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dimanche 22 avril 2012

5 km de la Course St-Laurent 2012

Après plusieurs mois d'efforts, je peux enfin dire mission accomplie. C'est en partie grâce à Yves Boisvert, mais ça, je l'ai appris seulement après ma course.

Voilà, maintenant vous savez tout. C'est donc ici que se termine ce billet.

Mais non, voyons, comment pourrais-je écrire un compte rendu de course qui ne fasse pas mention de toasts au beurre de pinottes, ne serait-ce que pour dire que je n'en ai pas mangé ce matin? J'ai tout de même respecté ma routine pré-course qui consiste à prendre un bon déjeuner que je termine environ 3 heures avant le départ.

Je me suis par ailleurs assuré d'arriver une bonne heure avant la course, question d'avoir le temps de récupérer mon enveloppe de coureur, de décider de la stratégie vestimentaire optimale dans le froid quasi hivernal (3˚C, vent de 28 km/h), d'aller porter mon sac au vestiaire, de m'échauffer et de faire un arrêt aux puits. Une fois que tout cela a été fait, je me suis présenté rapidement sur l'aire de départ afin de m'assurer d'avoir une place près de l'avant du peloton puisque, comme dans le cas de la Course et marche populaires de LaSalle, il n'y a pas de tapis de départ. C'est donc le gun time qui fait foi de tout.

J'étais placé relativement près de la ligne de départ (à environ 3 ou 4 mètres), et en regardant autour de moi j'ai vu plusieurs personnes qui n'avaient pas d'affaire dans ce coin du peloton. D'un autre côté, comment blâmer ces gens de vouloir que leur temps de course officiel corresponde le mieux possible à leur temps réel? La personne qui s'est entraînée fort pour être en mesure de courir un 5 km sous les 30 minutes mérite tout autant que celle qui finit en 15 ou 20 minutes d'avoir un temps affiché qui reflète ses efforts. Avec plus de 600 participants, avoir des tapis au départ devient donc une nécessité selon moi, quitte à ce que l'inscription coûte quelques dollars de plus.

Comme il fallait s'y attendre, ce fut la cohue au départ. Tout en proférant quelques sacres dans ma tête, j'ai couru sur les sections du terre-plein du milieu de la route qui étaient dégagées, question d'être en mesure d'avancer sans être forcé à arrêter complètement à de multiples reprises.

Une fois que j'ai eu la voie libre, j'ai adopté instinctivement un rythme plus rapide que 4:00/km afin de rattraper le temps perdu, tout en espérant que je n'étais pas en train de me brûler. À mesure que nous nous dirigions vers le carré situé à l'extrême ouest du parcours, j'ai noté avec soulagement que le peloton demeurait somme toute assez dense, ce qui était de bon augure pour la longue ligne qui nous amènerait ensuite jusqu'à l'extrême est du parcours, et sur laquelle nous allions avoir un vent de face.

Image via le site de la course

J'ai complété le premier km en 4:04. Voulant effacer le retard le plus tôt possible, d'autant plus que la portion du parcours avec un vent de face s'en venait, j'ai accéléré le pas.

En tournant à gauche sur le boulevard Poirier pour entamer cette partie de la course qui s'annonçait pénible, je me suis placé derrière un gars un peu plus grand que moi qui avançait à un bon rythme, question de m'abriter du vent. Le panneau indiquant la fin du 2e km est arrivé assez rapidement: 3:57. J'étais donc pratiquement dans les temps après 2 km. C'était déjà ça de gagné.

Une ou deux minutes plus tard, j'ai été pris d'un sursaut d'éthique: le gars devant moi, qui avait un bonnet et portait un chandail du marathon de Philadelphie, me tirait depuis un bout, et il méritait que je lui rende la pareille pendant quelque temps. Je me suis donc placé devant lui et, à ma grande surprise, j'ai constaté que j'avais assez de gaz pour rejoindre les gens devant moi. Je l'ai fait le plus rapidement possible, question là encore de m'abriter du vent. J'ai suivi une femme pendant une ou deux minutes, pour finalement la dépasser quand j'ai constaté (Ô Horreur!) que mon rythme venait de tomber quelque part entre 4:15/km et 4:20/km.

Quelques secondes plus tard, l'homme au bonnet m'a redépassé. Comme il avait l'air en pleine possession de ses moyens et qu'il allait vite, j'ai décidé d'essayer de le suivre, ce que j'ai finalement réussi à faire jusqu'à la fin de la course. Mes temps aux km 3 et 4 ont été de 4:02 et 4:00, respectivement. Le vent de face ne m'avait donc pas trop ralenti, et j'étais optimiste pour le reste de la course, sachant que le vent serait de dos jusqu'à la dernière ligne droite sur Cavendish, laquelle va en descendant vers l'arrivée.

L'homme au bonnet et moi n'avons jamais été séparés de plus de 3 ou 4 secondes, et selon mes souvenirs nous avons dépassé plusieurs personnes. À plusieurs reprises, j'ai donné un petit coup de gaz pour éviter qu'il ne s'éloigne trop. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que si je n'avais pas eu de «meneur d'allure», j'aurais atteint Cavendish un bon 10 ou 20 secondes plus tard que je l'ai fait.

Comme l'homme au bonnet jetait régulièrement des coups d'oeil à sa montre, j'en ai conclu qu'il cherchait lui aussi à terminer sous les 20 minutes. Ça m'a un peu rassuré. Je n'avais qu'à continuer à le suivre pour terminer sous les 20 minutes!

Il a finalement réussi à me distancier de 20 ou 30 mètres dans la descente sur Cavendish, et en regardant le cadran officiel de la course j'ai compris qu'il allait falloir que je pèse sur le champignon pour réussir à terminer sous les 20 minutes. Donnant tout ce que j'avais, j'ai finalement croisé la ligne d'arrivée en 19:56, 2 secondes derrière l'homme au bonnet qui, vous l'aurez deviné, s'adonnait à être Yves Boisvert.


Mes partiels. Capture d'écran venant de mon compte Garmin Connect


Un temps de 19:56, donc. Six secondes de mieux que le mois dernier à LaSalle. D'un côté, je me dis qu'en première approximation c'est le même temps, et que je n'ai rien accompli de plus aujourd'hui qu'à LaSalle. D'un autre côté, là c'est «vraiment vrai»: j'ai finalement atteint le but un peu fou que je m'étais fixé il y a près de 5 mois.

Pour le moment, je n'ai pas la moindre idée de ce que sera ma prochaine course ou du moment où elle aura lieu, et c'est très bien comme ça. Il y a de gros bouleversements dans ma vie en ce moment, et j'ai besoin d'une petite pause de compétition. Vivement de longues sorties zen sur la montagne ou dans la nature, avant que la chaleur étouffante tombe sur Montréal...

vendredi 1 juillet 2011

Les faits et gestes de Youppi

Le billet d'aujourd'hui ne porte pas sur la course à pied ou le sport en général, mais plutôt sur ce que je considère comme une énorme lacune chez les médias cet été: le silence total sur les faits et gestes de Youppi.

Pour les incultes parmi vous, Youppi est l'ancienne bien-aimée mascotte des défunts Expos de Montréal et actuelle bien-aimée mascotte des Canadiens de Montréal. Pourtant, que ce soit dans les journaux, sur internet, à la télévision ou à la radio, rien ne transparaît sur les faits et gestes actuels de ce personnage de la toute première importance.


Youppi est celui qui se trouve à gauche sur la photo. À droite, c'est Bob Gainey. Image via CBC Sports.


Que sait-on vraiment sur les allées et venues de Youppi et de sa conjointe, Youppette? Pas grand chose, car les médias passent sous silence ce sujet vital, crucial pour la survie de la planète, que dis-je, de l'Univers. Les médias doivent se reprendre, et vite, et nous informer sur les questions suivantes: Youppi et Youppette sont-ils mariés? Si oui, quelle robe portait Youppette lors de la cérémonie? Comment était habillée sa dame d'honneur, et lui a-t-elle volé la vedette? Où Youppi et Youppette sont-ils allés en voyage de noces? Youppi et Youppette vont-ils faire une tournée du Canada (aux frais des contribuables, bien entendu), et si oui, où iront-ils? Assisteront-ils à l'assermentation de nouveaux Canadiens? Rencontreront-ils le Premier sinistre, euh, pardon, ministre, Harper? ILS NOUS FAUT SAVOIR!

J'exige, à chaque fois que j'ouvre la radio ou la télé, d'être informé immédiatement, sans délai, sur toutes ces questions nécessaires à la poursuite de ma vie et de celles de mes concitoyens. Je veux savoir qui va chanter pour Youppi et Youppette, qui leur prépare à manger et organise des banquets en leur honneur (toujours aux frais des contribuables, bien entendu), et je veux que la télévision d'État interviewe tout ce monde-là pour qu'ils nous livrent leurs impressions. J'exige que tout le monde puisse voir des images en direct et en reprise de l'arrivée de Youppi et Youppette à Ottawa et de chacune des étapes de leur voyage, comme les bains de foules, par exemple. Je veux voir des bouts d'entrevue avec des sujets de Youppi et Youppette qui ont eu l'insigne honneur de les voir en personne ou, encore mieux, de leur serrer la main. La survie de l'humanité en dépend.

Voilà. Une chance que je suis là pour dire les vraies affaires.

dimanche 16 janvier 2011

BRA-VO, Saucony!

Une prédiction faite par Mathieu dans les commentaires de ce billet semble malheureusement en voie de se confirmer. Voici ce qu'écrivait alors Mathieu (les caractères gras sont de moi):

Je soupçonne donc maintenant Asics de gonfler ses prix au Canada et non plus les commerçants d'ici de nous les vendre à un prix déraisonnable. Je ne serais pas surpris que les autres marques imitent Asics et qu'on ne puisse plus rien commander en ligne prochainement.

Or, voilà-t-y pas que Saucony empêche maintenant les consommateurs outre-frontières de commander ses produits sur des sites étatsuniens comme Eastbay ou Running Warehouse? Si cette décision était accompagnée d'une baisse significative des prix de vente au Canada, on pourrait comprendre. Et je pense que la plupart des gens d'ici seraient bien contents de pouvoir encourager les commerçants locaux.

Mais non, aux dernières nouvelles, une chaussure comme la Kinvara était toujours vendue à 140$ au Canada et à 90$ aux États-Unis, soit une différence de 56% par rapport au prix étatsunien si on suppose un dollar canadien à parité avec son homonyme américain.

Comment Saucony a-t-elle pu en arriver à prendre une telle décision? On imagine la scène d'ici:

Les dirigeants de la compagnie tiennent leur téléconférence hebdomadaire. Lorsque l'on en arrive aux affaires courantes (c'est le cas de le dire), Bob Cobb, Vice President, Proactivity and Synergy, fait état de la situation des consommateurs canadiens:

-Les détaillants américains de vente en ligne rapportent qu'un nombre élevé de coureurs canadiens placent des commandes pour nos produits. Même avec les frais de transport et les taxes et droits de douane, ça leur revient beaucoup moins cher que d'acheter au Canada. Pendant ce temps, les détaillants canadiens font pression sur nous pour que nous mettions un terme à cette situation.

-Quelle solution proposes-tu, l'interroge Jane Payne, Executice Director of Corporate BS.

-Je propose que l'on vende dorénavant nos produits au même prix au Canada qu'aux États-Unis, répond Bob avant d'éclater de rire, aussitôt suivi par le reste de l'assemblée.

Après avoir réussi à reprendre son calme, le Président John Smith prend la parole:

-Sacré Bob, toujours le mot pour rire! En fait, pour régler la situation, nous devons rendre les consommateurs canadiens captifs de leurs détaillants. Nous allons donc interdire aux commerçants en ligne américains d'expédier nos produits en dehors du pays. Asics le fait déjà. New Balance et Nike n'ont pas encore emboîté le pas, mais ça ne saurait tarder. Nous n'avons donc rien à perdre.

-Toi tu l'as l'affaire, John!

C'est ça qui est ça. Le temps où on pouvait contourner les pratiques commerciales douteuses des fabricants de vêtements et de chaussures de course tire à sa fin. Pour éviter de se faire entuber, il faudra dorénavant aller acheter aux États-Unis, ou encore trouver une compagnie qui expédie ses produits de ce côté-ci de la frontière.

Dans un article de journal paru il y a quelques mois que je ne parviens malheureusement pas à retrouver, on suggérait d'écrire aux compagnies pour se plaindre. C'est ce que je vais faire avec Saucony, mais je ne m'attends pas à ce que ça donne grand chose. Et la situation actuelle me fait tellement tiquer que si rien ne change d'ici à ce que j'aie fini d'user mes 3 paires de Kinvara, je me tournerai alors vers des marques qui permettent aux consommateurs des deux côtés de la frontière d'acheter leurs produits à des prix raisonnables.

À ce sujet, chapeau à La Sportiva. La Crosslite, qui est vendue à 90$ aux États-Unis, coûte 99$ chez MEC. Compte tenu de la fluctuation des taux de change, une différence de 10% est assez raisonnable.

Cette décision de Saucony est bien dommage, car la compagnie a une longueur d'avance sur les autres géants de l'industrie dans le domaine des chaussures dites minimalistes, et les Kinvara sont de loin les chaussures de course les plus confortables que j'aie jamais eu...

vendredi 12 novembre 2010

Prochaine course

Hier soir, la direction de course de l'édition 2011 du Demi-marathon hypothermique de Montréal, qui aura lieu le 19 février prochain, offrait aux participants de cette année l'occasion de s'inscrire avant tout le monde. Ayant beaucoup apprécié mon expérience de cette année (malgré une vilaine chute qui a fait mal à mon genou droit et à mon orgueil, ainsi qu'une Xème blessure à la bandelette ilio-tibiale droite... coudonc, serais-je masochiste, par hasard?), j'ai sauté sur l'occasion. Ce sera donc ma prochaine course (pas question que je quitte le bienheureux froid pour aller participer à un demi-marathon dans un pays au climat plus chaud).

La folie de l'entreprise me fait sourire et me remplit d'excitation: il y a quelque chose de merveilleusement stupide et d'enthousiasmant tout à la fois dans le fait de se lever avant le soleil un samedi matin pour aller courir 21,1 km dans des conditions hivernales. C'est en quelque sorte s'approprier l'hiver, faire un doigt d'honneur à la conception que la plupart des gens «normaux» (ceux qui ne vont pas jouer dehors) se font de la saison froide: un mauvais moment à passer, à râler contre le froid et la «marde blanche» et, dans certains cas, à compter les semaines qui restent avant le fameux «voyage dans le sud».

Participer à cette course, c'est aussi, à quelque part, se prouver à soi-même qu'on est maintenant tellement en forme qu'on est prêt à courir un demi-marathon dans un blizzard, sur la glace ou dans la gadoue. Et c'est aussi partager sa folie avec d'autres hurluberlus. La folie, dans un groupe de fous, c'est la normalité.

Mon objectif? Disons que je serai très déçu si je ne bats pas mon modeste record (modeste par rapport à mes temps sur des distances plus courtes) de 1:49:43, réalisé au Demi-marathon des Deux Rives de Québec au mois d'août, dans la chaleur et l'humidité. Selon le McMillan Running Calculator, mon temps à la Classique du Parc Lafontaine du mois dernier équivaut à un 1:39:17 au demi-marathon. Comme mon kilométrage est presque là où il doit être pour un demi (je viens de compléter ma 2e semaine de suite de 50 km, avec une longue sortie de 20,6 km cette semaine), je vais m'entraîner en vue de réaliser ce temps. Au pire, j'ajusterai mon objectif à la baisse si je n'arrive pas à tenir le coup à l'entraînement. Et il va sans dire que je vais modifier mon objectif en fonction des conditions météo le jour de la course!

Voilà, la première brique de mon année de course 2011 est en place. Le reste va beaucoup dépendre de si je décide ou non de courir mon premier marathon et, bien entendu, du moment où je courrais cet hypothétique marathon. Mais ça sera le sujet d'un prochain texte...

En terminant, voici une capture d'écran partielle de l'une des étapes de l'inscription en ligne au Demi-marathon hypothermique, sur le site du Coin des coureurs:




Ouais. C'est ça qui est ça. Vive les logiciels de traduction! Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres sur ce site. Vraiment, j'ai hâte que Running Room s'inspire d'une autre entité du ROC, Mountain Equipment Coop, pour le niveau de qualité de la version française de son site internet.

dimanche 5 septembre 2010

Les chaussures de course

J'avais déjà fait part, ici, ici (dans les commentaires) et là, d'un certain scepticisme face à l'industrie des chaussures de course, ainsi que d'une certaine exaspération devant le prix élevé des chaussures au Canada (plus de 50% plus élevé qu'aux États-Unis).

Dans le 3e lien, je mentionnais que j'avais essayé des Kinvara de Saucony à l'Expo-Marathon du Marathon des Deux Rives de Québec, mais que j'avais décidé de ne pas en acheter, compte tenu du prix demandé (140$, avec congé de taxes).

Suite à une suggestion de Mathieu (que je suis allé espionner sur Sportstats aujourd'hui et que je félicite d'avoir réussi ce matin ce qui semble être un quasi record personnel au demi-marathon) dans les commentaires du 3e lien ci-haut, je suis allé faire un tour dans le magasin en ligne américain Eastbay, qui accepte les commandes venant du Canada.

J'y ai noté que non seulement les Kinvara se vendent à 90$US (ce que je savais déjà), mais qu'en plus les Kinvara à semelle bleu pâle sont en vente à 70$US. Il semble donc que cette couleur soit boudée par les consommateurs. Qu'est-ce que ça me fait que des espadrilles aient une semelle bleu pâle au lieu de rouge, jaune, verte, fuschia ou n'importe quelle autre couleur? Disons les choses comme elles sont: je m'en câlisse royalement. La coquetterie et le m'as-tu-vutisme, très peu pour moi. Dans ma tête, des chaussures de course, ça sert à courir et, on l'espère, à diminuer les risques de blessure. Point.

Après avoir pris connaissance des montants prélevés en taxes et droits de douane pour les différentes provinces canadiennes, j'ai décidé de me lancer et de commander une paire de Kinvara de la couleur mal-aimée. Si aucune mauvaise surprise ne m'attend au tournant, voici le montant que j'aurai à payer, en dollars américains:




Au taux de change en vigueur aujourd'hui, ça donne un gros 103,47 $Can. Tout inclus. Comparativement à 140$ plus taxes en magasin au Canada. À l'Expo-marathon, j'aurais pu les avoir pour 140$, sans taxes en sus. Et le vendeur agissait comme si le prix demandé était une gigantesque aubaine.

Bref, nous nous faisons royalement entuber lorsque nous achetons nos chaussures de course au Canada. Pourquoi? Aucune idée. N'écoutant que mon indignation (et mon petit doigt, qui me disait que des journalistes pourraient sans doute obtenir des réponses plus facilement que M. et Mme tout-le-monde), j'ai envoyé des courriels à deux émissions d'affaires publiques qui s'intéressent à des questions d'argent et de consommation.

Je vous tiendrai au courant de ce qui adviendra de ma commande (qui doit être livrée dans les 20 prochains jours ouvrables) comme des suites de ma démarche auprès des deux émissions de télé, si suites il y a.

P.S. Intéressante et désespérante, cette petite mésaventure de François Cardinal survenue à l'arrivée du Marathon de Montréal aujourd'hui. Disons-le: sur certains points, l'organisation du marathon montréalais fait vraiment dur.

dimanche 15 août 2010

Bilan de la semaine du 08/08/2010

Ce fut une semaine difficile côté énergie. J'ai dormi plus que d'habitude, mais je me réveillais tout de même fatigué et manquais d'énergie pendant la journée. La plupart de mes sorties de course ont été très difficiles, et je me suis mis en mode «conservation des acquis de base» (accumuler le plus grand nombre de km possible dans les circonstances pour éviter de perdre une partie des gains réalisés cette année, en attendant -et en espérant- que ça passe). Au moins, ce ne fut pas si pire côté musculation...

Dimanche: Musculation, avec exercices pour les mollets.
Lundi: Tentative de reprise de l'entraînement à la course, avec mes (très) vieilles GT-2130, que j'avais enfilées dans un moment de distraction (ou de sénilité précoce?)... Arrêt après 1,4 km à cause de douleurs à la plaie de mon ampoule. Temps: 8:10. FCmoy=136/min, FCmax=151/min. J'ai tout de même fait 3 sprints dans la côte Vincent-d'Indy après une petite exploration de la colline Outremont.
Mardi: Musculation, sans exercices pour les mollets. Retour chez moi à la course. 6,5 km courus en 34:52. FCmoy=144/min, FCmax=169/min (???). Ce fut très pénible. Le soleil, encore haut, tapait très fort, et l'humidex était de 34.
Mercredi: Sortie de course au parc du Mont-Royal, encore une fois très pénible. J'ai voulu faire un petit détour par le sommet Outremont vers la fin, mais j'ai rebroussé chemin au bout de moins de 100 m, quand j'ai vu que je n'avais plus rien dans le réservoir. J'étais aussi trop crevé pour courir la fin du trajet au rythme du demi-marathon comme je fais habituellement. 12,7 km en 74:13. FCmoy=145/min, FCmax=160/min.
Jeudi: Musculation, avec exercices pour les mollets.
Vendredi: Petite sortie de 5,2 km en soirée. Temps: 28:46. FCmoy=139/min, FCmax=148/min. Je n'ai pas manqué d'énergie, mais ma fréquence cardiaque était un peu élevée pour le rythme auquel j'allais. Mais bon, l'humidex était tout de même de 31.
Samedi: Longue sortie, sur mon parcours extrêmement côteux qui passe par le sommet Westmount et l'Oratoire St-Joseph. Les montées ont été particulièrement difficiles en approchant du sommet, et j'ai fait de longs arrêts au belvédère et à l'Oratoire pour récupérer un peu. Au retour, mon niveau d'énergie a chuté dramatiquement dans les 2-3 derniers km, et j'ai commencé à sentir une légère douleur à la bandelette droite. J'ai donc abandonné l'idée de faire une boucle de 4,1 km près de chez moi. J'ai aussi abandonné celle de finir la sortie à un rythme de 5:00/km. En tout, 20,8 km courus en 126:36. FCmoy=142/min, FCmax=165/min. J'ai eu faim pendant ma sortie, et j'étais complètement déshydraté à l'arrivée malgré le fait que j'aie bu beaucoup. Il y a donc place à amélioration côté ravitaillement, surtout quand l'humidex est de plus de 30 comme en ce samedi.

En somme: 46,6 km de course à pied (aucun intervalle!), et 3 séances de musculation. Semaine de course à oublier, donc: pas de kilomètres de qualité (à moins de considérer les montées comme des km de qualité), et un kilométrage somme toute réduit par rapport à mes sommets de ces derniers temps.

J'espère seulement que tout va revenir à la normale cette semaine. Mais le fait que ce manque d'énergie se produise après un repos forcé de la course de presque une semaine m'inquiète un peu. Pourvu que ça ne soit pas mes problèmes de thyroïde qui empirent...

Ah oui, j'ai failli oublier: pour mes longues sorties, il semble que j'aie à choisir entre mes nouvelles GT-2150, qui détruisent une partie de mon pied droit, et mes vieilles 2140, qui n'offrent plus l'amortissement nécessaire pour garder ma bandelette ilio-tibiale droite endormie.

Tout ça à 2 semaines de mon demi-marathon à Québec. Il n'y a pas à dire, tout va comme sur des roulettes!

dimanche 1 août 2010

Vendre des frigidaires aux Esquimaux

Comme je l'ai mentionné dans mon bilan de la dernière semaine, je me suis acheté une nouvelle paire d'espadrilles de course, des GT-2150 de Asics. J'avais une paire du modèle précédent, les GT-2140, avec laquelle j'ai couru plus de 1100 km et qui était par conséquent devenue très usée: le gel n'amortissait plus rien, et la semelle du côté latéral avait beaucoup souffert (j'ai tendance à entrer en contact avec le sol avec la partie extérieure de mon dessous de pied). En plus, j'avais commencé à sentir de petits malaises à ma fameuse bandelette ilio-tibiale droite, autre signe qu'il était temps de mettre fin à la carrière en course à pied de mes 2140. (Elles risquent d'avoir une 2e vie au hockey cosom ou aux pieds de personnes dans le besoin, mais ça c'est une autre histoire.)

Comme je suis habitué aux GT (j'ai aussi eu des GT-2130 auparavant), que je n'ai jamais couru autant que présentement et que je voulais m'assurer d'éviter les blessures avant le demi-marathon des deux rives de Québec, acheter les 2150 était un choix conservateur qui allait de soi.

Résultat? Après une première sortie pendant laquelle j'avais l'impression de porter des bottes plateforme* en raison de l'élévation de mon talon et du fait que je me sentais haut sur pattes, j'étais réhabitué à courir avec des espadrilles avec une couche de gel fonctionnelle dès ma 2e sortie avec mes nouvelles 2150. Je crois même que si j'ai pu courir près de 25 km sur un parcours côteux ce samedi sans ressentir le moindre malaise à la bandelette, c'est en partie grâce à l'amortissement des chocs par la couche de gel de mes espadrilles neuves.

Pourquoi alors ce nouvel achat me laisse-t-il un petit goût amer? Probablement en premier lieu parce qu'il apparaît de plus en plus clairement que les chaussures de course pleines de gugusses et chères que l'industrie vend aux coureurs ne diminuent pas les risques de blessures. Ou à tout le moins, comme le mentionnait Tim Noakes dans son excellent Lore of Running, il n'existe présentement aucune preuve scientifique qui démontrerait que les espadrilles de course à pied réduisent les risques de blessure. Le titre de l'une des sections de la 4e édition (pp. 767-770) est d'ailleurs assez révélateur de l'opinion de Noakes sur le sujet: Are running shoes an expensive gimmick?

Il ressort de tout ça que les chercheurs ne savent pas encore quels facteurs biomécaniques causent les blessures de course. Rien ne prouve, par exemple, que l'hypothèse couramment acceptée voulant qu'une pronation excessive soit une cause importante de blessures est vraie. Difficile, dans ces circonstances, de «prescrire» un type précis de chaussures pour tel ou tel type de coureur.

De plus, un récit comme celui d'Anton Krupicka laisse songeur. Et Krupicka est loin d'être le seul à avoir emprunté la voie minimaliste.

Bref, sommes-nous comme des Esquimaux à qui on aurait vendu des frigidaires? Avons-nous accepté bêtement les idées reçues avancées par une industrie qui a tout intérêt à nous faire croire que nous avons absolument besoin de ses produits pour pratiquer notre sport favori tout en demeurant en bonne santé?

Toujours est-il qu'après le demi de Québec, j'ai l'intention de faire mes timides premiers pas dans la direction minimaliste. En y allant lentement et graduellement, bien sûr, et en étant très attentif à la façon dont mes jambes, et tout particulièrement ma bandelette et mes mollets, réagissent. Lorsqu'on est habitué à courir sur un petit coussin et avec les talons surélevés, une «rééducation» des muscles des membres inférieurs s'impose quand on veut y aller d'une façon plus naturelle. Et il est possible que mon corps ne soit pas fait pour courir avec des chaussures minimalistes.

Il reste que mes possibles futures espadrilles minimalistes seront elles aussi vendues par une des grosses méchantes compagnies de l'industrie de la chaussure de course, et ce à un prix absurde, ce qui me fait aussi rager un peu. En effet, je ne m'explique toujours pas pourquoi des espadrilles fabriquées en Chine coûtent 60% plus cher au Canada qu'aux États-Unis, alors que le dollar canadien n'est pas loin de la parité avec le dollar US. Comme disent les Papous de Nouvelle-Guinée: WTF?

*Note: Je Ne connais PAS la sensation que ça fait de porter des bottes plateforme. J'ai bien des particularités, mais le travestime n'est pas l'une d'entre elles. Je n'ai jamais non plus fait partie du groupe Kiss.

samedi 26 juin 2010

La maudite chaleur

Tel que mentionné dans mon bilan de la semaine dernière, j'ai flirté avec le coup de chaleur lors de ma longue sortie de samedi passé. La température affichée par le service météo d'Environnement Canada n'était pourtant pas si élevée que ça: 25˚C à 27˚C, avec un indice humidex de 30 à 33. Mais il faut noter qu'avec le soleil qui plombait, la température réelle dans les rues asphaltées dépassait sûrement de plusieurs degrés la température ambiante mesurée à l'aéroport de Dorval (je refuse d'utiliser le nom officiel de cet aéroport...). Vive les îlots de chaleur urbains!

Toujours est-il que ma sortie s'est déroulée en gros de la façon suivante:

Début vers 9h45, avec la chaleur qui frappe dès le départ. Un peu moins pire pendant la descente vers le canal Lachine. Inconfort qui va en augmentant le long du canal, mais qui reste cependant tolérable. Les zones d'ombre aident. À l'approche de la presqu'île du parc René-Lévesque, je suis un peu désespéré: je croise plusieurs coureurs de Team in Training, qui ne semblent pas tirer de la patte, tandis que de mon côté c'est de plus en plus difficile, même si je suis censé courir à un rythme lent, donc facile. Ma fréquence cardiaque se maintient autour de 155/min, alors qu'elle devrait normalement être à 135-140/min. En me dirigeant vers la pointe de la presqu'île, je suis exposé au soleil de façon quasi continue. Mes arrêts pour boire et pour me reposer, commencés le long du canal, se font plus fréquents. Arrêté à l'ombre d'un arbre à quelques centaines de mètres de la pointe de la presqu'île, je décide d'attendre que ma fréquence baisse sous les 130/min pour repartir. Ça prend environ 45 s. Je repars et je peux sentir que ça a fait du bien. Après avoir atteint la pointe, j'entreprends le chemin du retour. Petit vent de face qui fait du bien. Tout se passe bien jusqu'au canal. Par la suite: arrêts de plus en plus fréquents, et de plus en plus longs (j'attends toujours que ma fréquence baisse sous les 130/min avant de repartir). À 6-7 km de chez moi, je commence à geler et à avoir chaud en alternance. Mauvais signe. Même si ça serait préférable que j'arrête, je sais qu'en courant lentement et en prenant autant de pauses que nécessaire, j'arriverai chez moi plus vite que si je marche. À 4 km de chez moi, je manque tout juste un autobus qui aurait pu me ramener à la maison. À environ 2,5 km de chez moi, je m'assois une première fois à l'ombre en attendant une lumière verte. Quelques centaines de mètres plus loin, après une montée, c'est trop et je décide d'abandonner. Je reste une bonne dizaine de minutes assis à l'ombre d'un arbre, les pieds sur le trottoir et les fesses sur un terrain privé. Il ne me reste plus de Gatorade. Je décide ensuite qu'il me reste assez de force pour repartir à la course, mais environ 1,3 km plus loin, à moins d'un km de chez moi, je recommence à me sentir sentir mal, et après une autre pause à l'ombre, je fais le reste à pied. Et dire que pour la première fois de ma vie, dans le but de maximiser le refroidissement généré par l'évaporation de sueur, j'avais couru en camisole, traumatisant ainsi et/ou faisant rire les pauvre gens qui me croisaient avec mon «bronzage de camionneur» (terme utilisé par mes anciens collègues français; en bon québécois, on pourrait parler de «bronzage de colon»)...

Tout ceci s'est produit pendant une sortie certes longue, mais qui était censée être facile. Rien de très encourageant en prévision du demi-marathon de Québec, dont la majeure partie du parcours est potentiellement exposée au soleil. Courir l'hiver pendant une tempête de neige? J'aime ça! Courir dans la chaleur et l'humidité, sous un soleil qui tape? Visiblement, mon corps n'est pas fait pour ça. Et en plus, pour moi qui aime tant courir et qui sait toujours retirer un certain plaisir de mes sorties -que ce soit le défoulement d'une séance d'intervalles ou la zénitude d'une sortie plus lente sur la montagne-, courir dans la chaleur et l'humidité ne m'apporte absolument aucun agrément. Zéro. Nada. J'annonce donc, dans la quasi-confidentialité de ce blogue, que dans le cas où on prévoirait la canicule pour le demi de Québec, il y a de fortes chances que je ne me présenterais même pas à la ligne de départ. Ce n'est pas comme si je pouvais dire: «OK, je vais prendre la course comme une longue sortie lente.» Même courir au rythme lent, en arrêtant régulièrement, me fait flirter avec le coup de chaleur! Ce n'est pas non plus comme si la course à pied était ma carrière. Je cours pour moi-même, et ça ne sert à rien de m'obstiner quand le plaisir est totalement absent ou, pire, que ma santé est en jeu.

Dans le même ordre d'idées, je suis tombé plus tôt cette semaine sur un récit très vivant de Flo, une coureuse de la région de Philadelphie (je crois) qui a été victime d'un vilain coup de chaleur vers la fin d'une course de 5 km. À tel point qu'elle a eu un black-out total et qu'elle a dû passer une nuit à l'hôpital.

Cette lecture m'a mené vers un article du New York Times sur les effets potentiels à long terme des coups de chaleur. Ce qui m'a le plus frappé, c'est que contrairement à ce qu'on croyait jusqu'à maintenant, les dommages à certains organes qui peuvent résulter d'un coup de chaleur ne seraient pas causés par l'augmentation de la température corporelle, mais plutôt par une inflammation résultant de fuites intestinales: l'intestin devient moins perméable lorsque son irrigation sanguine fait défaut, et relâche tout plein de substances toxiques. Yé! Les chercheurs parlent de dommages aux reins et au foie pouvant potentiellement durer des mois, voire des années. Et comme si ce n'était pas assez, certains lobes du cerveau peuvent aussi être endommagés par un coup de chaleur. Rien pour m'encourager à m'obstiner inutilement contre la chaleur...

lundi 7 juin 2010

Intervalles et crinquage

Aujourd'hui en début de soirée, je suis allé courir ma première séance d'intervalles sur piste depuis 3 semaines (j'aurais cru que ça faisait plus longtemps). Voici quelques observations:

1) Après avoir parcouru, ces dernières semaines, plusieurs dizaines de kilomètres au rythme aérobique dans des décors souvent zen et apaisants (parcs près de chez moi, mont Royal, canal Lachine), j'ai pleinement réalisé ce soir, pour la première fois, à quel point la course sur piste est un sport différent de la course sur route ou du cross-country. Dans le sens où le trip est totalement autre: il n'y a absolument rien de zen dans une séance d'intervalles sur piste, qui donne plutôt lieu à un trip d'adrénaline et permet au coureur de se défouler tout en l'obligeant à aller chercher au fond de lui-même (ou d'elle-même) l'énergie et le courage de continuer à pousser malgré l'inconfort ressenti. En plus d'être de bons défouloirs et d'être efficaces pour développer et/ou entretenir la vitesse, donc, les séances d'intervalles apportent une variété fort appréciée quand on court plusieurs dizaines de kilomètres par semaine.

2) Je me suis efforcé de travailler ma «nouvelle» foulée pendant cette séance: foulée plus courte, ce qui aide les pieds à «atterrir» sur la plante plutôt que sur le talon (et réduit ainsi la force des impacts au sol et diminue les risques de blessures), et aussi foulée plus rapide, dans le sens où la fréquence des pas est augmentée.

Ce que ça a donné? J'ai vraiment été surpris par mon premier km de réchauffement, couru à un rythme que je voulais lent: 5:06, avec une fréquence cardiaque moyenne de 126 battements/minute! C'est sûr que ma fréquence cardiaque aurait augmenté si j'avais continué au même rythme à mesure que mon corps se serait réchauffé, mais ça m'a tout de même frappé: 5:06/km, c'est seulement 6 s plus lent que mon rythme visé de demi-marathon, et j'ai maintenu ce rythme sans aucun effort. Ça augure bien, même si je sais que j'ai encore des progrès énormes à faire côté endurance. Mes intervalles I se sont ensuite relativement bien déroulés, même si je n'ai pas été aussi rapide que pendant ma séance du vendredi le 19 mars sur la même piste.

Mais ce qui m'a le plus jeté à terre, c'est que pour la première fois, je suis descendu sous les 40 s pour mes 200 m au rythme R (courus à fond de train). J'ai fait 39 s et 38 s aux 4e et 5e tours, respectivement. J'aurais aussi fait sous les 40 s au 3e tour, si je n'avais pas eu à bifurquer vers le couloir 3 dans la courbe pour contourner un coureur/marcheur accompagné de son enfant à trottinette! Et tout ça avec un vent de face sur environ la moitié du 200 m...

Outre ma foulée modifiée, d'autres facteurs pourraient avoir contribué à ma rapidité relative d'aujourd'hui: la fraîcheur (18˚C) et le vent, le congé de séances d'intervalles que j'avais pris ces dernières semaines, et mes exercices de musculation pour les mollets, que je travaille maintenant plus en force qu'en endurance (j'ai d'ailleurs noté une augmentation de volume de mes mollets comparativement à il y a 2 semaines...).

3) Je termine avec une montée de lait. La piste sur laquelle je vais courir est située dans un parc, dans lequel il y a de beaux sentiers asphaltés bordés d'arbres pour se promener, et de beaux bancs pour s'asseoir. Malgré cela, des parents viennent faire marcher leurs jeunes enfants sur la piste de course, d'autres apprennent à leur enfant à faire du vélo sur la piste de course, des mères viennent marcher avec leur poussette sur la piste de course. Ce soir, j'ai aussi dû contourner plusieurs fois une fillette de 4-5 ans couchée dans le couloir 1 de la piste de course et qui menaçait à tout moment de se déplacer dans les couloirs d'à côté dans son agitation aveugle. Je peux comprendre que de jeunes enfants ne pensent pas à faire attention, c'est même tout à fait normal, mais où sont les parents dans ces cas-là?

Et ce sans parler des mononcles et des matantes qui viennent marcher à 3 de large sur la piste de course (il me semble qu'il ne doit pas y avoir grand chose de plus ennuyant que de marcher sur une piste, surtout quand il y a de beaux sentiers avec des arbres à quelques dizaines de mètres), et les enfants et les ados qui jouent avec un ballon de soccer sur la piste de course malgré le fait que la Ville ait enlevé le gazon au centre de la piste et y ait posé une surface de jeu artificielle, et qu'il y ait de beaux espaces verts à proximité. J'ai même dû ralentir brusquement ce soir pour éviter de plaquer un jeune d'une dizaine d'années qui s'est élancé soudainement dans mon chemin sans regarder pour aller courir après son ballon.

Bref, qu'est-ce qu'il y a de si difficile à comprendre dans le terme piste de course, et qui fait en sorte que tout plein de gens se foutent éperdument des êtres bizarres et étranges qui utilisent une piste de course pour courir?

Tout ça pour dire qu'à force d'essayer de prévoir les mouvements potentiels d'une multitude d'obstacles (humains et autres) à trajectoire et vitesse changeantes, ma séance d'intervalles de ce soir aura finalement été encore plus exigeante mentalement que physiquement...