confortables et «respirantes» possibles. Bien entendu, je fais la transition de façon très graduelle et je suis à l'écoute des douleurs aux chevilles et aux mollets qui se pointent parfois le bout du nez. Les muscles et tendons de mes mollets, chevilles et pieds, doivent se réveiller à leur rythme.

Et il va sans dire que si vous êtes confortable dans vos chaussures actuelles, qu'elles soient lourdes et épaisses ou légères et souples, et que vous n'êtes pas blessé, ça ne vaut probablement pas la peine de changer une combinaison gagnante pour pouvoir adopter une soi-disant foulée idéale...

mercredi 2 mars 2011

Ça y est X 2

Ça y est (1)
J'ai craqué au début de cette semaine: j'entreprendrai bientôt une relation avec une nouvelle maîtresse américaine, celle au sujet de laquelle j'écrivais la semaine dernière: la Free 3.0 v2, de Nike. (À noter que le 3.0 ne fait pas référence à un numéro de version de la Free, mais plutôt à un degré de support du pied. Ainsi, sur l'échelle de Nike, 1.0 représente le pied nu et 10.0 les chaussures typiques à semelles épaisses et gros talons qu'on retrouve aujourd'hui sur le marché. Il existe par exemple une Free 7.0, avec une semelle plus épaisse et un talon plus surélevé que ceux de la 3.0.) Voici une photo de la belle:




La Free 3.0 s'est avérée la meilleure candidate pour remplacer la Kinvara, que je refuse désormais d'acheter en raison de la décision récente de Saucony d'empêcher les consommateurs d'ici de contourner les prix ridiculement élevés pratiqués par la compagnie au Canada. Je sais, on a déjà vu plus mature comme réaction, mais tant pis...

Avec cette nouvelle chaussure, je ne devrais pas trop me sentir dépaysé: comme la Kinvara, la Free 3.0 se distingue par sa légèreté (204 g pour la Free 3.0 vs 218 g pour la Kinvara), par son confort (d'après ce que j'ai lu) ainsi que par un talon relativement peu élevé par rapport à la plante du pied (élévation relative de seulement 4 mm, contre 12 mm ou plus pour les chaussures de course typiques). Également, les semelles sont de même épaisseur, soit 23 mm au talon.
Remarque: tous les chiffres viennent du très intéressant et très instructif guide des chaussures de course minimalistes de Peter Larson, alias Runblogger.

Là où la Free 3.0 semble se distinguer de la Kinvara, c'est au niveau de la souplesse, une souplesse rendue possible par une empeigne minimaliste et une semelle qu'on pourrait qualifier de «fractionnée» (voir la photo ci-haut). Le pied jouirait ainsi d'une plus grande liberté de mouvement, presque comparable à celle du pied nu. C'est en tout cas ce que prétend le département de marketing de Nike. Bien entendu, il faut en prendre et en laisser...

Autre caractéristique qui distinguerait la Free 3.0: sa semelle serait plus «dure» que celle de la Kinvara, que certains puristes du mouvement minimaliste trouvent trop «molle». Je n'ai jamais trouvé que la semelle de la Kinvara était trop molle, mais bon, notre jugement est conditionné par notre expérience: les rares fois où je cours avec mon ancienne chaussure, la GT-2150 de Asics, j'ai vraiment l'impression de rebondir au sol. ÇA, c'est une semelle molle!

Bref, j'ai hâte d'essayer la Free 3.0 pour voir si elle est à la hauteur de sa réputation.

Ça y est (2)
Je me suis finalement inscrit au 15 km des Pichous. Malgré des douleurs aux mollets après ma séance d'intervalles de lundi et ma longue sortie de mercredi, j'ai décidé de foncer. Si les conditions du parcours s'y prêtent, je vais essayer de tenir le rythme que je vise au 21k de Montréal, soit 4:43/km. Le parcours est globalement descendant, ce qui devrait bien entendu aider. Mais il y a tout de même un long faux plat ascendant dans la deuxième partie, si ma mémoire est bonne...

Sinon, à moins d'un blizzard, je battrai facilement mon temps de 1h21 et plus ou moins quelques secondes réalisé à ma seule participation, il y a 2 ans. Il y un monde de différence entre mon niveau de forme actuel et celui du début 2009. L'automne précédent, des problèmes de thyroïde et de sciatique (auto-diagnostiqué, pour ce que ça vaut) m'avaient passablement handicapé, si bien que ma plus grosse semaine d'entraînement pré-Pichous avait été de 25,3 km.

Comme il fallait s'y attendre dans mon cas avec un volume aussi petit, je m'étais blessé à la bandelette ilio-tibiale droite. Il faut dire que la fameuse côte de St-Jean-Eudes descend à pic et longtemps... J'ai hâte de voir comment mon expérience de cette année se comparera à celle d'il y a deux ans, mon appréciation du parcours et de ses côtes en particulier.

À suivre!

jeudi 24 février 2011

Fêlure mentale

-C'est grave, docteur?

-Je ne sais pas. Racontez-moi.

-Il y a quelques années, tout allait bien. Je me contentais d'une à la fois. Je m'introduisais en elle, prenais du bon temps, et me retirais jusqu'à la fois suivante. Ce n'était pas plus compliqué que ça. Je ne ressentais pas de désir pour d'autres. Puis, le temps et l'usure faisant leur oeuvre (généralement au bout d'un an, un an et demie), il fallait passer à une autre.

-Et qu'est-ce que ça vous faisait?

-Pour être bien honnête, je voyais ça comme une corvée. Le changement, je veux dire. J'aurais bien continué avec la même, mais les choses n'étaient plus comme avant, et je me devais de protéger ma santé.

-C'était si pire que cela?

-Non, mais je sentais que ça aurait pu le devenir. Quelque chose avait changé. Je n'avais plus droit à ses faveurs. Et lorsque je m'acoquinais avec une nouvelle (toujours de la même famille), la différence me sautait au visage, heu, dans les pieds.

-Comment ça, dans les pieds?

-Qu'importe. Toujours est-il que ça a continué comme ça pendant quelque années. Jusqu'à ce que je finisse par prendre conscience qu'elles étaient toutes pareilles. De vraies Germaines!

-Qui, ça?

-Mais est-ce que vous m'écoutez? Les membres de cette famille japonaise, que diable! Dans le fond, elles étaient toutes pareilles, que je vous dis! Cumulus, Kayano, GT, peu importe, mes pieds ne pouvaient prendre le leur. Ils étaient contraints, prisonniers.

-Oh, je crois que je commence à comprendre.

-Il était temps, c'est pour ça que je vous paie!

-Passons. Continuez.

-C'est lorsque j'ai fait la rencontre de cette exquise paire américaine que j'ai pris conscience que ma relation avec les membres de cette famille avait assez duré. En quelques minutes l'après-midi du 28 août dernier, j'ai su que je pourrais enfin être moi-même avec l'Américaine. Je me sentais léger, libre. Et j'ai compris que les choses pouvaient changer, que je n'avais pas à toujours avoir mal et saigner. J'ai donc entrepris une relation en douce avec une des jumelles de l'Américaine, venue directement des États-Unis. Je la trouve tout simplement exquise. Elle a des semelles bleu fif. En passant, je n'ai rien contre les homosexuels, mais c'est juste que les mots «bleu fif» me viennent invariablement en tête quand je m'attarde à la couleur.

-Je comprends, vous n'avez pas à vous justifier. Et puis, nous sommes entre nous. Ce qui se dit dans ce bureau reste dans ce bureau.

-Vous êtes compréhensif.

-C'est mon travail de faire preuve de neutralité bienveillante. Comment les choses ont-elles évolué ensuite?

-Nous nous sommes envoyés en l'air à de multiples reprises: je ne compte plus les fois où nous avons grimpé le sommet principal du mont Royal, sans parler de la colline Westmount. Il n'y a que le sommet Outremont que nous n'ayons pas encore baptisé! Toujours est-il que je me suis épanoui en sa compagnie.

-Quel est le problème, alors?

-Hé bien, elle vieillit.

-Vous aussi!

-Vous savez très bien que ce n'est pas pareil! J'aime son teint foncé et ses rides, qui sont une manifestation tangible, un rappel du vécu que nous avons partagé et que nous partageons encore. Mais elle est usée, elle rechigne maintenant à faire des sports d'hiver. J'avais toutefois prévu le coup: je me suis assuré de faire venir deux de ses soeurs des États-Unis. Je n'ai pas encore eu de véritable contact avec l'orange, mais je fraye régulièrement avec la verte depuis quelques mois. C'est avec elle que je batifole dans la neige. Le fait qu'elle soit plus... verte, mois usée, l'aide à avoir prise sur ces conditions. Mais j'ai hâte de voir apparaître des rides sur son enveloppe. J'ai hâte qu'elle ait l'air usée!

-Bon. Il semble que vous ayez trouvé un modus operandi qui satisfait tout le monde, heu, qui vous satisfait.

-Oui, mais le problème, c'est que je suis maintenant à couteaux tirés avec cette famille, et que tôt ou tard l'usure du temps fera son oeuvre. Que ferai-je alors? Je devrai bien regarder ailleurs. En fait, j'ai déjà commencé à chercher, et je pense avoir trouvé celle qui fera battre mon coeur tout en m'apportant légèreté, confort et talons bas à prix raisonnable.

-Ah, des talons bas. Vous n'aimez pas porter des chaussures à talons haut, du genre talons aiguille, même en cachette?

-Non, pourquoi?

-Ce que vous pouvez être drabe...

-C'est pas vous qui parliez de neutralité bienveillante tout à l'heure?

-Oui... heu, je... heu, c'est malheureusement tout le temps que nous avons pour aujourd'hui!

-Mais vous n'avez pas répondu à ma question: devrais-je passer à l'action pour cette nouvelle paire? Est-ce trop tôt? Suis-je normal de déjà penser à sauter la clôture?

-Avez-vous déjà vu vos parents nu-pieds?

-Heuuuu, ça doit. Quel est le rapport?

-Je suis d'avis que votre indécision et votre propension à regarder ailleurs viennent d'un complexe podolo-oedipien refoulé, mêlé d'une angoisse de castration. Vous devriez écrire là-dessus pour mettre un peu d'ordre dans vos idées.

-Écrire? Pfffffft, ce serait bien trop long et inutile! À la semaine prochaine.

-À la semaine prochaine.

Une fois seul, le psy pousse un long soupir.
-Hostie de mongol.