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lundi 14 octobre 2013

Demi-marathon de la zone portuaire de Chicoutimi 2013: abandon

Même si j'étais loin de déborder de confiance à l'approche de cette course, jamais je n'aurais pensé que ça se passerait aussi mal. Depuis mon 10 km de la Classique du parc Lafontaine de 2010 et l'énorme progression qui s'en est suivie, l'adrénaline de la compétition m'avait en effet toujours permis de tirer le meilleur de moi-même malgré des conditions ou une préparation qui n'étaient pas toujours optimales. Jusqu'à samedi...

Comme je l'ai écrit plus haut, la confiance ne régnait pas en vue de cette course. En plus d'être dans un creux de vague à l'entraînement depuis l'été (avec un regain d'énergie depuis environ 3 semaines, il faut dire), j'en ai arraché pendant toutes mes séances d'entraînement spécifique pour le demi, sauf la dernière, une semaine avant la course. M'étant entraîné pour faire sous les 1h30 (4:15/km), j'en avais d'abord conclu que mon objectif était simplement trop ambitieux pour mon niveau de forme actuel, mais que battre mon record de 1:32:37 (4:23/km) était tout à fait à ma portée. En ressortant un de mes vieux fichiers des boules à mites, j'ai cependant noté que mon nombre de battements cardiaques par km, qui est un bon indicateur du niveau de forme, était supérieur à l'an dernier même pour ma séance de la semaine dernière. Ce n'était pas bon signe.

Toujours est-il que j'espérais tout de même que l'adrénaline me permettrait de faire un temps qui se rapprocherait de mon record. Ça n'a pas été le cas...

Tout s'est passé normalement en début de course (laquelle a été lancée à 9h57 alors que le départ était prévu à 10h, tant pis pour ceux qui ont eu besoin de faire un arrêt aux puits de dernière minute...), avec la navigation dans le peloton et les ralentissements et accélérations rapides que ça implique. Disposant d'assez d'espace pour prendre mon rythme après quelques centaines de mètres, je me suis efforcé de ralentir un peu pour adopter une cadence que je croyais pouvoir maintenir pendant un peu plus d'une heure et demie. Vers la fin du premier des 5 tours de la course, j'ai commencé à ralentir sans le vouloir, mais j'avais l'impression que tout était toujours sous contrôle: mon rythme moyen de 4:22/km au 1er tour me permettait d'être dans les temps, et je croyais avoir assez d'énergie pour pouvoir aller plus vite.

Peu après le début du 2e tour, je me suis fait dépasser par quelques personnes alors que je maintenais un niveau d'effort constant. Des énarvés qui s'agitaient et qui allaient sans doute en payer le prix plus tard dans la course... En regardant ma montre, j'ai toutefois réalisé que c'est moi qui avais encore ralenti. Je me tenais au dessus du 4:25/km, dépassant les 4:30/km à certains moments. Et je me sentais de plus en plus sans énergie.

Les choses ont encore empiré dans la portion du parcours direction est, face au vent. J'ai continué à ralentir et à me faire dépasser. Même si je poussais pour m'accrocher à ceux qui me dépassaient pour m'abriter du vent, j'étais incapable d'aller plus vite et de garder le contact. L'expression anglaise sitting duck m'est venue plusieurs fois en tête. Je n'avançais plus et j'étais une proie facile. Songeant de plus en plus à abandonner, je commençais à avoir envie de m'étendre au bord du parcours...

Le  retour vers l'ouest avec le vent de dos a à peine amélioré les choses. Je me sentais seulement un peu moins mal, mais je continuais à ralentir et mon estomac était couci-couça. Être tout près de 150 bpm à 4:48/km sur du plat et avec un vent de dos, ce n'est pas normal pour moi.

Je venais de me convaincre de ne pas abandonner tout de suite à la fin du 2e tour, d'en essayer un 3e juste pour voir comment ça irait, quand j'ai été pris d'un point au ventre. Ce fut le coup de grâce. Au nombre demis que j'ai fait en course et à l'entraînement, courir 21 km n'est pas un défi pour moi. Si, un jour donné,  mon corps ne me permet pas de courser et que je ne tire aucun plaisir de l'acte de courir, aussi bien tout remballer et attendre une meilleure journée.

Ce fut néanmoins difficile de quitter le party. J'ai terminé le 2e tour tant bien que mal, étant forcé de marcher à deux reprises pour faire diminuer l'intensité de mon point au ventre. Même ma tentative de sprint dans le but de me défouler, à quelques centaines de mètres de l'arrivée, a été sans vie. J'ai finalement arrêté pour de bon après 8,3 km et 37:52 d'effort, selon ma Garmin.

Comment expliquer mon écroulement de samedi? Il faudra que j'y réfléchisse, mais pour l'instant tout est sur la table: manque de régularité à l'entraînement ces derniers mois à cause de blessures, horaire chargé et stress élevé de ces derniers temps, manque d'entraînement en intervalles, coup de vieux, mauvaise gestion de mon alimentation dans les 24h précédant la course, mauvaise journée tout simplement, problème de santé, aucune de ces réponses, toutes ces réponses, certaines de ces réponses un 'tit peu, beaucoup, passionnément, peut-être, etc. J'y reviendrai peut-être...

Toujours est-il que je peux difficilement me plaindre: côté amélioration et performances en course, j'ai été gâté ces 3 dernières années. Comme dirait sans doute Jean Perron, tout avait roulé sur l'huile pour moi! Il restera à voir comment se passera mon entraînement au cours des prochaines semaines.

mardi 21 mai 2013

5 km de La Jakours 2013

Puisque mieux vaut tard que jamais, voici le compte rendu de cette course, qui a eu lieu le 14 avril. Je tenais à avoir quelques impressions sur les interwebs pour mes archives...

En émergeant du sommeil, je constate immédiatement que le repos nocturne a été salutaire. Pour une rare fois, j'ai dormi un bon 8-9 heures sans interruption. Disparus, le mal de gorge de la veille et la légère sensation d'être dans les vaps qui l'accompagnait, que j'attribue à ce moment aux moisissures libérées par le démantibulage de la salle de bain du sous-sol (mais qui se révéleront finalement quelques jours plus tard être causées par un début de rhume). Alors que je m'étais couché la veille en penchant vers une non-participation à La Jakours, je me dis maintenant que je n'ai qu'à me rendre sur les lieux de la course et à décider de m'y inscrire ou non en fonction de mes sensations du moment.

Je prends finalement l'autobus et débarque à un peu moins de deux kilomètres du quartier général de la course, question de m'échauffer et d'ajouter un peu de volume autant avant qu'après la course. Je m'entraîne pour un marathon, après tout...

Chaussé de mes princesses, je cours à un rythme facile tout en appréciant de découvrir des rues que je n'avais jamais vues. Le niveau d'excitation augmente: c'est ce matin que je vais me tester, que je vais essayer de répéter ce qui a constitué pour moi un exploit au printemps 2012: courir un 5 km sous les 20 minutes. Malgré quelques problèmes à l'entraînement, j'espère que l'adrénaline et la température plus fraîche qu'au stade de l'UQAC me permettront d'atteindre mon objectif.

Après l'inscription, je ressors courir un peu, y allant de quelques accélérations pour tester la machine et élever la température du moteur. Parlant de température, celle de l'air ambiant a augmenté et se situe maintenant à 6°C, et j'espère que le coupe-vent doublé que j'ai enfilé par-dessus mon t-shirt ne me nuira pas. Autour de moi, je vois d'ailleurs plusieurs coureurs enlever des couches de vêtements. Mais bon, de toute façon il est trop tard pour s'en faire.

Peu avant le départ, pour lequel les coureurs du 5 km et du 10 km sont regroupés, un vétéran du circuit m'informe que le parcours fait 2,5 km et qu'un long faux plat ascendant le rend quelque peu difficile. Mais encore une fois, il est trop tard pour s'en faire.

Les courses sont lancées, et les participants passent en peloton sur les tapis de départ. Une trentaine de mètres après avoir passé ceux-ci, j'ai déjà de l'espace pour commencer à courir à mon rythme. Voulant combler le retard pris dans les premiers mètres et porté par l'effet de groupe, je pousse la machine. Environ une minute plus tard, je constate que mon rythme se tient autour de 3:35/km. En début de course. Sur un faux plat ascendant. Face au vent. Me disant que je suis parti en imbécile et que je vais en payer le prix dans quelques minutes, je relâche très légèrement l'effort.

Comme il n'y a pas de panneaux pour marquer les kilomètres, je me fie à ma montre en espérant réussir à peu près à suivre les tangentes. Une descente  me permet de terminer le premier km avec une bonne marge sous mon objectif, mais l'allégresse du départ est maintenant terminée, et c'est la souffrance qui prend le dessus. Dans la deuxième moitié du deuxième km, je n'en reviens pas de la distance qu'il me reste encore à parcourir à ce rythme. Je me dis qu'à 41 ans, je commence à me faire vieux pour me pousser à ce point. C'est décidé, ce sera mon dernier 5 km. Qu'est ce que ça change dans la vie que je coure un 5 km en 20 minutes ou en 30 minutes? Rien. Est-ce que ça a un effet sur la vie de quelqu'un? Non. Est-ce que ça apporte quelque chose à la société? Non. Est-ce que ça change quoi que ce soit à ma vie? Non plus. Oui, ce sera la retraite des 5 km après cette course, mais pour l'instant je continue de m'efforcer à atteindre l'objectif.

Je maintiens un rythme endiablé jusqu'à la fin du premier tour, dont la dernière ligne droite apporte un peu de distraction, alors que nous croisons les meneurs. Je reconnais certains visages familiers: le gars qui ressemble au joueur de la NBA Steve Nash, la belle Nadia Bolduc, meneuse chez les femmes, le monsieur d'un certain âge, etc. J'oublie de prendre le partiel en contournant le cône orange qui marque la fin du premier tour, mais je sais que je dispose de quelques dizaines de secondes d'avance sur mon objectif. Il reste maintenant à faire une deuxième fois ce que je viens de terminer...

À la fin du 3e km, je constate que je pourrais me permettre de faire le reste de la course à 4:15/km et atteindre mon objectif quand même. C'est presque dans le sac, mais je continue néanmoins à pousser fort. Même chose après le 4e km, après lequel j'ai toujours un bon 30 secondes d'avance. Je relâche toutefois quelque peu l'accélérateur dans la montée du début du 5e km, question de ménager mes jambes qui en arrachent et de conserver assez d'énergie pour terminer en force.

Nous croisons de nouveau les meneurs du 10 km, qui ont entamé leur troisième tour et ont creusé l'écart par rapport à notre partie du peloton. J'aperçois la ligne d'arrivée. Enfin, ça achève! Rendu à une soixantaine de mètres de l'arrivée, j'accélère pour aller chercher quelques coureurs. Les jambes vont bien, la foulée est bonne, et je réussis à atteindre des vitesses que je ne travaille jamais à l'entraînement. C'est avec cette sensation grisante que je termine la course. Chrono: 19:23, soit 33 secondes plus rapide que mon temps de l'an dernier à St-Laurent. Complètement crevé, je ne réussis même pas à répondre à un inconnu qui a terminé derrière moi et qui me félicite en passant.

Quelques heures plus tard, après avoir entré mon temps du jour dans le calculateur de McMillan, je me mettrai à échafauder des plans pour réussir à courir un 10 km sous les 40 minutes. Et je me demanderai quel chrono il me sera possible d'atteindre lors de mon prochain 5 km.

samedi 16 mars 2013

15 km des Pichous 2013

Ce midi avait lieu la 44e édition du 15 km des Pichous. J'ai fait partie du contingent de plus de 1300 coureurs et marcheurs qui y ont pris part, un nombre qui s'est approché dangereusement du record de participation établi en 1983, et qui l'a peut-être même dépassé, aux dires de l'organisateur de la course Mario Boily (qui a toutefois déclaré avant le départ que le comptage final restait encore à faire). L'augmentation de participation et le déménagement du point de rendez-vous à la Cité St-François ont fait en sorte que le quartier général de la course paraissait surpeuplé à certains moments, mais tout s'est finalement déroulé dans l'ordre et le départ a pu être donné à l'heure prévue, soit midi pile.

Pour ma part, si les Pichous ne constituaient pas la principale course de cette première partie d'année (c'est plutôt le marathon d'Ottawa), je voulais bien faire et j'avais comme objectif de réussir un temps sous les 1h05. Jusqu'à ces derniers jours, j'avais bon espoir d'atteindre l'objectif en question, compte tenu que les rues de la ville sont libres de neige et de glace depuis environ 2 semaines. Les prévisions météo, qui annonçaient un temps assez froid pour aujourd'hui, m'ont toutefois fait déchanter quelque peu: plus il fait froid, plus j'ai de la difficulté à monter des côtes très inclinées, lesquelles sollicitent le système respiratoire de façon importante. À -20˚C, il m'est même arrivé d'avoir quelques petits étourdissements en montant l'infâme côte Talon ou celle du Parasol. Et comme courir vite sollicite aussi beaucoup le système respiratoire, je me disais que je risquais d'en arracher pendant la course.

Il faisait -12˚C quand le peloton s'est élancé, mais les rayons du soleil augmentaient la température ressentie. Un vent de plus de 20 km/h faisait descendre le facteur de refroidissement éolien sous -20, mais comme il venait de l'ouest-nord-ouest, nous allions l'avoir de dos pendant la quasi totalité de la course.

Comme d'habitude dans les courses organisés, un grand nombre de coureurs plus lents se sont placés vers l'avant du peloton, ce qui a rendu le départ assez chaotique. Je me suis retrouvé «emprisonné» à quelques reprises, avec des coureurs plus lents que moi de tous les côtés, ce qui m'empêchait de dépasser et de pouvoir aller à mon rythme. Après environ 600 m cependant, tout est rentré dans l'ordre et j'ai pu me concentrer sur le rythme à adopter pour réussir à terminer la course à l'intérieur du temps désiré tout en évitant de la finir en rampant...

Ayant participé aux Pichous en 2009 et en 2011, j'étais allé «étudier» le dénivelé du parcours dans les archives de mon compte Garmin Connect hier soir. De ce petit examen, j'ai conclu qu'il était commode de séparer le parcours en 3 parties égales de 5 km: un premier tiers presque tout en descente qui se termine à toutes fins pratiques dans un trou; un deuxième tiers qui commence par la plus grosse montée du parcours, se poursuit avec un faux plat ascendant et se termine par la méga descente de la côte de St-Jean-Eudes, qui dure environ 1,5 km; et un dernier tiers plus plat mais qui présente tout de même quelques «buttes». Mon but était de partir de façon assez agressive pour prendre de l'avance sur le rythme qui me permettrait de faire 1:05:00 (4:20/km), de passer à travers la montée du début du 6e km sans subir trop de dommages, d'arriver au bas de la côte St-Jean-Eudes toujours dans les temps, et d'espérer que l'adrénaline et mes entraînements sur piste des dernières semaines me permettraient de tenir le rythme dans les 5 derniers km.

En vert, le dénivelé du parcours, tel que mesuré pendant ma course de 2011. Image tirée de mon compte Garmin Connect.


À la fin du 1er km, nous avons tourné à gauche pour prendre le boulevard René-Lévesque vers le nord, dans la seule partie du parcours où nous allions partiellement faire face au vent. Comme prévu, ce fut froid et difficile par moments. Heureusement que la rue allait en descendant, ce qui contrebalançait l'effet du vent. J'ai beaucoup dépassé dans cette partie du parcours, et je me suis mis en tête de suivre un coureur qui semblait assez rapide, en espérant que ça me pousse à me surpasser comme pendant le demi-marathon de la zone portuaire de Chicoutimi en octobre dernier.

Le parcours, en rouge. Image tirée de mon compte Garmin Connect.


Après avoir couru un peu plus de 2 km sur René-Lévesque, nous avons repris vers l'est sur le boulevard Saguenay et avons retrouvé un vent de dos, ce qui a fait du bien! Toutefois, en entendant un gars derrière moi dire qu'il visait un temps sous les une heure, je me suis dit que j'étais peut-être parti trop vite... J'ai néanmoins gardé le même niveau d'effort jusqu'au fond du «trou» de la fin du 5e km, ce qui m'a permis de compléter le premier tiers de l'épreuve en 21:01, soit avec une quarantaine de secondes d'avance sur le rythme de 4:20/km. Le premier vrai test s'en venait cependant, avec la plus grosse montée du parcours, qui m'avait fait beaucoup souffrir il y a 2 ans alors que la course s'était déroulée pendant une tempête de neige.

La montée en question m'a paru beaucoup plus facile cette fois-ci, en partie parce que nous courions sur l'asphalte, en partie parce que je me suis beaucoup amélioré dans le «grimpage» de côtes. Ça ne m'a pas empêché de me faire dépasser par quelques coureurs et de me faire distancier par le peloton que je poursuivais, lequel comprenait le gars que je m'étais mis en tête de suivre au 2e km et deux coureuses qui semblaient en lutte l'une contre l'autre. C'était très intéressant à suivre, mais je n'avais pas ce qu'il fallait à cette étape de la course pour maintenir un rythme qui m'aurait permis de demeurer spectateur... C'était comme si la côte m'avait enlevé du jus.

Je me suis alors retrouvé un peu seul dans mon monde, les autres coureurs étant soit loin devant, soit loin derrière. Comble de malheur, mon ischio gauche, qui m'avait causé des problèmes dans mes quelques dernières sorties, a commencé à se manifester au 7e km. Rien qui me forçait à boiter, mais je me demandais si je devais ralentir pour éviter de causer des dommages qui me tiendraient à l'écart de l'entraînement pour quelques semaines. J'ai décidé de continuer, me disant que je ne course pas souvent, que les Pichous sont une compétition importante et qu'au pire je pourrais toujours ralentir plus tard si la douleur devenait trop préoccupante.

Pendant la longue descente à St-Jean-Eudes, la douleur était plus forte, ce qui m'a incité à ne pas trop pousser. J'ai néanmoins dépassé 2 coureurs. Je me suis également fait dépasser par 2 coureurs, dont l'un allait vite sans même avoir l'air de forcer! On aurait presque dit qu'il survolait la route. J'ai trouvé ça à la fois un peu insultant pour mon ego et super beau à voir... À un certain moment, j'ai regardé ma fréquence cardiaque sur ma montre: 133 bpm. Vraiment, le défi de cette longue descente était plus musculaire que cardio! Dans la dernière portion de la côte, j'ai par ailleurs pu apprécier la vue sur la rivière Saguenay, qui était d'un bleu superbe!

Jetant un autre coup d'oeil à ma montre une fois arrivé au bas de la côte et à la fin du 10e km, j'ai pu constater que j'avais environ 50 secondes d'avance sur mon objectif. Si mon ischio tenait le coup, mes chances d'atteindre mon but étaient excellentes. En plus, le «repos» de la longue descente m'avait permis de refaire mes forces, et je sentais que j'en avais encore sous le capot. J'ai donc accéléré à partir du 11e km, me disant que mon ischio ou les quelques montées allaient peut-être finir par me ralentir.

Mais la douleur dans mon ischio a diminué (effet de l'adrénaline?), et les côtes m'ont à peine ralenti. En plus des participants au volet marche, qui étaient partis une heure avant nous, je me suis mis à aller chercher les coureurs devant moi, et ce même dans les montées, ce qui était très motivant. Je crois avoir gagné une bonne dizaine de positions dans les 4 derniers km. Je suis même allé chercher le gars qui semblait littéralement voler sur la chaussée, une des deux filles qui étaient en lutte au 6e km (et sans doute après), ainsi qu'un dernier coureur à une vingtaine de mètres de l'arrivée, que j'ai finalement franchie en 1:03:20 selon ma montre. Mission accomplie, donc.

Pour les deux derniers km, mon rythme moyen a été de 4:00/km! C'est vraiment très motivant d'avoir fini de cette façon, et ça me rassure sur ma capacité de courir un 5 km sous les 20 minutes encore une fois cette année, un «exploit» que j'avais réussi par la peau des dents l'an dernier.

Mais aussi, cette course m'a rappelé encore une fois à quel point j'aime les distances du 3000 m au demi-marathon, qui permettent de courir vite. Ce qui me fait douter de la justesse de mon choix de m'inscrire à mon 1er marathon ce printemps. Mais bon, je voulais aussi essayer quelque chose de nouveau cette année en course à pied, alors ça doit être une bonne décision...

Pour ce qui est de mon ischio, l'application de froid environ une heure après la course a calmé un peu les choses. Il faudra voir si ce petit bobo m'handicapera au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. Pour l'instant c'est encourageant.

lundi 8 octobre 2012

Demi-marathon de la zone portuaire de Chicoutimi 2012

Vers 6h30 en cette matinée du samedi 6 octobre, je fais la baboune. Alors que je me prépare depuis plusieurs semaines en vue du 21,1 km du Marathon de la zone portuaire de Chicoutimi, il est devenu évident, depuis la veille au soir, que je ne pourrai éviter le rhume. J'ai mal dormi la nuit dernière, étant obligé de me lever environ toutes les deux heures pour aller soulager ma vessie, j'ai l'impression de me râper la gorge à chaque fois que je dois parler, et voilà maintenant qu'apparaissent les premiers signes de congestion nasale et que je me sens décidément dans les vaps.

Environ une heure plus tard, une petite recherche via Google me rassure quelque peu: à une exception près, toutes les sources mentionnent que l'on peut courir sans danger si les symptômes ressentis sont localisés de la gorge en montant. Le seul hic, c'est qu'il est question dans les sites d'exercice à intensité modérée, pas d'aller se défoncer dans un demi-marathon. J'essaie de me rassurer en m'appuyant sur une étude qui a démontré que le rhume n'affecte pas la capacité de fournir un effort allant des niveaux modérés à intenses, et en me disant que je pourrai toujours abandonner la course si je me sens vraiment trop mal ou que mes fréquences cardiaques s'emballent. Je dis d'ailleurs à qui veut l'entendre que bien que je vais prendre le départ du demi, je ne suis vraiment pas certain de compléter la course.

En cette journée fraîche et pluvieuse, j'ai décidé de courir «léger»: short et bas minces, t-shirt et Nike Free 3.0 V2 sont au menu. Compte tenu de la pluie qui tombe et des nombreuses flaques qui parsèment le parcours, j'ai en effet décidé de ne pas chausser mes Minimus Road 10  (MR10)-avec lesquelles j'ai pourtant fait la quasi totalité de mes intervalles demi-marathon (DM) au cours de ma préparation-, de crainte qu'elles ne deviennent trop lourdes en s'imbibant d'eau.

En vertu de mon temps de 19:56 réussi au 5 km de St-Laurent en avril dernier, le calculateur McMillan me «prescrit» un rythme DM de 4:22/km, ce qui me donnerait un temps dans les 1h32. Je n'y crois pas vraiment, compte tenu que mes temps au demi ont toujours tiré de la patte par rapport à ceux réalisés sur des distances plus courtes. De plus, ma plus importante séance d'intervalle DM, réalisée lors de ma longue sortie une semaine auparavant, a seulement consisté à faire 2 x 3 km. Même si je sais que mes jambes ont pris de la force cet été dans les côtes saguenéennes, je me contenterais pleinement d'un 1h35, ce qui représenterait tout de même un gain de 3 minutes par rapport à mon record du Demi-marathon hypothermique de cette année. Mais là, le rhume vient tout chambarder...

Compte tenu de mon état et de l'averse de pluie qui s'abat sur la ville, je ne fais pas de réchauffement et j'attends à la dernière minute pour aller me fondre dans le peloton de plus de 90 coureurs. Lorsque le signal de départ est donné, je suis donc très à l'écoute de mes sensations, ne voulant pas trop empirer mon état et me retrouver dans l'impossibilité de courir pendant des semaines. Après avoir passé sous l'arche de départ, nous entamons le premier des 4 tours du parcours, qui commence par un tour de la grosse estrade qui sert à accueillir les gens lors des spectacles estivaux. Très vite, je constate que nous nous dirigeons vers le long trottoir en bois qui longe la rivière Saguenay sur plus d'un kilomètre. Je m'exclame à haute voix: «On va sur le quai?» Le problème, c'est que le trottoir/quai est trempé, et qu'une surface de bois mouillée peut être très glissante. «Va falloir faire attention dans le virage», me répond un gars avec un chandail blanc. Heureusement que j'ai décidé de courir avec mes Free 3.0, parce que la semelle très lisse de mes MR10 aurait pu me causer des problèmes sur cette surface.


Le tracé du parcours, en rouge. Image via Garmin Connect.


Assez rapidement, je dépasse les coureurs plus lents et me retrouve avec assez d'espace devant moi pour être en mesure d'aller à mon propre rythme, celui que j'espère être capable de maintenir sur 21,1 km. Mes sensations sont plutôt bonnes et mes fréquences cardiaques normales, mais je me lance des «Dénarve-toé, Alain!» intérieurement en constatant que ma Garmin affiche un rythme plus rapide que 4:10/km. Je ne veux pas me brûler en début de course. Je constate que Chandail Blanc court toujours à ma hauteur, et nous sommes bientôt rejoints par un troisième larron, lequel porte un chandail noir. Lorsque nous atteignons l'extrême-est du parcours, je constate que nous devons faire demi-tour autour d'un petit panneau de bois, ce qui nous force presque à nous arrêter. «Bel endroit pour boire sans trop perdre de temps», que je me dis en me créant une note mentale pour les prochains tours.

Le parcours descend légèrement au début du retour vers l'ouest et, trouvant que ça ne va pas assez vite, je prends la tête de notre trio. Alors que le parcours remonte un peu quelques centaines de mètres plus loin, je ressens toutefois un léger manque d'énergie, et Chandail Blanc, Chandail Noir ainsi que deux autres coureurs me dépassent. Je songe un moment à m'accrocher aux deux autres, mais ils vont définitivement trop vite pour moi à ce stade de la course. Je reste donc avec Chandail Blanc et Chandail Noir, et nous terminons les 5,3 km du premier tour en peloton, à la file indienne. Je trouve que ça fait sympathique. Ce premier tour, nous l'avons complété en 23:07, ce qui veut dire que je ne suis vraiment pas loin du 4:22/km. De plus, mes sensations sont bonnes. «Au moins un de faite», que je me dis.

Au 2e tour, Chandail Blanc, Chandail Noir et moi continuons de courir en peloton. Après 7 ou 8 km, mes jambes, et mes quadriceps en particulier, commencent à me faire souffrir, et je suis bien content d'avoir des compagnons d'aventure, même si nous ne parlons pratiquement pas. Il ne fait aucun doute que nous nous poussons les uns les autres! Nous terminons ce deuxième tour en trio encore une fois, et nous restons en groupe au 3e, allant même jusqu'à rejoindre et dépasser les deux gars qui nous avaient distancié au premier tour. Cette petite satisfaction me fait du bien, d'autant plus que mes jambes sont plus douloureuses depuis la mi-course. Après environ 12 km, je me motive en pensant à mes trajets habituels et en me disant que la distance qu'il nous reste à faire est moindre que celle de ces parcours, et que nous courons sur le plat en plus. Reste que mes jambes en arrachent, et que je suis content d'avoir des compagnons dans ma souffrance.

Plus tard, Chandail Blanc, Chandail Noir et moi passons en groupe sous l'arche de départ pour la troisième fois. À ce moment de la course, je ne suis plus certain du temps que nous avions pris pour faire le premier tour, et il me semble que nous avons ralenti quelque peu, mais le rythme auquel nous allons semble tout de même très potable, et je me dis qu'un temps sous les 1h35 est à ma portée en autant que je sois en mesure de tenir jusqu'à la fin, ce dont je suis cependant loin d'être certain.

Je ressens toutefois un regain d'énergie en ce début de 4e tour. C'est le dernier. Cinq kilomètres et quelque, c'est tout de même relativement court, que je me dis. Je prends la tête de notre petit groupe, laquelle a été assumée par Chandail Blanc environ 75% du temps, votre humble blogueur se chargeant de mener l'allure pour les 25% restants, mis à part un intervalle de 2 ou 3 minutes pendant lequel c'est Chandail Noir qui dictait le rythme.

Le vent d'ouest est maintenant plus fort qu'au premier tour, mais je m'encourage en constatant que nous nous rapprochons lentement mais sûrement de deux coureurs devant nous. Nous dépassons d'abord un homme qui semble en arracher. Sur le coup je suis certain qu'il participe au demi, mais il est fort possible qu'il était en train de courir le marathon, lequel a débuté 2 heures avant le demi. Quelques centaines de mètres plus loin, alors que nous faisons notre chemin vers l'est, nous rattrapons une coureuse, qui à ma connaissance est deuxième chez les femmes. Nous l'avons croisée aux 2e et 3e tours aux environs du demi-tour situé à l'extrême-est du parcours, et il m'avait semblé que nous étions plus près au 3e. Toujours est-il que je suis maintenant assez près d'elle pour constater qu'elle fait partie d'un club de triathlon, mais je suis trop fatigué pour lire toutes les inscriptions qui figurent sur son chandail.

Je fais le constat qu'il y a moins de flaques d'eau que lors des tours précédents, mais je suis trop occupé à souffrir pour me rendre compte que la pluie a cessé. Je dépasse Triathlonienne, éprouve un peu de confusion à l'approche de la pancarte du demi-tour de la course de 5 km, qui n'était pas là lors des tours précédents, et je continue jusqu'au point de demi-tour du demi. Je contourne la pancarte en marchant et me tasse du chemin pour prendre deux gorgées de Gatorade. Je constate, lorsqu'ils me dépassent, que Chandail Blanc, Chandail Noir et Triathlonienne étaient toujours avec moi. Je songe un instant à mentionner à Triathlonienne que je trouve ça cool qu'elle ait trouvé la force de ré-accélérer pour nous suivre comme ça en fin de course, mais je décide de me taire, voulant éviter d'avoir l'air paternaliste.

Je me sens par ailleurs de moins en moins bien, et je commence à me demander si ce dernier tour n'est pas de trop, compte tenu de mon état. À deux ou trois reprises au cours de ce tour, je dois même me dépêtrer avec des sécrétions qui remontent à partir de ma gorge...

À environ 2 kilomètres de l'arrivée, Chandail Blanc s'agite, et je suis déterminé à le suivre. Voyant qu'il commence à s'éloigner, je dépasse Triathlonienne en coup de vent et me range derrière Chandail Blanc, qui selon toute vraisemblance s'appelle Steeve, d'après la quantité industrielle de gens sur le parcours qui le connaissent et l'encouragent. Chandail Blanc se donne à fond, continue d'accélérer, et moi je continue de m'accrocher. Il me semble que nous avons décollé Triathlonienne et Chandail Noir, mais je suis trop occupé à appuyer sur le champignon pour regarder derrière.

Peu m'importe de finir devant ou derrière Chandail Blanc. L'important, c'est que le suivre me pousse à me dépasser, et qu'un excellent temps est à ma portée. En regardant ma montre, je me mets même à croire à un temps sous les 1h34. Sur le quai, derrière le hangar, alors que nous nous donnons à fond (j'arrive même à me placer un instant à la hauteur de Chandail Blanc), je constate que ma montre affiche toujours 1h32 alors qu'il reste entre 100 et 200 mètres à parcourir. Un dernier demi-tour et nous voici sous l'arche, Chandail Blanc tout juste devant. Ma montre indique 1:32:47. (J'apprendrai le lendemain que mon temps de puce officiel est de 1:32:37.)

Je suis éberlué. Je viens de retrancher près de 6 minutes à mon ancien meilleur temps au demi. Sonné, je m'en vais serrer la pince de Chandail Blanc/Steeve et je le remercie. Chandail Noir arrive sur les entrefaites et nous nous félicitons pour nos courses respectives. Il est clair dans ma tête que je n'aurais pas pu réussir ce temps sans la présence de mes deux comparses/concurrents.


Les données de ma course, tirées de mon compte Garmin Connect. Le rhume ne semble pas avoir affecté mes fréquences cardiaques...


Pour tout dire, je n'en reviens toujours pas. Ce n'est qu'à mon quatrième demi-marathon que j'ai réussi à passer sous les 1h50, une amélioration de moins de 5 minutes par rapport à ma première course sur cette distance. Et voilà maintenant que deux ans et 4 autres demis plus tard, j'ai abaissé mon meilleur temps de 17 autres minutes! À mon âge en plus...

Je tire 2 conclusions de tout ceci. La première, c'est que la constance et de bonnes méthodes d'entraînement peuvent mener à une très grande amélioration. La deuxième, c'est que s'entraîner en côtes renforce les muscles et permet au corps de mieux répondre à l'entraînement en intervalles. Ce qui fait en sorte que même si je n'ai pas pratiqué mon rythme 5-k depuis des mois, je suis convaincu qu'après 4 ou 5 séances spécifiques je pourrais courir un 5 km avec une bonne marge sous les 20 minutes. On verra en temps et lieu. ll me reste maintenant à espérer que ma bandelette ne fera pas des siennes dans les prochaines semaines et que je serai en mesure de profiter des couleurs de l'automne quand mon rhume sera guéri...

dimanche 22 avril 2012

5 km de la Course St-Laurent 2012

Après plusieurs mois d'efforts, je peux enfin dire mission accomplie. C'est en partie grâce à Yves Boisvert, mais ça, je l'ai appris seulement après ma course.

Voilà, maintenant vous savez tout. C'est donc ici que se termine ce billet.

Mais non, voyons, comment pourrais-je écrire un compte rendu de course qui ne fasse pas mention de toasts au beurre de pinottes, ne serait-ce que pour dire que je n'en ai pas mangé ce matin? J'ai tout de même respecté ma routine pré-course qui consiste à prendre un bon déjeuner que je termine environ 3 heures avant le départ.

Je me suis par ailleurs assuré d'arriver une bonne heure avant la course, question d'avoir le temps de récupérer mon enveloppe de coureur, de décider de la stratégie vestimentaire optimale dans le froid quasi hivernal (3˚C, vent de 28 km/h), d'aller porter mon sac au vestiaire, de m'échauffer et de faire un arrêt aux puits. Une fois que tout cela a été fait, je me suis présenté rapidement sur l'aire de départ afin de m'assurer d'avoir une place près de l'avant du peloton puisque, comme dans le cas de la Course et marche populaires de LaSalle, il n'y a pas de tapis de départ. C'est donc le gun time qui fait foi de tout.

J'étais placé relativement près de la ligne de départ (à environ 3 ou 4 mètres), et en regardant autour de moi j'ai vu plusieurs personnes qui n'avaient pas d'affaire dans ce coin du peloton. D'un autre côté, comment blâmer ces gens de vouloir que leur temps de course officiel corresponde le mieux possible à leur temps réel? La personne qui s'est entraînée fort pour être en mesure de courir un 5 km sous les 30 minutes mérite tout autant que celle qui finit en 15 ou 20 minutes d'avoir un temps affiché qui reflète ses efforts. Avec plus de 600 participants, avoir des tapis au départ devient donc une nécessité selon moi, quitte à ce que l'inscription coûte quelques dollars de plus.

Comme il fallait s'y attendre, ce fut la cohue au départ. Tout en proférant quelques sacres dans ma tête, j'ai couru sur les sections du terre-plein du milieu de la route qui étaient dégagées, question d'être en mesure d'avancer sans être forcé à arrêter complètement à de multiples reprises.

Une fois que j'ai eu la voie libre, j'ai adopté instinctivement un rythme plus rapide que 4:00/km afin de rattraper le temps perdu, tout en espérant que je n'étais pas en train de me brûler. À mesure que nous nous dirigions vers le carré situé à l'extrême ouest du parcours, j'ai noté avec soulagement que le peloton demeurait somme toute assez dense, ce qui était de bon augure pour la longue ligne qui nous amènerait ensuite jusqu'à l'extrême est du parcours, et sur laquelle nous allions avoir un vent de face.

Image via le site de la course

J'ai complété le premier km en 4:04. Voulant effacer le retard le plus tôt possible, d'autant plus que la portion du parcours avec un vent de face s'en venait, j'ai accéléré le pas.

En tournant à gauche sur le boulevard Poirier pour entamer cette partie de la course qui s'annonçait pénible, je me suis placé derrière un gars un peu plus grand que moi qui avançait à un bon rythme, question de m'abriter du vent. Le panneau indiquant la fin du 2e km est arrivé assez rapidement: 3:57. J'étais donc pratiquement dans les temps après 2 km. C'était déjà ça de gagné.

Une ou deux minutes plus tard, j'ai été pris d'un sursaut d'éthique: le gars devant moi, qui avait un bonnet et portait un chandail du marathon de Philadelphie, me tirait depuis un bout, et il méritait que je lui rende la pareille pendant quelque temps. Je me suis donc placé devant lui et, à ma grande surprise, j'ai constaté que j'avais assez de gaz pour rejoindre les gens devant moi. Je l'ai fait le plus rapidement possible, question là encore de m'abriter du vent. J'ai suivi une femme pendant une ou deux minutes, pour finalement la dépasser quand j'ai constaté (Ô Horreur!) que mon rythme venait de tomber quelque part entre 4:15/km et 4:20/km.

Quelques secondes plus tard, l'homme au bonnet m'a redépassé. Comme il avait l'air en pleine possession de ses moyens et qu'il allait vite, j'ai décidé d'essayer de le suivre, ce que j'ai finalement réussi à faire jusqu'à la fin de la course. Mes temps aux km 3 et 4 ont été de 4:02 et 4:00, respectivement. Le vent de face ne m'avait donc pas trop ralenti, et j'étais optimiste pour le reste de la course, sachant que le vent serait de dos jusqu'à la dernière ligne droite sur Cavendish, laquelle va en descendant vers l'arrivée.

L'homme au bonnet et moi n'avons jamais été séparés de plus de 3 ou 4 secondes, et selon mes souvenirs nous avons dépassé plusieurs personnes. À plusieurs reprises, j'ai donné un petit coup de gaz pour éviter qu'il ne s'éloigne trop. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que si je n'avais pas eu de «meneur d'allure», j'aurais atteint Cavendish un bon 10 ou 20 secondes plus tard que je l'ai fait.

Comme l'homme au bonnet jetait régulièrement des coups d'oeil à sa montre, j'en ai conclu qu'il cherchait lui aussi à terminer sous les 20 minutes. Ça m'a un peu rassuré. Je n'avais qu'à continuer à le suivre pour terminer sous les 20 minutes!

Il a finalement réussi à me distancier de 20 ou 30 mètres dans la descente sur Cavendish, et en regardant le cadran officiel de la course j'ai compris qu'il allait falloir que je pèse sur le champignon pour réussir à terminer sous les 20 minutes. Donnant tout ce que j'avais, j'ai finalement croisé la ligne d'arrivée en 19:56, 2 secondes derrière l'homme au bonnet qui, vous l'aurez deviné, s'adonnait à être Yves Boisvert.


Mes partiels. Capture d'écran venant de mon compte Garmin Connect


Un temps de 19:56, donc. Six secondes de mieux que le mois dernier à LaSalle. D'un côté, je me dis qu'en première approximation c'est le même temps, et que je n'ai rien accompli de plus aujourd'hui qu'à LaSalle. D'un autre côté, là c'est «vraiment vrai»: j'ai finalement atteint le but un peu fou que je m'étais fixé il y a près de 5 mois.

Pour le moment, je n'ai pas la moindre idée de ce que sera ma prochaine course ou du moment où elle aura lieu, et c'est très bien comme ça. Il y a de gros bouleversements dans ma vie en ce moment, et j'ai besoin d'une petite pause de compétition. Vivement de longues sorties zen sur la montagne ou dans la nature, avant que la chaleur étouffante tombe sur Montréal...

dimanche 25 mars 2012

5 km de la Course et marche populaires de LaSalle 2012

Ben coudonc. Si ça continue comme ça, on va m'accoler l'étiquette anglophone de sandbagger. En gros, le sandbagger est quelqu'un qui fait croire que ses capacités sont inférieures à ce qu'elles sont réellement, souvent pour en tirer un avantage monétaire. Dans le langage courant, l'expression a été étendue aux situations dans lesquelles il n'y a pas d'argent en jeu (comme ici dans les 30 premières secondes).

Non pas que j'aie réussi à courir le 5 km de ce matin sous les 20 minutes, objectif que j'avais déclaré inatteignable. Mais je n'aurais jamais pensé passer aussi près...

Comme le matin du Demi-marathon hypothermique le mois dernier, je me suis levé très tôt, question d'enfourner un bon déjeuner plus de 3 heures avant la course. (Et puisque que tout le monde meurt sans doute d'envie de savoir: oui, j'ai mangé des toasts au beurre de pinottes.) Je suis toutefois arrivé au centre Pearson de LaSalle, quartier général de la course, une quinzaine de minutes seulement avant le départ. Fort heureusement, j'avais récupéré mon enveloppe de coureur vendredi et installé ma puce électronique sur ma chaussure et mon dossard sur mon t-shirt la veille de la course. Mon intestin a toutefois décidé de faire des siennes ce matin, si bien que j'ai dû faire la file pour aller aux toilettes, dont je suis ressorti un gros 5 minutes avant le début de la course. Le trottinage jusqu'au centre Pearson, puis jusqu'au peloton de départ, ont donc constitué mon échauffement...

Comme il n'y avait pas de tapis à la ligne de départ, je me suis placé tout près de l'avant du peloton, plus près des élites que ce que justifient mes aptitudes en tant que coureur. En entendant une femme qui se tenait près de moi expliquer la différence entre le gun time et le chip time à un coureur d'une cinquantaine d'années, je me suis toutefois senti un peu moins touriste.

Le temps que le contact se fasse entre les satellites GPS et ma montre, la course était lancée. En me reportant à mes séances d'intervalles des derniers mois, j'ai essayé de courir à l'effort et de ne pas me laisser influencer par le rythme adopté par les coureurs autour de moi. À certains moments, j'étais sous les 3:40/km, mais je n'ai pas paniqué, puisque je savais que cette partie du parcours était rapide (faux plat descendant?) grâce à ma course de l'an dernier. J'ai essayé de me détendre et de maintenir un niveau d'effort que j'ai appris à bien connaître grâce à de nombreuses séances d'intervalles spécifiques.

J'ai croisé le panneau indiquant la fin du premier km en 3:54. Un de fait. Tout allait bien, mais je m'apprêtais à entrer dans une zone inconnue: un intervalle à mon rythme visé au 5 km qui se prolonge sur plus de 1,104 km (6 tours de la piste de 184 m du CEPSUM). Je ne me sentais pas trop mal au 2e km, mais je n'ai pas été surpris de constater que je l'avais fait en plus de 4 minutes. Avec un temps de 4:08 au 2e partiel, j'étais encore très près du 4:00/km après 2 km, ce qui était positif. De plus, même si c'était très difficile, je ne me sentais pas sur le point de casser. Les conditions météo quasi idéales pour la course (3˚C, nuageux, pratiquement pas de vent) m'aidaient à maintenir le rythme, tout comme la présence d'autres coureurs qui souffraient eux aussi en silence autour de moi. Ça faisait un heureux changement par rapport à mes entraînements du CEPSUM: pas besoin de penser à la place de gens inattentifs qui se seraient tenus tout juste à côté du parcours, pas besoin non plus de freiner brusquement parce qu'un marcheur bifurque soudainement dans mon couloir sans regarder à 1 ou 2 m devant moi, pas besoin de contourner des gens qui marchent à 2 ou 3 de large, etc.

J'ai été surpris du temps affiché à ma montre quand j'ai croisé le panneau du 3 km: 11:56. Ben coudonc, j'étais toujours dans les temps après 3 km. Est-ce que j'avais des chances de faire sous les 20 minutes? En regardant les statistiques de mes partiels (voir tableau plus bas), j'en viens toutefois à conclusion que le panneau du 3 km était mal placé. Je n'ai pas été 26 secondes plus lent au 4e km qu'au 3e, mais quelques secondes tout au plus, ce que reflète mon allure moyenne affichée pour ces partiels.

J'ai été bien content de monter puis de descendre une petite côte pour retraverser le canal de l'aqueduc municipal. Les variations d'inclinaison changeaient le mal de place. C'est avec bonheur que j'ai constaté ensuite qu'il n'y avait pas de vent de face pour le chemin du retour le long du canal. Plus loin, je n'ai pas été déçu en voyant le 4:19 affiché à ma montre pour le 4e partiel: je faisais simplement du mieux que je pouvais. Et je sentais que j'en avais peut-être assez dans les jambes pour une petite accélération en fin de course...


Le parcours. Image via mon compte Garmin Connect.


Avec moins d'un kilomètre à faire, je me sens en terrain connu, celui de mes intervalles sur piste. Sept cent mètres, 600, 500, 400, puis la ligne d'arrivée qui apparaît après deux virages à gauche, ainsi qu'un espèce de Coach Universel qui se tient sur le parcours et encourage les coureurs qui passent près de lui, à une vingtaine de mètres devant moi: «Allez-y, ça va être serré pour le 20 minutes!» Il donne l'impression de parler en connaissance de cause.

Je me fais alors la réflexion que j'aimerais ça me faire dire ça moi aussi. Ça signifierait que j'ai des chances de faire sous les 20 minutes. Comme de raison, le gars nous dit la même chose quand moi et deux autres coureurs arrivons à sa hauteur. En tâtonnant avec mon levier de vitesses mental, je trouve une vitesse plus élevée, ce qui me permet de dépasser les deux autre gars. «C'est ça», lance Coach Universel. Bizarre, comme les encouragements de purs inconnus peuvent avoir un effet. Si ce n'avait été de ça, je ne serais pas passé si près de réussir mon objectif de fou...

Les autres coureurs sont loin devant, et j'essaie de maintenir la même vitesse, ou même d'accélérer. Je donne tout ce que j'ai. À l'approche de la ligne d'arrivée, je jette un oeil au cadran officiel de la course: 19:56, 19:57,... Je comprends que je vais manquer de temps. J'arrête le chrono de ma montre en passant le fil d'arrivée. Il indique 20:02. Aussitôt après je m'arrête et mets les mains sur mes genoux, comme un autre coureur que je vois en périphérie de mon champ de vision. Pendant un instant, je crains de faire une crêpe sur l'asphalte de l'aire d'arrivée, mais la nausée passe.


Mes partiels. Image via mon compte Garmin Connect.


Au bout d'une minute, la déception d'avoir raté mon objectif de si peu passe elle aussi. Après avoir beaucoup souffert à l'entraînement et avoir souvent senti que je courais «au-dessus de ma tête» en essayant d'adopter un rythme de 4:00/km, voilà que je passe à 3 secondes d'atteindre mon objectif! Je n'ai pas cassé. Je ne suis pas «indigne» de ce temps, il est tout à fait à ma portée. Encore une fois: ben coudonc!

Si la météo collabore le 22 avril prochain à Saint-Laurent comme elle l'a fait ce matin, et si je reste en santé d'ici là, je vais passer sous les 20 minutes. Même si je dois ajouter un 6e intervalle spécifique à mes séances sur piste pour m'assurer d'avoir assez d'endurance...

dimanche 19 février 2012

Demi-marathon hypothermique de Montréal 2012

Comme prévu, j'ai couru hier matin le Demi-marathon hypothermique de Montréal, sur les îles Ste-Hélène et Notre-Dame. Il s'agissait de ma troisième participation à cette course, et de la troisième de suite qui plus est. Voici mon compte-rendu. Il est tellement long, verbeux et narcissique que c'en est un peu gênant de le mettre en ligne, mais bon, il s'agit d'un blogue personnel après tout...

Objectif
Avant cette course, mon record personnel au demi-marathon était de 1:43:33, temps réalisé au demi du Marathon de Montréal en septembre dernier par un humidex de 26. C'est nettement plus lent que le 1:35:43 que prédit le calculateur McMillan à partir de mon temps réalisé au 10 km de la Classique du parc Lafontaine en octobre dernier. À moins d'avoir des conditions météo atroces, il était donc à peu près certain que j'allais battre mon record. Restait à savoir de combien...

J'étais tout à fait conscient que mon entrainement pour le demi hypothermique était loin d'être optimal. Trois sorties de 20 km ou plus dans les 4 dernières semaines, ça paraît bien vite comme ça, mais en retournant plus loin en arrière, je note que j'en avais fait seulement 4 en tout depuis mon demi précédent, le 25 septembre dernier. Ça fait pas des enfants... endurants. D'autant plus que, comme dirait probablement Jean Perron, l'endurance a toujours été mon talon d'aiguille.

De plus, en voyant à quel point j'en avais arraché lors de mes deux longues sorties sur le plat avec intervalles au rythme visé (4:33/km) effectuées ces dernières semaines, je me rendais bien compte que le temps prédit par McMillan était probablement hors de ma portée pour l'instant. J'ai donc décidé que j'allais être content si je réussissais à passer sous les 1h40, ou plutôt que j'allais être déçu si je ne réussissais pas à faire sous les 1h40...

Choix des chaussures de course
Pour m'aider dans ma périlleuse mission, j'avais le choix entre les candidates suivantes:

-Mes vieilles Free 3.0 V2. Trop maganées. J'aurais eu peur qu'elles me lâchent en pleine course.
-Minimus Road: Trop glissantes sur la neige et la glace, et trop lourdes s'il avait fallu qu'elles s'imbibent d'eau.
-Minimus Trail: Trop dures pour mes mollets et tendons d'Achille. Ça fait plusieurs mois que je les utilise, mais elles me laissent encore avec des courbatures. Pour cette raison, je songe à rebaptiser mon blogue Mollets moumounes. Ça ferait un bon titre, non?

Ne restait donc que ma toute nouvelle paire de Free 3.0 V2, avec laquelle je n'avais même pas encore couru et qui me travaillait le gros orteil gauche! Je les ai donc portées pour marcher jeudi et vendredi, dans l'espoir d'écraser un peu les semelles intérieures et d'offrir un peu d'espace à mon gros orteil. Je me souviens d'ailleurs que mes gros orteils étaient aussi à l'étroit dans les premiers temps de ma vieille paire, et que la situation (ou plutôt la semelle) s'était résorbée par la suite.

Avant-course
Le lever du corps s'est fait à 5 heures, question d'avoir le temps d'enfourner 5 toasts au beurre de pinottes avant 5h30. Après quelques essais et erreurs, j'ai fini par trouver ce qu'il me faut le matin d'une course: un gros déjeuner terminé environ 3 heures avant la course.

Arrivé au parc Jean-Drapeau environ 1h15 avant le départ prévu à 8h30, j'ai disposé d'amplement de temps pour accomplir ce qui est devenu un rituel pour moi au demi hypothermique: l'exploration du parcours. J'ai d'abord noté, outre la présence d'une moufette derrière le pavillon, tout près de la petite boucle que nous allions devoir emprunter à la fin de chacun des 3 tours que comptait la course, que la descente vers le pont du Cosmos juste après le départ allait être assez rock'n'roll: la neige et les plaques de glace étaient au rendez-vous, ce qui rendait la surface plutôt glissante. Même chose pour la petite boucle qui fait le tour du pavillon.

Quant au circuit Gilles-Villeneuve, c'était de l'asphalte partout dans la partie que j'ai explorée, avec des plaques de glace noire ici et là, sur lesquelles les Yaktrax Pro n'ont aucune prise. Conclusion: même si les conditions étaient loin d'être optimales, j'avais confiance que les Free 3.0 allaient me donner une adhérence somme toute potable dans toutes les parties du parcours.

Contrairement à l'année derrière, je n'ai pas pris place dans le peloton à la dernière minute. Une crampe au cerveau a cependant fait en sorte que je me suis placé à une centaine de mètres de l'arche Running Room en pensant qu'elle indiquait la ligne de départ, alors qu'elle indique plutôt le fil d'arrivée. À ma 3e participation à cette course, j'aurais dû connaître l'emplacement des tapis de départ! Conséquence de mon erreur: j'étais plus loin de la ligne de départ que j'aurais voulu, probablement au début de la deuxième moitié du peloton, et il allait falloir que je remonte une marée de coureurs plus lents (dont plusieurs, pour une raison inconnue, se placent à l'avant) encore cette année.

La course
La course a été lancée sous un beau soleil qui avait fait son apparition quelques minutes plus tôt. Avant même d'avoir franchi les tapis de départ, j'ai eu assez d'espace devant moi pour me mettre à courir, ce qui est plutôt rare. J'ai toutefois rapidement rejoint des poches de coureurs que la crainte de tomber dans la descente glacée faisait avancer très lentement et même, dans certains cas, marcher, ce qui m'a poussé à faire un petit détour hors piste assorti de quelques acrobaties destinées à m'éviter une spectaculaire et humiliante chute. C'est passé bien près!

Une fois arrivé sur le circuit Gilles-Villeneuve, j'ai été en mesure de prendre un rythme qui se situait aux alentours de 4:30/km. Je dirais que mon niveau d'effort était alors «confortablement difficile», et je me suis mis à croire en mes chances de maintenir le rythme prédit par le calculateur pour la totalité de la course. La partie sud du circuit nous réservait toutefois quelques mauvaises surprises, notamment une portion de plusieurs centaines de mètres recouverte de glace. Comme de nombreuses personnes autour de moi, j'ai alors commencé à courir en bordure de piste, sur une portion enneigée qui présentait une adhérence tout à fait potable. Après 2 ou 3 minutes, je me suis toutefois rendu compte que maintenir ce rythme sur la neige était très taxant pour les muscles des jambes, et mon rythme difficile a commencé à être moins confortable... Le reste de la partie sud, en plus de nous offrir un vent de face, comprenait quelques autres portions glacées qui compliquaient la vie des coureurs. Heureusement que nous avions un répit de glace (mais pas de vent) pendant notre passage dans la ligne des puits de ravitaillement, une nouveauté du parcours cette année. D'un autre côté, la neige et la glace apportaient une variété qui faisait du bien: courir à un rythme difficile sur une loooooongue ligne droite sans côtes, ça peut devenir difficile mentalement en titi. Et entre une chaussée modérément glacée et la chaleur et l'humidité qui sévissent à Montréal en été, je choisirai toujours la glace...

Dans la partie suivante, celle qui nous ramenait vers le pont du Cosmos, il y avait quelques sections enneigées, mais l'adhérence restait très bonne. Et en plus, ça descendait.

Comme j'ai commencé à en arracher vers le 4-5e km, j'ai essayé de ne pas trop porter mon attention sur le nombre de kilomètres faits et à faire, et de plutôt me concentrer sur les 3 tours de 7 km qui composaient le parcours. Curieusement, la course me paraissait moins difficile vue de cette façon...

La boucle finale du premier tour a sapé quelque peu mes énergies, et c'est avec bonheur que j'ai vu arriver la descente du début du deuxième tour. Les encouragements des spectateurs m'ont également donné un petit regain d'énergie.

De retour sur le circuit Gilles-Villeneuve, j'ai toutefois vécu ce qui a probablement été le moment le plus difficile de ma course. Je perdais graduellement le contact avec ceux qui étaient devant moi, et j'entendais des pas se rapprocher derrière moi. Un gars et une fille m'ont dépassé coup sur coup. Je me suis alors dit que c'était le moment de donner un coup de barre si je ne voulais pas rater mon objectif, car il me semblait que je ralentissais. De peine et de misère, je me suis accroché derrière la fille. J'ai fini par la dépasser dans la partie sud du circuit, et j'ai rejoint des coureurs devant moi. Plus tard dans ce même tour, je me suis accroché de la même façon pendant 2 ou 3 minutes derrière un gars qui m'avait dépassé et qui était très rapide. Il a fini par me distancier et je ne l'ai plus revu de la course, mais encore là le fait d'accélérer pour suivre quelqu'un m'a réveillé et m'a permis de rejoindre des coureurs devant moi, dont le gars qui m'avait dépassé au début du tour.

Même si j'ai fini le 2e tour avec le cerveau légèrement en compote à cause de la fatigue, j'ai réalisé que j'étais plus rapide que les coureurs qui m'entouraient sur la neige et la glace de la boucle qui faisait le tour du pavillon. Ça doit être mon expérience dans ces conditions...

J'ai été bien content de voir arriver le 3e tour, mais quand je me suis mis à penser à ce qui m'attendait, j'ai senti une pointe de désespoir. Pour garder le moral, je me suis alors mis à penser en terme de ce que j'avais fait dans ce dernier tour, dans le genre «il me reste un tour moins la descente et le pont du Cosmos» ou «il me reste un tour moins le pont du Cosmos et le circuit Gilles-Villeneuve jusqu'après la ligne des puits».

Pendant ce dernier tour, je me suis fait dépasser pour de bon par quelques coureurs avec lesquels j'étais en «lutte» depuis le tour précédent (nous nous étions dépassés les uns les autres à quelques reprises). À 2 ou 3 km de la fin, j'ai essayé de pousser pour rejoindre deux d'entre eux qui étaient à une centaine de mètres devant moi, mais j'ai réalisé que j'étais incapable de passer à la vitesse supérieure sans risquer d'avoir à marcher avant la fin. Ce que j'ai perçu comme un manque de combativité m'a déçu, d'autant plus que ma fréquence cardiaque ne semblait pas vouloir dépasser les 160 bpm, ce qui montrait bien que j'étais loin de mon niveau d'effort maximal. Je crois que le manque de sommeil de la dernière semaine (et ma nuit de moins de 4 heures de sommeil avant la course) n'a pas aidé.

Au moins, je savais qu'un temps sous les 1h40 m'était à toutes fins pratiques acquis: j'avais configuré ma Garmin pour afficher mon rythme moyen à partir du début de la course, et à 4:38/km j'étais confortablement sous le seuil de 4:44/km.

J'ai encore dépassé quelques coureurs dans la partie enneigée de la boucle finale, avant de faire une parodie de sprint à l'approche du fil d'arrivée, que j'ai franchi en étant complètement crevé.

Temps à ma montre: 1:38:33. Temps Sportstats: 1:38:30. Temps au tour: 32:47, 33:04, 32:41. J'ai donc moins ralenti que j'avais cru.

Voici le tableau de mes partiels obtenu en exportant les données de mon compte Garmin Connect dans le tableur d'Open Office (une procédure de 2-3 minutes!):


Même si je suis à près de 3 minutes du temps prédit par le calculateur McMillan, je peux être content de ma course. J'ai amélioré mon record personnel de 5:03, et mon temps de l'an dernier de 5:18. Mais surtout, même si je n'ai pas été capable de pousser autant que j'aurais aimé en fin de course, je crois avoir réussi à extraire de ma carcasse pepérienne tout ce qu'il y avait à extraire hier matin. J'étais d'ailleurs KO après avoir passé le fil d'arrivée. Dans des cas comme ça, on sait qu'on a tout donné et qu'on aurait difficilement pu faire mieux. En plus, les méchants qui m'ont dépassé pour de bon au dernier tour semblent à peu près tous avoir des chip times plus lents que le mien!

Comme je m'y attendais, mon gros orteil gauche a souffert un peu pendant la course. Il a commencé à se faire plus insistant à environ 5 km de la fin mais, à mon heureuse surprise, je n'ai pas d'ampoule. Mais ce que j'aime moins, c'est que je ressens depuis hier une douleur à l'extérieur du genou droit, une douleur que j'ai également ressentie à 2 ou 3 kilomètres de l'arrivée. Pourvu que ça ne soit pas ma foutue bandelette. J'avais la paix depuis maintenant 2 ans! Je croise les doigts (et j'applique des compresses froides) pour que tout rentre dans l'ordre rapidement.

dimanche 23 octobre 2011

Compte rendu: le «15 km» du T3SB

C'est donc aujourd'hui qu'avait lieu l'édition automnale du Tour des 3 sommets Brébeuf. Levé à 7h après une nuit d'un peu plus de 4h de sommeil, j'ai tout de même eu l'heureuse surprise de constater que mes mollets se portaient bien ce matin, contrairement à hier soir. J'ai donc arrêté mon choix sur les Minimus Trail pour la course.

Un peu plus de deux heures et un bon déjeuner plus tard, j'étais dans le grand gymnase du Collège Jean-de-Brébeuf en train de regarder la carte du parcours du 15 km. C'est à ce moment que j'ai eu ma deuxième surprise de la journée, moins bonne celle-là: au lieu de passer par la colline Westmount tel que prévu à l'origine, nous allions plutôt nous rendre 2 fois sur la colline d'Outremont (en plus de passer par le sommet principal, bien entendu).

Dans un courriel envoyé aux participants il y a quelques jours, la direction de la course nous avait prévenus que le parcours avait dû être modifié à la dernière minute «pour assurer la sécurité des coureurs». On nous mentionnait également que la longueur et le dénivelé demeureraient les mêmes. Croyant que les changements seraient somme toute assez mineurs et que nous visiterions les 3 sommets, j'ai donc été un peu déçu. Mais bon, nous allions tout de même avoir l'occasion de courir dans de beaux sentiers recouverts de feuilles, par une température qui se prêtait bien à la course qui plus est: temps sec, 7-8˚C.

Pour conclure au sujet de la modification aux parcours du 15 km et du 25 km, je mentionne que j'ai entendu 2 explications. La première, c'est que les policiers ne pouvaient pas fermer de rues à Westmount. La deuxième voulait que la direction de course n'ait pas obtenu l'autorisation de faire fermer le chemin de la Côte-des-Neiges, qui serait une artère trop importante. Dans mon billet d'hier, je parlais de patentes à gosses. Hé bien, les deux versions que j'ai entendues ce matin illustrent bien le fait que l'organigramme de Montréal aussi est une patente à gosses, avec une inertie qui tend vers l'infini.

Mais bon, retour à ma course de ce matin. Le départ a été donné à 10h05. Je trouve toujours difficile d'évaluer la taille d'une foule, mais je dirais que nous étions probablement entre 200 et 300 à prendre part aux différentes épreuves de course (le départ a été donné en même temps pour toutes les distances - 5 km, 10 km, 15 km et 25 km).

Comme il fallait s'y attendre, le peloton était très dense peu après le départ, sur Decelles et dans la montée du chemin de Polytechnique. Heureusement, le peloton était beaucoup plus étendu quand nous avons atteint les premiers sentiers, en route vers le sommet de la colline d'Outremont. Le parcours est tracé dans l'image plus bas. Les intéressés peuvent faire afficher la vue satellite ou zoomer.



Cette première montée ne fut pas facile, mais le sommet est arrivé vite, et ensuite c'était la descente par le bois St-Jean-Baptiste. C'est lors de cette descente que je me suis dit pour la première fois que j'avais fait le bon choix avec les Minimus. Ça descendait bien, même si les cailloux pointus faisaient mal, et j'ai dépassé plus souvent que je me suis fait dépasser. Rendus au bas de la colline, nous avons suivi le boulevard du Mont-Royal vers l'est jusqu'au sentier qui monte le long du cimetière Mont-Royal. Nous avons suivi ce sentier sur environ 200 m avant de bifurquer à gauche pour courir parallèlement au boulevard, toujours en direction est.

De jeunes bénévoles avec de petites pancartes sur lesquelles il y avait des flèches se tenaient à chaque embranchement pour nous dire dans quelle direction aller. De plus, on voyait que les gens de la course avaient beaucoup travaillé: une multitude de petits drapeaux avaient été plantés sur la majeure partie du parcours, question d'aider les coureurs à s'orienter. Je ne peux que lever mon chapeau (même si je n'en porte presque jamais...) à tout ce beau monde.

Dans le sentier qui longe le boulevard Mont-Royal, je me suis retrouvé un peu tout seul dans mon monde, loin derrière ceux qui me précédaient et loin devant ceux qui me suivaient. Dans cette partie descendante, j'allais tout de même à une bonne vitesse grâce à mes Minimus, ce qui m'a aidé à me rapprocher des coureurs devant moi. Je me ménageais tout de même un peu, car je savais que la montée du sommet principal allait frapper fort.

Ensuite, retour sur le boulevard, où j'ai dépassé un jeune coureur, traversée de Camilien-Houde pour aller rejoindre le chemin Olmsted, et ascension du chemin Olmsted jusqu'aux sentiers qui montent vers le belvédère Camilien-Houde. J'avais emprunté ces sentiers une seule fois auparavant, et selon mon souvenir ça montait à pic en titi. Malheureusement, l'exactitude de mon souvenir s'est confirmée...

Pendant cette montée qui nous a fait atteindre le sommet via le belvédère, les escaliers et les sentiers, mon moral a suivi une trajectoire inverse. Je marchais beaucoup et souvent, plus que les autres devant moi, il me semblait. J'ai aussi été rattrapé par 3 ou 4 coureurs. Moi qui croyais que j'étais devenu un bon grimpeur... Mais bon, nous étions à peine à la mi-course, et la possibilité que l'énergie sauvegardée à ce stade-ci soit payante en fin de parcours était toujours là.

C'est un peu avant de croiser la boucle du sommet, dans une partie de pente moins à pic, que le titre du livre de Bryon Powell, d'iRunFar, m'est venu en tête pour la première fois: Relentless Forward Progress. J'en arrachais énormément et je n'avais pas le goût de me remettre à courir, mais ces 3 mots m'ont aidé à trouver la volonté de recommencer à courir, même si ça devait être à un rythme de merde. Finalement, mon rythme n'a pas été aussi lent que j'aurais cru. Le même scénario s'est reproduit à quelques reprises plus tard pendant la course.

Après avoir atteint le sommet principal, nous avons emprunté une partie du chemin Olmsted et avons passé beaucoup de temps dans de petits sentiers, où nous avons rencontré beaucoup de dénivelé. Encore là, je marchais un peu plus que les autres dans les montées, et je rattrapais les gens dans les descentes et de plus en plus, à mesure que les kilomètres passaient, sur le plat aussi.

Après un passage près du lac des Castors, nous avons descendu la côte Remembrance, qui n'était pas le terrain idéal pour moi avec mes Minimus. En descendant cette côte, une coureuse portant des bas de compression pour les mollets m'a dépassé comme une fusée. J'ai été surpris par la force et l'assurance qu'elle dégageait. Rendu au bas de la côte, elle avait environ une dizaine de secondes d'avance sur moi. Outre le fait que mon orgueil de mâle avait été piqué, je me suis dit que si je réussissais à m'accrocher à quelqu'un qui dégageait autant de vitalité à ce stade de la course, j'allais avoir de bonnes chances de terminer en force.

Rendu sur le sentier recouvert de petites roches qui longe le chemin Côte-des-Neiges, j'ai accéléré le pas. Ça n'allait pas super bien, mais j'ai réussi à grignoter petit à petit l'avance que Bas-de-compression avait sur moi. À l'approche du chemin de Polytechnique, je l'avais rejoint. Bas-de-compression et moi sommes ensuite demeurés assez près l'un de l'autre, nous dépassant à quelques reprises mais, surtout, avançant un peu dans le peloton pendant l'ascension de la côte de Polytechnique (bien que j'aie marché un peu pendant cette 2e montée, contrairement à la 1ère en début de course).

Même si dans la plupart des cas aucun mot n'est échangé, je finis toujours par ressentir un petit sentiment de fraternité quand je fais un bout de course avec un ou une inconnu(e), et que le défi silencieux posé par cette personne inconnue me pousse à me dépasser. C'est donc avec une petite pointe de regret que j'ai vu Bas-de-compression bifurquer soudainement vers les sous-bois à l'approche de la montée finale vers le sommet pour, j'imagine, aller se délester d'un fluide corporel quelconque, quel que soit ce fluide...

Mais bon, il ne me restait plus qu'un petit bout à monter avant la descente finale, j'étais parti pour la gloire. Une fois arrivé en haut, j'ai eu droit à ma troisième surprise de la journée. En consultant la carte du parcours avant la course, j'avais cru voir que nous allions faire une petite boucle au sommet, avant de revenir sur nos pas. Mais non, nous devions descendre encore une fois par le bois St-Jean-Baptiste. J'ai cru que le parcours avait de nouveau été changé. «Pas très grave», me suis-je dit, «on en a fini avec les montées». Pauvre naïf!

Quand nous avons été rendus environ aux deux tiers de la descente, des bénévoles nous ont indiqué qu'il fallait maintenant bifurquer hors du sentier principal, vers la droite et... vers le haut de la colline. Quand j'ai vu ce qui nous attendait, j'ai lâché un «ah ciboire» qui a fait rire deux jeunes adeptes de vélo de montagne qui étaient tout près du sentier. Selon ma Garmin, cette montée qui ne semblait pas vouloir finir nous a fait gagner 50 m d'altitude sur environ 340 m, pour une inclinaison moyenne de près de 15%...

Pendant cette cruelle ascension que tout le monde a fait en marchant, le gars qui me suivait m'a presque dépassé, avant de décrocher mystérieusement. J'ai ensuite rattrapé un petit peloton de 4 coureurs peu avant la fin de la montée. Les occasions de dépasser étant à peu près inexistantes sur un sentier aussi étroit et accidenté, nous nous sommes suivis à la file indienne pendant quelques minutes. À ce stade de la course, mon GPS indiquait que nous avions dépassé les 15 km, j'en avais plein mon casque et j'avais très hâte de terminer. Encore une fois, aucun mot n'a été échangé, mais j'avais l'impression d'avoir 4 compagnons dans ma souffrance. Ce fut l'un des moments forts de ma course.

Et mon énergie est revenue peu à peu. Je serais bien allé plus vite, mais c'était presque impossible de dépasser sans risquer une collision ou de se fouler une cheville. J'ai tout de même réussi à doubler un des gars à la fin d'une petite montée. Le sentier a finalement débouché sur le haut de la colline, près du sentier par lequel nous étions arrivés au sommet un peu plus tôt. Cette fois c'était vrai: la descente finale était enfin arrivée!

Quand nous avons atteint une route de terre plus large, nous avons pu nous lâcher lousse, chacun avec l'énergie qui lui restait. J'ai suivi le plus rapide des gars du mieux que j'ai pu, y allant à fond sur l'asphalte pendant la descente de la côte de Polytechnique. Mes jambes n'ont pas trop protesté...

Vers la fin de la descente, les pas derrière moi ont commencé à se rapprocher. C'est l'orgueil qui m'a fait continuer à pousser à fond jusqu'à la fin, devant les HEC. J'ai réussi à conserver ma position, et ce sans même me blesser. Qui aurait cru?

Temps final sur ma montre: 1:29:27.
FCmoy=155 bpm, FCmax=168 bpm.
Distance indiquée par ma montre: 16,67 km.

J'ai comparé la distance avec deux autres coureurs. L'un avait exactement la même valeur que moi, l'autre 16,59 km. D'où les guillemets dans le titre de ce billet.

Dans l'ensemble, la course a été très bien organisée, et tout s'est déroulé rondement. Dommage que le parcours ait été changé à la dernière minute, mais bon, ce sont des choses qui arrivent (surtout à Montréal), et le parcours était tout de même très beau. Les indications (drapeaux, pancartes et être humains) pour orienter les coureurs sur le parcours étaient claires, ce qui aide énormément quand on sent qu'on est sur le point de cracher ses poumons.

Avec ça, on pardonne même certaines erreurs de jeunesse à l'organisation, comme celle qui a consisté à donner la mauvaise enveloppe avec le mauvais dossard à au moins un coureur, ce qui a fait en sorte que le temps dudit coureur a été «perdu» quelque part dans le système. Une telle erreur ne se serait pas produite si les noms avaient été inscrits sur les enveloppes qu'on remet aux coureurs, comme c'est le cas normalement pour les autres courses. On m'a dit qu'on ferait le nécessaire pour «retrouver» mon temps d'ici à ce que les résultats sortent.

J'ai assez apprécié l'expérience pour vouloir récidiver l'automne prochain. Quant à l'édition du printemps, elle est un peu trop proche du Demi-marathon de Montréal, que j'espère bien finir par courir un jour.

Et mon projet d'atteindre les 3 sommets du mont Royal au cours d'une même sortie de course, lui, demeure inachevé. Il va falloir que je remédie à ça avant l'hiver!

dimanche 16 octobre 2011

Compte rendu de mon 10 km du parc Lafontaine 2011

Les choses ne regardaient pourtant pas bien, hier soir. Montréal, comme la majeure partie du territoire québécois, était sous le coup d'un avertissement de vents forts. On prévoyait même que les rafales pourraient aller jusqu'à 90 km/h. Toujours est-il qu'hier soir, les rafales se faisaient entendre fortement dans les fenêtres et moustiquaires chez moi. Même chose quand je me suis levé à 6h15 ce matin.

Mon objectif de faire sous les 44 minutes, en fait n'importe quel objectif de temps, paraissait donc ridicule. D'autant plus que sur le plan personnel, mon niveau d'énergie était couci-couça depuis quelques jours, mes ischios me faisaient parfois mal, et mes quadriceps avaient déjà été en meilleur état.

Puis, entre 7h et 8h, le bruit a cessé à mes fenêtres. Je suis presque devenu optimiste, d'autant plus que mes jambes avaient l'air bien ce matin. Et après quelques essais, j'ai finalement jeté mon dévolu sur ma plus vieille paire de Kinvara, la valeureuse qui a presque 900 km au compteur, celle avec les semelles bleu fif. Même si elle est de même pointure que la paire qui m'a blessé lundi dernier, elle m'a toujours paru un peu plus grande. Et ce matin, avec une paire de bas (blancs) plus épais que ceux que je portais lundi, l'inconfort se limitait à mon petit orteil gauche. Rien de bien grave, si le passé était garant de l'avenir...

J'allais donc avoir l'air fou, mais au moins j'aurais la possibilité d'être rapide (à mon échelle toute relative, bien entendu). Pour compléter ce superbe tableau, je suis sorti de la station de métro Sherbrooke vêtu d'un sac de poubelle, question de me protéger d'une possible pluie mais, surtout, du vent, qui n'était pas froid, mais frette, pour ne pas dire frette en 'stie. Dessous, j'avais seulement des shorts et un t-shirt. À 10-12˚C, j'aurais eu chaud en courant si j'avais mis un haut à manches longues. Bref, côté apparence, j'étais probablement juste une petite coche au-dessus du look sandales-et-bas-de-laine-remontés-jusqu'aux-genoux.

Mais bon, laissons de côté ces palpitantes considérations de mode et venons-en au vif du sujet: ma course. Après le retrait du sac de poubelle, un petit réchauffement avec quelques accélérations, et un petit bad trip lorsque j'ai vu qu'il n'y avait pas de tapis d'installé au départ, je suis allé me placer à une dizaine de mètres de la ligne de départ dans le peloton qui était en train de se former. On nous a alors fait savoir qu'il allait y avoir un tapis au départ, mais qu'il ne prendrait qu'une voie de circulation de large, et qu'il nous fallait donc «amincir» le peloton en reculant. Ce gossage a dû prendre une dizaine de minutes, si bien que le départ a été donné seulement à 9h58 selon ma montre, presque 15 minutes après l'heure prévue.

J'aime beaucoup le circuit Endurance, qui offre des courses belles, bonnes, pas chères, et généralement très bien organisées. Mais je dois dire que la gestion du départ s'est faite tout croche. Je ne sais pas si le 5 km a été lancé plus tard que prévu, ou si les derniers coureurs de cette course ont été plus lents qu'anticipé, mais toujours est-il que l'organisation de la course n'était pas prête pour le départ du 10 km, et que ce flou artistique a lui-même créé de la confusion et des retards supplémentaires. Je n'avais jamais vu de peloton si dense avant un départ. Ce n'était pas un endroit pour les agoraphobes... Pour ce qui est de la distribution des dossards et de la gestion de l'après-course, tout était quasi parfait, comme c'est à peu près toujours le cas pour le circuit Endurance.

Heureusement, une fois la ligne de départ franchie, il y avait un effet d'entonnoir inverse: à partir de ce point, les coureurs pouvaient occuper toute la largeur de la chaussée. Je me suis alors rangé complètement à droite, ce qui m'a permis de dépasser sans être retardé.

Curieusement, pour la première fois, j'étais nerveux même après que nous ayons commencé à courir. Selon ma Garmin, ma fréquence cardiaque se tenait même aux alentours de 170-175 bpm en ce début de course. Mauvais contacts électriques en ce début de course? Nervosité? Aucune idée!

Je me suis remis sur le piton après quelques centaines de mètres, et j'ai rentré le premier km presque exactement dans le temps prévu (4:23 au lieu de 4:24). Par la suite, comme l'an dernier, j'ai terminé le 2e km plus vite que mon temps visé. Je m'attendais ensuite à en perdre un peu par rapport à mon objectif, mais ça ne s'est pas produit, malgré une petite baisse d'énergie aux 3e et 4e km.

En fait, contrairement à l'année dernière, pas un seul de mes partiels n'a été plus lent que mon objectif, même ceux comportant des faux plats ascendants. Au 2e tour, une bourrasque particulièrement intense m'a momentanément presque arrêté alors que j'étais sur la rue Rachel, près de l'avenue du parc Lafontaine (6e km). Malgré cela, mon partiel pour les km 5 et 6 (j'ai manqué le panneau du 5e) est de 8:36. À part cette rafale de la mort et quelques autres solides au 3e tour, le vent a été moins fort que ce qu'on aurait pu craindre.

Pour le reste, ma course a été relativement sans histoire. Je me suis dit à certains moments que j'allais peut-être trop vite et que j'allais finir par casser, mais la cassure n'est jamais venue. Je me suis encouragé à y aller à fond dans les descentes, question de mettre du temps en banque. Et même si je n'ai pas accéléré à mesure que la course avançait, j'ai remonté le peloton tout le long. J'arrivais derrière quelqu'un, je me disais quelque chose du genre «il est assez large, il faidrait que je reste un peu derrière lui pour me protéger du vent», mais invariablement, je trouvais qu'il n'allait pas assez vite et je le dépassais assez rapidement.

Après 8 km, j'ai su que mon objectif de faire sous les 44 minutes était dans le sac, à moins d'un effondrement spectaculaire. Mais je ne me sentais aucunement sur le point de m'effondrer. Je souffrais, c'était difficile, mais je me sentais en pleine possession de mes moyens. En fait, il y a une seule autre fois où je m'étais senti comme ça pendant une course. C'était au 10 km du Marathon de Montréal de 2007, où j'avais établi ce qui était à l'époque mon record et qui a tenu 3 ans.

Au 9e km, je suis entré en «lutte» avec une coureuse et un coureur. Même si j'étais avant tout concentré sur ma propre course, ce genre de petite lutte met généralement un peu de piquant, en plus de nous aider à aller plus vite. Le gars et moi avons distancé la fille au début du 10e km, et le gars a fini par me dépasser pour de bon dans les derniers mètres de la course, alors que nous sprintions vers la ligne d'arrivée. De mon côté, je m'efforçais avant tout de passer la ligne non pas sous les 44 minutes, mais sous les 43 minutes! Malheureusement, je m'étais aperçu trop tard que j'avais vraiment une chance de faire sous les 43 minutes, et j'ai terminé en 43:01. Un petit effort de plus, et ça y était...


Ma course, km par km (ou presque).


Je suis donc très content de ma course d'aujourd'hui, même si j'éprouve une petite pointe de déception de ne pas avoir fait sous les 43 minutes, considérant que je suis passé si près. Mais surtout, je suis éberlué par ma course d'aujourd'hui. Ma préparation a été cahotique, je manquais d'énergie depuis quelques jours, mais j'ai réussi à maintenir un rythme que je n'avais pas pratiqué, et ce sur 10 km! Oui, je sens que mes jambes sont plus fortes depuis quelques semaines, et mes mollets ont pris du volume ces derniers temps, conséquence des nombreuses côtes que je me suis tapé à la course et à la marche, mais de là à ce qu'il y ait une différence de 1:36 par rapport à mon précédent record de l'an dernier, il y a une marge. D'autant plus que mon kilométrage hebdomadaire est inconstant depuis quelques mois. Je ne peux que conclure que je me suis adonné à être dans une bonne journée, et que la température de 11˚C, presque optimale pour moi, m'a grandement aidé.

Et si le rhume ne me rattrape pas cette semaine, je serai sur la ligne de départ du 15 km du T3SB, le Tour des 3 sommets Brébeuf, dimanche prochain. Pour cette course-là toutefois, je n'aurai pas d'objectif de temps...

dimanche 25 septembre 2011

Compte rendu d'un demi-marathon chanceux: mon 21,1 km du Marathon de Montréal

Pourquoi utiliser le mot chanceux dans le titre? Parce que les nuages ont collaboré pendant presque toute la durée de ma course, que j'ai finalement terminée. J'ai même battu mon record personnel au demi-marathon d'un titanesque 15 secondes! Récit d'un demi-marathon couru sous le signe de la chance, disais-je donc.

Comme j'écrivais dans mes élucubrations d'hier soir, plusieurs raisons me faisaient douter de ma capacité à offrir une performance potable dans la course d'aujourd'hui. Et tel que prévu, mon retour au hockey cosom hier midi avait laissé des traces: en me levant ce matin, et plus tard en me dirigeant vers l'île Ste-Hélène, j'ai constaté que j'avais des courbatures dans les côtés du tronc, le bas du dos, les muscles fessiers et des hanches, et finalement les quadriceps. Rien pour me pousser à hurler ou à me tordre de douleur, mais rien de rassurant non plus quand on s'apprête en théorie à courir un demi-marathon, une distance qui nécessite un bon tonus musculaire si on veut éviter que sa foulée se dégrade de façon trop marquée en fin de course.

Ce sont ces considérations qui m'ont poussé à aller m'étirer dans l'herbe peu avant d'arriver au pont. De mémoire, c'était la première fois que je m'étirais avant de courir. Dans l'état de délabrement pré-course dans lequel je me trouvais, je crois que ça a aidé.

Arrivé une trentaine de minute avant le départ, j'ai réussi à trouver une place dans la section 1h30-2h00 qui, comme toutes les autres, était déjà assez densément peuplée. Malheureusement, j'étais à environ 2 ou 3 mètres d'un haut-parleur. Dans la demi-heure qui a suivi, j'ai donc eu l'honneur de me faire casser les oreilles à profusion par de la musique dance en cannes et par les messages (pertinents, il faut dire) de l'animateur. Et, point important, il y avait des nuages et aucune trace d'éclaircies!

Après quelques minutes de fébrilité et un décompte somme toute bien réussi, le départ à été donné à l'heure prévue. Après ce qui nous a paru un bon moment (en fait, environ 2 minutes), nous avons enfin pu nous mettre à marcher. À l'approche de la ligne de départ, j'ai commencé à avoir assez d'espace devant moi pour me mettre à courir, et je me suis dit: «merde, ça me tente pas vraiment de courir, finalement». Tout un état d'esprit pour commencer un demi-marathon!

Une fois parti cependant, mon cerveau a commencé à se concentrer sur la tâche à accomplir. De plus, il faut dire que j'appréciais pleinement de me retrouver au milieu de cet imposant peloton, sur le pont Jacques-Cartier. Au moment d'amorcer la descente, j'ai pu apercevoir la masse de coureurs qui s'étirait loin devant moi, vers la sortie du pont, et c'était beau à voir. Lors de ce début de course, j'ai aussi eu le temps de maudire ma stupidité: dans le but d'éviter que ma température corporelle monte trop haut, je m'étais versé de l'eau sur la tête et dans le dos dans les premiers mètres du parcours, mais j'y étais allé trop fort, au point que mon gilet et mes shorts étaient alourdis.

Mais bon, le plaisir de me trouver où je me trouvais a vite pris le dessus. J'étais content d'avoir pu vivre un avant-course sans soleil, puis un 1er km sans soleil, puis un 2e, un 3e, etc. Les kilomètres passaient vite, et je maintenais un rythme dans les 4:40/km sur le plat, jusqu'à ce que survienne la fameuse côte Berri. Je me suis efforcé d'être conservateur dans la montée, mais je me suis retrouvé en haut avec des jambes hypothéquées, conséquence probable de mon cosom de la veille... Je dirais même que je n'ai plus été le même par la suite, malgré mes bons temps aux 6e et 7e km (voir tableau ci-bas).

Image via mon compte Garmin Connect.


Je serais curieux de comparer mes fréquences cardiaques moyennes aux km 6 et 7 à celles que j'ai maintenues pendant les 4 premiers km. Malheureusement, j'ai oublié une pièce cruciale de mon moniteur cardiaque à Chicoutimi...

Après 7 km, je me suis dit que j'avais fait presque un tiers de demi-marathon, ce qui m'a un peu désespéré: «quoi, il m'en reste encore 2 fois plus à faire?». Je me suis vite ramené à l'ordre: si le soleil se pointait, ma course pouvait finir n'importe quand. J'avais pu faire un tiers de la course, c'était positif. Je commençais à en avoir pour mon argent...

Sur St-Laurent (8e et 9e km), j'ai commencé à souffrir un peu des effets de la chaleur. J'ai essayé de ralentir un peu et d'aller à la vitesse la plus élevée que je pouvais maintenir sans tomber dans les pommes. Après 8 km, j'étais déjà moins alerte. À preuve, j'avais complètement oublié qu'il y avait une station de ravitaillement qui offrait des éponges fraîches peu avant d'arriver au point le plus au nord du parcours, toujours sur St-Laurent. J'ai aperçu les éponges au moment où je commençais à m'éloigner de la station. J'ai alors agi en idiot, rebroussant chemin au milieu du peloton qui était encore assez dense à cet endroit. Un coureur a dû ralentir brusquement pour éviter de me rentrer dedans. Après en avoir laissé passer 2 ou 3 autres, j'ai pu aller chercher mon éponge, qui m'a été d'une grande utilité dans les 3 ou 4 kilomètres suivants.

Une fois arrivé devant le parc Père-Marquette (fin du 11e km), j'étais bien content d'en avoir fini avec la partie «faux plat ascendant» du parcours, qui suit la côte Berri et qui s'étire sur quelques kilomètres. J'avais couru au feeling et j'étais toujours sous les 5:00/km, ce qui était de bon augure pour la suite. Après tout, je n'avais que 103 secondes à gagner par rapport au rythme de 5:00/km pour battre mon record...

En descendant de Lorimier, je me suis toutefois rendu compte que mes jambes en arrachaient et que mon niveau d'énergie avait sérieusement baissé. Même la dame dans son escabeau qui nous envoyait généreusement de l'eau sur la tête avec son arrosoir n'a pas réussi à me faire reprendre des forces... Comble de malheur, le soleil a commencé à se pointer peu avant que j'arrive sur Rachel, au 14e km. J'ai alors commencé à me demander si je n'allais pas devoir marcher, et j'ai dit momentanément adieu à l'idée de battre mon record. Et pour donner une idée de l'état «altéré» dans lequel se trouvait mon cerveau à ce moment de la course, j'ai dû m'y prendre à 2 ou 3 reprises avant de réussir à mettre ma casquette correctement, sans plis.

Heureusement pour moi, la nouvelle partie du parcours (qui passe notamment par la rue Fullum) était assez ombragée, grâce à la présence de gros arbres. Ça m'a aidé énormément, d'autant plus que je n'en menais vraiment pas large à cette étape de la course. De retour sur Rachel, j'ai pu courir dans de petites zones d'ombre, gracieuseté de quelques hauts bâtiments. Également, le fait que nous avions le soleil de dos aidait. Comble de chance, une mince couche nuageuse a commencé à voiler le soleil peu avant que j'arrive à l'aire de départ du 5 km. Quand j'ai entamé la montée sur le boulevard Pie IX, le soleil était de nouveau complètement couvert. Alléluia! J'ai dépassé plusieurs personnes pendant la montée, mais j'ignorais combien d'entre elles couraient le marathon.

Autre raison d'avoir un regain d'énergie: des environs de l'aire de départ du 5 km jusqu'au début de la montée Pie IX, les spectateurs étaient nombreux et bruyants. Ils étaient également en grand nombre au sommet de la côte. En fait, j'ai trouvé que tout au long du parcours, les spectateurs étaient plus nombreux et plus bruyants que les années précédentes.

Lors de la descente sur le boulevard Rosemont (19e km), je maintenais un rythme dans les 4:30/km, avec une pointe à 4:11/km selon ma Garmin! Quand j'ai vu la pancarte indiquant la fin du 19e km, j'ai décidé de monter l'effort d'un cran et de tout donner pour essayer de battre mon record de 1:43:48, réussi plus tôt cette année au Demi-marathon hypothermique. Après un bon 20e km (moyenne de 4:32/km), j'ai commencé à manquer d'énergie au début du 21e. J'avais accéléré trop tôt! Au 21e km, mon rythme a diminué et je me suis fait dépasser par quelques coureurs qui sprintaient vers la ligne d'arrivée.

Une fois arrivé, j'ai dû aller voir dans l'historique de ma montre pour avoir mon temps à la seconde près. Résultat sur ma montre: 1:43:37, soit 11 secondes de mieux que mon ancien record! J'avais été conservateur en démarrant le chrono sur le premier tapis au départ et en l'arrêtant sur le dernier à l'arrivée. Mon temps officiel est de 1:43:33.

Je poursuis donc ma «tradition» d'améliorer mon meilleur temps à chacun de mes demi-marathons, même si cette fois ce n'est pas de beaucoup. Je peux toutefois difficilement me plaindre du faible écart par rapport à mon temps du demi hypothermique, compte tenu du chaos et des émotions de ces dernières semaines. Je sais également que j'ai donné absolument tout ce que j'étais capable de donner aujourd'hui, flirtant plusieurs fois avec le coup de chaleur. En fait, j'étais tellement dans les vaps à l'arrivée que j'ai eu l'étrange idée de me faire prendre en photo «officielle». Ça ne sera pas beau! Il n'y a donc aucun regret à avoir de ce côté-là (sauf pour la photo!).

Un bel effort de ma part, donc, mais surtout, une bonne dose de chance. Je dois une fière chandelle aux nuages...