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mardi 21 mai 2013

5 km de La Jakours 2013

Puisque mieux vaut tard que jamais, voici le compte rendu de cette course, qui a eu lieu le 14 avril. Je tenais à avoir quelques impressions sur les interwebs pour mes archives...

En émergeant du sommeil, je constate immédiatement que le repos nocturne a été salutaire. Pour une rare fois, j'ai dormi un bon 8-9 heures sans interruption. Disparus, le mal de gorge de la veille et la légère sensation d'être dans les vaps qui l'accompagnait, que j'attribue à ce moment aux moisissures libérées par le démantibulage de la salle de bain du sous-sol (mais qui se révéleront finalement quelques jours plus tard être causées par un début de rhume). Alors que je m'étais couché la veille en penchant vers une non-participation à La Jakours, je me dis maintenant que je n'ai qu'à me rendre sur les lieux de la course et à décider de m'y inscrire ou non en fonction de mes sensations du moment.

Je prends finalement l'autobus et débarque à un peu moins de deux kilomètres du quartier général de la course, question de m'échauffer et d'ajouter un peu de volume autant avant qu'après la course. Je m'entraîne pour un marathon, après tout...

Chaussé de mes princesses, je cours à un rythme facile tout en appréciant de découvrir des rues que je n'avais jamais vues. Le niveau d'excitation augmente: c'est ce matin que je vais me tester, que je vais essayer de répéter ce qui a constitué pour moi un exploit au printemps 2012: courir un 5 km sous les 20 minutes. Malgré quelques problèmes à l'entraînement, j'espère que l'adrénaline et la température plus fraîche qu'au stade de l'UQAC me permettront d'atteindre mon objectif.

Après l'inscription, je ressors courir un peu, y allant de quelques accélérations pour tester la machine et élever la température du moteur. Parlant de température, celle de l'air ambiant a augmenté et se situe maintenant à 6°C, et j'espère que le coupe-vent doublé que j'ai enfilé par-dessus mon t-shirt ne me nuira pas. Autour de moi, je vois d'ailleurs plusieurs coureurs enlever des couches de vêtements. Mais bon, de toute façon il est trop tard pour s'en faire.

Peu avant le départ, pour lequel les coureurs du 5 km et du 10 km sont regroupés, un vétéran du circuit m'informe que le parcours fait 2,5 km et qu'un long faux plat ascendant le rend quelque peu difficile. Mais encore une fois, il est trop tard pour s'en faire.

Les courses sont lancées, et les participants passent en peloton sur les tapis de départ. Une trentaine de mètres après avoir passé ceux-ci, j'ai déjà de l'espace pour commencer à courir à mon rythme. Voulant combler le retard pris dans les premiers mètres et porté par l'effet de groupe, je pousse la machine. Environ une minute plus tard, je constate que mon rythme se tient autour de 3:35/km. En début de course. Sur un faux plat ascendant. Face au vent. Me disant que je suis parti en imbécile et que je vais en payer le prix dans quelques minutes, je relâche très légèrement l'effort.

Comme il n'y a pas de panneaux pour marquer les kilomètres, je me fie à ma montre en espérant réussir à peu près à suivre les tangentes. Une descente  me permet de terminer le premier km avec une bonne marge sous mon objectif, mais l'allégresse du départ est maintenant terminée, et c'est la souffrance qui prend le dessus. Dans la deuxième moitié du deuxième km, je n'en reviens pas de la distance qu'il me reste encore à parcourir à ce rythme. Je me dis qu'à 41 ans, je commence à me faire vieux pour me pousser à ce point. C'est décidé, ce sera mon dernier 5 km. Qu'est ce que ça change dans la vie que je coure un 5 km en 20 minutes ou en 30 minutes? Rien. Est-ce que ça a un effet sur la vie de quelqu'un? Non. Est-ce que ça apporte quelque chose à la société? Non. Est-ce que ça change quoi que ce soit à ma vie? Non plus. Oui, ce sera la retraite des 5 km après cette course, mais pour l'instant je continue de m'efforcer à atteindre l'objectif.

Je maintiens un rythme endiablé jusqu'à la fin du premier tour, dont la dernière ligne droite apporte un peu de distraction, alors que nous croisons les meneurs. Je reconnais certains visages familiers: le gars qui ressemble au joueur de la NBA Steve Nash, la belle Nadia Bolduc, meneuse chez les femmes, le monsieur d'un certain âge, etc. J'oublie de prendre le partiel en contournant le cône orange qui marque la fin du premier tour, mais je sais que je dispose de quelques dizaines de secondes d'avance sur mon objectif. Il reste maintenant à faire une deuxième fois ce que je viens de terminer...

À la fin du 3e km, je constate que je pourrais me permettre de faire le reste de la course à 4:15/km et atteindre mon objectif quand même. C'est presque dans le sac, mais je continue néanmoins à pousser fort. Même chose après le 4e km, après lequel j'ai toujours un bon 30 secondes d'avance. Je relâche toutefois quelque peu l'accélérateur dans la montée du début du 5e km, question de ménager mes jambes qui en arrachent et de conserver assez d'énergie pour terminer en force.

Nous croisons de nouveau les meneurs du 10 km, qui ont entamé leur troisième tour et ont creusé l'écart par rapport à notre partie du peloton. J'aperçois la ligne d'arrivée. Enfin, ça achève! Rendu à une soixantaine de mètres de l'arrivée, j'accélère pour aller chercher quelques coureurs. Les jambes vont bien, la foulée est bonne, et je réussis à atteindre des vitesses que je ne travaille jamais à l'entraînement. C'est avec cette sensation grisante que je termine la course. Chrono: 19:23, soit 33 secondes plus rapide que mon temps de l'an dernier à St-Laurent. Complètement crevé, je ne réussis même pas à répondre à un inconnu qui a terminé derrière moi et qui me félicite en passant.

Quelques heures plus tard, après avoir entré mon temps du jour dans le calculateur de McMillan, je me mettrai à échafauder des plans pour réussir à courir un 10 km sous les 40 minutes. Et je me demanderai quel chrono il me sera possible d'atteindre lors de mon prochain 5 km.

lundi 8 octobre 2012

Le retour du Pepére prodigue?

Hé oui, j'ai plus ou moins disparu de la blogosphère fin avril, avec un petit coucou en juin. Une disparition qui n'a même pas été précédée d'un au revoir, principalement parce que je n'avais pas prévu qu'elle serait si longue. Ayant souvent eu des idées de billets pendant ma pause, j'ai seulement manqué de volonté, de temps et/ou d'énergie pour les coucher sur papier, heu, sur écran. De toute façon, c'est le propre des blogues de mourir de leur belle mort un jour ou l'autre, de façon plus ou moins discrète. Me revoici donc. J'ignore combien de temps ça va durer, mais je ressens ces temps-ci l'envie d'écrire sur mes «aventures» sportives et sur la course à pied en général.

Toujours est-il que depuis avril, j'ai entre autres décidé de retourner dans ma région natale pour voir si j'y étais. Il semble bien que j'y sois, du moins pour l'instant... J'ai fait face à une énième résurgence de mon problème à la bandelette ilio-tibiale droite, ce qui m'a limité à des volumes hebdomadaires de course à pied de moins de 20 km pendant 3 ou 4 semaines. Je suis tout de même allé dire au revoir au mont Royal, réussissant même à atteindre le sommet de la colline d'Outremont via les boisés du campus de l'UdeM sans avoir à marcher, une première en plus d'une vingtaine de tentatives. Ce genre de petits progrès, parfois effectués sur des trajets que nous sommes les seuls à connaître, est toujours motivant.

À Chicoutimi, dont on dit souvent qu'elle n'a pas de côtes mais qu'elle est une côte, j'ai graduellement augmenté mon kilométrage tout en soignant ma bandelette. Pour ce faire, j'ai beaucoup couru (et cours encore beaucoup), dans le sentier aux Rats musqués, un sentier linéaire de 2,4 km qui suit la rivière aux rats. J'ai appris, au contact de ses côtes, et notamment de l'énorme montée de la fin qui attend le coureur s'en allant direction nord, que j'avais bien des croutes à manger avant de devenir un bon coureur-grimpeur. Petit à petit, j'ai pris assez confiance en ma bandelette pour me laisser aller dans les descentes, que ce soit en sentier ou sur asphalte. Et mon corps a peu à peu appris à composer avec les nombreuses côtes. Car il faut savoir que 50 km par semaine en terrain à fort dénivelé, c'est une toute autre paire de manches que 50 km sur terrain plat. J'ai senti (et sens toujours) les muscles de mes mollets forcer à chaque fois que je me retrouve en train de monter la côte St-Ange et ses 18% d'inclinaison, ainsi que la côte Talon, plus longue et pas piquée des vers non plus. Et j'ai fini par être capable de monter la fameuse côte du sentier aux Rats musqués sans marcher. En soufflant comme un phoque et en m'ennuyant de ma mère, certes, mais en courant. Il y avait aussi d'autres signes encourageants: augmentation de ma puissance musculaire dans les montées, augmentation de volume de mes mollets et un rythme de base sur le plat qui se situe de plus en plus en souvent sous les 5:00/km (je cours toujours «au feeling» quand je suis en endurance fondamentale). Après plusieurs mois de pause d'intervalles, j'ai commencé, pendant mes longues sorties et sur une des rares portions de quelques kilomètres de terrain plat que j'ai pu trouver, à faire des intervalles à mon rythme du demi-marathon tel que prédit par le calculateur de McMillan. Sans trop y croire, car c'est un objectif qui m'apparaissait irréaliste, moi à qui ça avait tout pris pour briser la marque des 45 minutes au 10 km moins de deux ans auparavant. Les sensations et les fréquences cardiaques étant bonnes, j'ai néanmoins continué.

Mais aussi, loin du smog et de la chaleur accablante de la grande ville, j'ai retrouvé la capacité de courir en été, et peut-être même un certain plaisir à le faire. Pas de sorties avortées, de mains étrangement moites, de sensation de partir, de ne plus être tout à fait là. J'ai beaucoup apprécié d'avoir la possibilité de courir le soir dans des températures civilisées, et ce même en période de canicule.

Et que dire du plaisir de courir en automne, sinon que je n'ai pas pu faire de longues sorties dans les bois ces dernières semaines, occupé que j'étais à préparer ma première course en près de 6 mois, le demi-marathon de la zone portuaire de Chicoutimi? Mais ça, c'est une autre histoire...

samedi 23 juin 2012

C'est Statesmas!

Je prends une brève pause de ma pause bloguienne (vous me suivez?) pour souligner que c'est Statesmas, comme les passionnés étatsuniens se plaisent à appeler le Western States 100, cet ultramarathon mythique auquel JB Benna a consacré un excellent film que j'ai vanté ici.

C'est ce matin à 5h heure de la côte ouest de l'Amérique du Nord (8h heure du Québec) que les coureurs ont pris d'assaut le parcours. Il sera intéressant de voir si le temps exceptionnellement frais de cette fin de semaine dans les Sierra Nevada (5-10˚C avec de la grêle près des sommets) et la faible quantité de neige permettront à un ou à des coureurs de battre le record de 15:07 établi par Geoff Roes en 2010.

Malheureusement, l'incroyable Kilian Jornet a été frappé par une tragédie et ne court pas cette fin de semaine. Alors que l'Espagnol achevait une traversée du massif du Mont-Blanc en skis il y a moins d'une semaine, l'effondrement d'une corniche de glace a emporté l'un de ses compagnons, le Français Stéphane Brosse.

Pour revenir à des considérations plus joyeuses, les résultats partiels de la course sont affichés ici. La couverture en direct d'iRunFar est également très intéressante. En tant que geek, je trouve fascinant de pouvoir suivre la progression de la course sur les interwebs entre les commissions, travaux domestiques, sortie de course et autres événements de la vie quotidienne.

Au moment où j'écris ces lignes, la course est incroyablement serrée du côté des hommes, alors que les 5 premiers sont regroupés à l'intérieur de deux minutes après plus de la moitié de la course! Le Sud-Africain Ryan Sandes, à qui mon petit doigt prédit la victoire, fait partie du groupe des meneurs, tout comme Dave Mackey, qu'on peut voir en tant que meneur d'allure de Geoff Roes dans Unbreakable. Je serais bien content si Mackey l'emportait. Ça montrerait que les vieux croutons quadragénaires peuvent encore en avoir dans les jambes... J'ai également une préférence pour Nick Clark, qui écrit les meilleurs compte rendus de course de la planète (comme en fait foi entre autres le 1er paragraphe de ce billet).

Chez les femmes, Lizzie Hawker a eu un départ canon, mais Ellie Greenwood, une Écossaise qui vit maintenant à Vancouver et qui a remporté l'édition de l'an dernier, gagne du terrain. Mon autre petit doigt prédit qu'Ellie Greenwood va encore terminer première... Apparemment que les deux meneuses seraient en avance sur les temps de la légendaire Ann Trason, une véritable machine de course en son temps (elle a entre autres gagné le Western States 100 à 14 reprises, finissant même deuxième au cumulatif 2 fois).

Les gagnants chez les hommes devraient arriver aux alentours de 23h-minuit, heure du Québec.

En terminant, voici la bande annonce d'Unbreakable, dont j'ai parlé plus haut.



Merry Statesmas et paix aux geeks de bonne volonté!

dimanche 22 avril 2012

5 km de la Course St-Laurent 2012

Après plusieurs mois d'efforts, je peux enfin dire mission accomplie. C'est en partie grâce à Yves Boisvert, mais ça, je l'ai appris seulement après ma course.

Voilà, maintenant vous savez tout. C'est donc ici que se termine ce billet.

Mais non, voyons, comment pourrais-je écrire un compte rendu de course qui ne fasse pas mention de toasts au beurre de pinottes, ne serait-ce que pour dire que je n'en ai pas mangé ce matin? J'ai tout de même respecté ma routine pré-course qui consiste à prendre un bon déjeuner que je termine environ 3 heures avant le départ.

Je me suis par ailleurs assuré d'arriver une bonne heure avant la course, question d'avoir le temps de récupérer mon enveloppe de coureur, de décider de la stratégie vestimentaire optimale dans le froid quasi hivernal (3˚C, vent de 28 km/h), d'aller porter mon sac au vestiaire, de m'échauffer et de faire un arrêt aux puits. Une fois que tout cela a été fait, je me suis présenté rapidement sur l'aire de départ afin de m'assurer d'avoir une place près de l'avant du peloton puisque, comme dans le cas de la Course et marche populaires de LaSalle, il n'y a pas de tapis de départ. C'est donc le gun time qui fait foi de tout.

J'étais placé relativement près de la ligne de départ (à environ 3 ou 4 mètres), et en regardant autour de moi j'ai vu plusieurs personnes qui n'avaient pas d'affaire dans ce coin du peloton. D'un autre côté, comment blâmer ces gens de vouloir que leur temps de course officiel corresponde le mieux possible à leur temps réel? La personne qui s'est entraînée fort pour être en mesure de courir un 5 km sous les 30 minutes mérite tout autant que celle qui finit en 15 ou 20 minutes d'avoir un temps affiché qui reflète ses efforts. Avec plus de 600 participants, avoir des tapis au départ devient donc une nécessité selon moi, quitte à ce que l'inscription coûte quelques dollars de plus.

Comme il fallait s'y attendre, ce fut la cohue au départ. Tout en proférant quelques sacres dans ma tête, j'ai couru sur les sections du terre-plein du milieu de la route qui étaient dégagées, question d'être en mesure d'avancer sans être forcé à arrêter complètement à de multiples reprises.

Une fois que j'ai eu la voie libre, j'ai adopté instinctivement un rythme plus rapide que 4:00/km afin de rattraper le temps perdu, tout en espérant que je n'étais pas en train de me brûler. À mesure que nous nous dirigions vers le carré situé à l'extrême ouest du parcours, j'ai noté avec soulagement que le peloton demeurait somme toute assez dense, ce qui était de bon augure pour la longue ligne qui nous amènerait ensuite jusqu'à l'extrême est du parcours, et sur laquelle nous allions avoir un vent de face.

Image via le site de la course

J'ai complété le premier km en 4:04. Voulant effacer le retard le plus tôt possible, d'autant plus que la portion du parcours avec un vent de face s'en venait, j'ai accéléré le pas.

En tournant à gauche sur le boulevard Poirier pour entamer cette partie de la course qui s'annonçait pénible, je me suis placé derrière un gars un peu plus grand que moi qui avançait à un bon rythme, question de m'abriter du vent. Le panneau indiquant la fin du 2e km est arrivé assez rapidement: 3:57. J'étais donc pratiquement dans les temps après 2 km. C'était déjà ça de gagné.

Une ou deux minutes plus tard, j'ai été pris d'un sursaut d'éthique: le gars devant moi, qui avait un bonnet et portait un chandail du marathon de Philadelphie, me tirait depuis un bout, et il méritait que je lui rende la pareille pendant quelque temps. Je me suis donc placé devant lui et, à ma grande surprise, j'ai constaté que j'avais assez de gaz pour rejoindre les gens devant moi. Je l'ai fait le plus rapidement possible, question là encore de m'abriter du vent. J'ai suivi une femme pendant une ou deux minutes, pour finalement la dépasser quand j'ai constaté (Ô Horreur!) que mon rythme venait de tomber quelque part entre 4:15/km et 4:20/km.

Quelques secondes plus tard, l'homme au bonnet m'a redépassé. Comme il avait l'air en pleine possession de ses moyens et qu'il allait vite, j'ai décidé d'essayer de le suivre, ce que j'ai finalement réussi à faire jusqu'à la fin de la course. Mes temps aux km 3 et 4 ont été de 4:02 et 4:00, respectivement. Le vent de face ne m'avait donc pas trop ralenti, et j'étais optimiste pour le reste de la course, sachant que le vent serait de dos jusqu'à la dernière ligne droite sur Cavendish, laquelle va en descendant vers l'arrivée.

L'homme au bonnet et moi n'avons jamais été séparés de plus de 3 ou 4 secondes, et selon mes souvenirs nous avons dépassé plusieurs personnes. À plusieurs reprises, j'ai donné un petit coup de gaz pour éviter qu'il ne s'éloigne trop. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que si je n'avais pas eu de «meneur d'allure», j'aurais atteint Cavendish un bon 10 ou 20 secondes plus tard que je l'ai fait.

Comme l'homme au bonnet jetait régulièrement des coups d'oeil à sa montre, j'en ai conclu qu'il cherchait lui aussi à terminer sous les 20 minutes. Ça m'a un peu rassuré. Je n'avais qu'à continuer à le suivre pour terminer sous les 20 minutes!

Il a finalement réussi à me distancier de 20 ou 30 mètres dans la descente sur Cavendish, et en regardant le cadran officiel de la course j'ai compris qu'il allait falloir que je pèse sur le champignon pour réussir à terminer sous les 20 minutes. Donnant tout ce que j'avais, j'ai finalement croisé la ligne d'arrivée en 19:56, 2 secondes derrière l'homme au bonnet qui, vous l'aurez deviné, s'adonnait à être Yves Boisvert.


Mes partiels. Capture d'écran venant de mon compte Garmin Connect


Un temps de 19:56, donc. Six secondes de mieux que le mois dernier à LaSalle. D'un côté, je me dis qu'en première approximation c'est le même temps, et que je n'ai rien accompli de plus aujourd'hui qu'à LaSalle. D'un autre côté, là c'est «vraiment vrai»: j'ai finalement atteint le but un peu fou que je m'étais fixé il y a près de 5 mois.

Pour le moment, je n'ai pas la moindre idée de ce que sera ma prochaine course ou du moment où elle aura lieu, et c'est très bien comme ça. Il y a de gros bouleversements dans ma vie en ce moment, et j'ai besoin d'une petite pause de compétition. Vivement de longues sorties zen sur la montagne ou dans la nature, avant que la chaleur étouffante tombe sur Montréal...

dimanche 1 avril 2012

Aujourd'hui, 1er avril

Hé oui, nous sommes toujours le 1er avril. Il faut donc se méfier, car des gens sans scrupules peuvent profiter de cette date pour dire (ou écrire) n'importe quoi. Remarquez que certaines personnes ne se gênent pas pour dire n'importe quoi à l'année longue, mais ça, c'est une autre histoire.

Toujours est-il que mon visage a présentement l'air de ça:



Comme c'est le 1er avril, donc, on va dire que mes blessures de guerre (bien réelles, malheureusement...) ont été subies lorsque, n'écoutant que mon courage et mon sens du devoir citoyen, j'ai héroïquement porté secours à une veuve et un orphelin aux prises avec une bande de voyous qui voulaient leur dérober leurs sacs de victuailles achetées avec les dernières économies de madame. On va dire que l'un d'eux m'a surpris avec une bonne droite après que j'aie mis KO ses 5 comparses, et que je me suis relevé juste à temps pour le finir avec un coup de pied renversé qui aurait fait rougir Chuck Norris de honte.

Ouais, on va dire que c'est ce qui s'est passé, et que la pommette du bâton d'un adversaire de hockey cosom avec qui j'étais en lutte pour la possession de la balle ne m'a pas frappé à la joue, à la paupière et à l'arcade sourcilière quand ledit adversaire (qui me dépasse d'une bonne tête) a dépris la palette de son bâton de la fissure dans laquelle elle s'était fichée. Ouais. Comme c'est le 1er avril, on va s'en tenir à la première version...

jeudi 22 mars 2012

Le 5 km de LaSalle s'en vient...

Ça y est, j'ai fini par m'inscrire au 5 km de la Course et marche populaires de LaSalle, qui aura lieu dimanche prochain. Mes dernières séances d'intervalles sur piste ont montré que je ne suis pas prêt à atteindre mon objectif de faire sous les 20 minutes, j'ai mal au genou gauche à chaque fois que je cours depuis environ 2-3 semaines, et mon mental est tout sauf dur ces temps-ci, mais bon, j'y vais quand même.

En étant conservateur et en adoptant un rythme de 4:10/km dès le départ, je pourrais sans doute battre mon record absolu, qui est de 20:52 et qui date d'il y a 7 ou 8 ans. À 40 ans, ce genre «d'exploit» ne se produit pas souvent, et en théorie je devrais m'en contenter. J'ai cependant décidé de traiter la course de dimanche à la fois comme une séance d'intervalles et comme un test: je vais partir à 4:00/km et m'efforcer de tenir le rythme jusqu'à ce que je casse. Mes derniers entraînements sur piste ont été de véritables séances de torture, et courir à 4:00/km sur la route en conditions de course, entouré de tout plein de passionnés, devrait aider à changer le mal de place. Ce qui n'enlève rien au fait que j'ai probablement autant de chances de faire sous les 20 minutes que le Canadien en a de participer aux séries. Bref, si vous participez à la course ou venez y assister et que vous apercevez un gars couché en position foetale en bordure du parcours au 3e ou 4e km, vous pourrez dire: «Tiens donc, c'est Pepére».

mardi 10 janvier 2012

La minute psychanalytique

Je ne sais pas pourquoi, mais, quand je lis ceci, un vague bruit de chasse d'eau que l'on tire se fait entendre dans ma tête. Un bruit de flushage, en bon québécois.

Il y a sûrement une explication complexe et profonde à ce phénomène étrange, genre que mon inconscient essaie de me dire quelque chose. Il est vrai, après tout, que j'ai déjà vu des ratons laveurs nus.

Vraiment, il va falloir que j'en parle à mon psy.

vendredi 6 janvier 2012

Un film et une vidéo pour bien commencer l'année

Il y a plusieurs mois, j'avais écrit que j'anticipais avec impatience la sortie du film Unbreakable, de JB Benna, qui documente l'édition 2010 du Western States 100 (WS100), une course mythique dans le monde des ultramarathons sur sentiers qui a lieu à chaque année dans les Sierra Nevada, en Californie.

Il va sans dire que lorsque le DVD a finalement été mis en vente il y a quelques semaines, j'en ai commandé une copie, laquelle est arrivée chez moi le 29 décembre après avoir été expédiée le 20. Neuf jours pour traverser l'Amérique du Nord (de la Californie au Québec) et passer à la douane en plein temps des Fêtes, c'est pas pire pantoute, comme dirait l'autre.

Rendre compte d'une course qui se déroule principalement dans les bois, en terrain montagneux qui plus est, sur un parcours de 160 km, représente tout un défi. Pour cette raison, JB Benna et son équipe ont décidé de concentrer leurs efforts sur le groupe de 4 coureurs favorisés par les experts pour remporter l'épreuve: le jeune prodige espagnol Kilian Jornet, ainsi que les Américains Hal Koerner, Anton Krupicka et Geoff Roes. Koerner cherchait à remporter l'épreuve pour une 3e année de suite, tandis que les 3 autres participaient pour la première fois au WS100. Jornet est une étoile en course en montagne et en ski-alpinisme, et avait notamment, à l'âge très avancé de 22 ans au moment de la course de 2010, déjà remporté deux fois l'Ultra Trail du Mont Blanc. Krupicka, de son côté, n'avait jamais franchi le fil d'arrivée d'un ultramarathon plus bas que la première place. Quant à Roes, il avait gagné toutes les courses de 100 miles auxquelles il avait participé, établissant un record du parcours à chaque fois.

Un seul de ces 4 coureurs d'élite allait demeurer «non-brisé», d'où le titre du film.

Les 20 ou 30 premières minutes du film (qui dure 1h45) montrent les 4 favoris dans les jours précédant la course, ce qui permet de mieux les connaître et d'avoir une idée de leurs attentes et objectifs pour la course. Ce prélude ouvre aussi une petite fenêtre sur l'ambiance qui règne autour des ultramarathons sur sentiers. On constate que les ultramarathoniens d'élite sont des gens très terre-à-terre et ont entre eux des relations des plus cordiales. L'esprit sportif n'a pas encore été corrompu par les gros commanditaires et les sommes d'argent faramineuses qui viennent avec, ce qui est extrêmement rafraîchissant.

Par la suite, on a l'occasion suivre le déroulement de la course du quatuor, des sommets enneigés aux canyons de l'American River, où le soleil plombe et où règne une chaleur de plus de 40˚C. En plus des images tournées aux stations de ravitaillement, on a droit à celles captées par des caméraman-coureurs et même par Rickey Gates, meneur d'allure (ma traduction de pacer) de Kilian Jornet dans la deuxième partie de l'épreuve. L'une des séquences les plus spectaculaires a lieu aux environs de la mi-course, alors qu'un caméraman court derrière le trio de tête composé de Krupicka, Roes et Jornet pendant un descente. À un certain moment, l'Espagnol dépasse ses deux compagnons/adversaires et disparaît vers le bas de la montagne à une vitesse fulgurante. «C'est l'une des plus belles choses qu'il m'ait été donné de voir en course à pied», mentionnera Krupicka par la suite.

Cette citation de Krupicka est tirée de l'une des entrevues réalisées par Benna avec les principaux protagonistes dans les mois qui ont suivi la course. Le film est parsemé de ce genre d'extraits d'entrevues, qui complètent les images prises pendant l'épreuve et aident à en comprendre le déroulement. Question d'apporter une certaine variation dans le déroulement du film et de mieux nous faire connaître les coureurs, Benna a également inclus des flashbacks qui nous montrent les 4 favoris dans leur environnement habituel. On y apprend notamment que Hal Koerner était préoccupé par une blessure à un pied qui l'incommodait encore dans les derniers jours avant la course...

Mentionnons aussi que les commentaires captés pendant l'épreuve et provenant de meneurs d'allure, de parents et amis venus aider à ravitailler les 4 favoris, de bénévoles et d'anciennes étoiles du sport ajoutent à l'excitation et permettent de comprendre à quel point l'édition 2010 du WS100 fut exceptionnelle.

Par ailleurs, JB Benna a vraiment eu une idée de génie en mettant le récit de Gordy Ainsleigh en parallèle avec la course qui se déroule sous nos yeux. Aujourd'hui âgé de 64 ans, M. Ainsleigh est considéré comme le «père» des ultramarathons sur sentiers aux États-Unis. Malheureux propriétaire d'un cheval qui s'était mis à boiter, il s'était retrouvé dans l'impossibilité de participer à l'édition 1974 de la course annuelle de chevaux entre les villes de Squaw Valley et Auburn, sur ce qui allait devenir plus tard le parcours du WS100. M. Ainsleigh s'était alors donné comme défi de faire le parcours en courant, et de le terminer en moins de 24 heures, lui qui s'était mis à la course à pied depuis quelques mois seulement. C'est l'épopée complètement folle de M. Ainsleigh qui a mené à la création du WS100, qui fut le premier ultramarathon en sentiers à être couru chez nos voisins du sud. À plusieurs reprises dans le film, lorsque les meneurs de la course de 2010 arrivent à tel ou tel endroit, on voit une séquence dans laquelle M. Ainsleigh nous raconte une anecdote tirée de sa course de 1974 et portant sur la même partie du parcours. C'est vraiment très réussi.

Et je ne sais pas si je deviens sentimental en vieillissant, mais j'ai trouvé la fin passablement émouvante: l'arrivée du vainqueur, puis les séquences en rafale pendant lesquelles on voit des coureurs arriver et célébrer, chacun à sa façon, seul ou avec ses proches. Ça aurait facilement pu être cucul ou grandiloquent, mais il n'en est rien. En fait, j'ai trouvé que la musique et le déroulement de cette partie du film étaient parfaits.

Bref, j'ai beaucoup aimé Unbreakable, et je le conseille vivement aux passionnés de course à pied. Même les shorts blancs en spandex de Kilian Jornet n'ont pas réussi à ne pas me faire aimer le film, c'est tout dire!

Bonne année de la part de Kilian
Puisqu'il est question de Kilian Jornet, si vous n'avez pas encore vu sa superbe vidéo de bonne année 2012 (dont j'ai appris l'existence grâce au blogue de François Drouin), ça vaut la peine de la regarder:



De toute beauté et très inspirant. En plus, c'est l'excellente pièce Bittersweet Symphony, du groupe The Verve, qui sert de trame sonore. Pour une fois qu'une vidéo de trail européenne n'est pas accompagnée d'une musique techno poche, il faut en profiter!

dimanche 4 décembre 2011

Objectif au 5 km et projets de course en 2012

Courir un 5 km en moins de 20 minutes: c'est l'objectif que je me suis fixé suite à mon résultat de cette année au 10 km de la Classique du parc Lafontaine. Pour la première fois depuis que j'ai découvert le McMillan Running Calculator, je vais essayer d'aller nettement au-delà des prédictions de ce calculateur qui a démontré jusqu'à maintenant une précision surprenante (dans mon cas, à tout le moins).

Depuis l'an dernier, c'est comme si mes temps au 10 km et au 5 km jouaient à saute-mouton. À l'approche de l'édition 2010 de la Classique du parc Lafontaine, je m'étais fixé un objectif assez osé pour moi à l'époque: non seulement battre mon record de 45:37 au 10 km, qui datait de 3 ans, mais aussi passer sous les 45 minutes. L'objectif fut atteint. En entrant mon temps de 44:37 dans le calculateur McMillan, on obtenait une prédiction de 21:29 au 5 km. J'ai donc visé ce temps en mars de cette année au 5 km de la Course et marche populaires de LaSalle, terminant finalement en 21:08. Suite à cette course, le calculateur me prédisait un 43:54 au 10 km. Passer sous les 44 minutes a donc été mon objectif pour la Classique du parc Lafontaine 2011, où j'ai réussi un temps de 43:01. Mon meilleur temps au 10 km a donc repassé devant mon meilleur temps récent au 5 km. Le calculateur me prédit maintenant un 20:42 au 5 km, ce qui serait 10 secondes de mieux que mon record à vie, réussi en solo sur une piste il y a 7 ou 8 ans, à l'époque où mon régime de course était uniquement composé de 5 km sur pistes courus à pleine vitesse.

Passer sous les 20 minutes au 5 km, c'est donc un grand pas à franchir pour moi. Je suis raisonnablement convaincu qu'après environ 5 ou 6 séances d'intervalles sur piste au rythme visé, je serais capable de réussir le temps de 20:42 prédit par le calculateur. Mais pour réussir un temps de moins de 20 minutes, soit 9s/km plus rapide que 20:42 et 16s/km plus rapide que mon temps de cette année à LaSalle, je dois renforcer mes jambes. D'où mon insistance sur les sprints en côtes ces temps-ci. Et d'où mon désir de capitaliser sur la baisse récente de mes fréquences cardiaques à un rythme donné en accélérant le pas: si mon rythme de course en endurance de base devient plus rapide, ça devrait être plus facile pour moi de maintenir une allure de 4:00/km.

Je me trouve donc présentement à travailler aux deux extrémités du spectre d'entraînement coursien: l'endurance de base et les habiletés neuromusculaires (avec les sprints en côtes, et plus tard avec les sprints sur piste). Dans les prochaines semaines, je vais recommencer à travailler entre les deux en faisant des intervalles sur piste, notamment à mon rythme visé au 5 km (4:00/km - je compte sur l'adrénaline pour me faire gagner la seconde manquante le jour de la course...).

Cet objectif va occuper une bonne partie de mes entraînements cet hiver. Celui de faire sous les 1h36 au demi-marathon occupera l'autre partie, ce qui voudra dire beaucoup d'intervalles à mon rythme visé au demi, soit 4:33/km. Avec le demi hypothermique en février, le 15 km des Pichous 3 semaines plus tard, le 5 km de Lasalle à la fin mars et le Demi-marathon de Montréal à la fin avril (auquel j'aimerais enfin participer, après quelques rendez-vous manqués), ça laisse peu de place pour une préparation à un éventuel marathon au printemps. Et pas de marathon au printemps, ça veut dire pas de marathon en 2012: connaissant mon incapacité à courir dans la chaleur et l'humidité, pas question que je coure un marathon en été ou que je m'entraîne en vue d'un marathon en été, ce qui élimine la possibilité d'un marathon à l'automne. En fait, je compte prendre un repos complet ou partiel de la course en juillet et/ou en août. Ça sera le fameux repos annuel conseillé par la plupart des entraîneurs...

Bref, je semble être fait différemment de la plupart des gens: même si je cours maintenant depuis 10 ans et que je n'ai jamais fait de marathon, ça ne me manque pas et je ne me sens pas comme un coureur «incomplet». Ce qui m'intéresse avant tout, c'est de m'entraîner en vue de réussir un temps précis sur une distance donnée, et bien entendu d'apprécier la plupart de mes sorties de course. Et présentement, c'est cet objectif au 5 km qui m'allume...

samedi 22 octobre 2011

Réflexions (extrêmement pertinentes, bien entendu) pré-T3SB

1) J'aime l'acronyme que l'organisation a trouvé pour désigner le Tour des 3 sommets Brébeuf. T3SB, ça sonne un peu comme UTMB. Si je mentionne que j'ai couru le T3SB à un interlocuteur peu connaissant en course à pied et/ou distrait et/ou saoul et/ou avec des difficultés d'ouïe, ou encore si je le dis en marmonnant, on va peut-être me prendre pour un super-athlète.

2) Si je me fie au fichier des résultats du printemps, il y avait 105 participants lors de cette édition. Selon un courriel qu'on nous a envoyé mercredi, il y avait apparemment près de 420 inscrits pour demain. On parle donc d'une augmentation de la participation d'environ 300%. J'ai hâte de voir comment ces inscriptions sont réparties entre les différentes épreuves, et si l'organisation sera capable de composer avec cette croissance fulgurante.

3) Si ça vous intéresse, vous pouvez vous inscrire sur place demain matin jusqu'à une heure avant le début l'épreuve à laquelle vous aimeriez participer.

4) J'ai hâte à la course. Pour employer une expression qui est dans l'air du temps, on pourrait dire que le T3SB est un peu une patente à gosses dans le paysage des courses à pied québécoises: un parcours qui mélange l'asphalte, les sentiers, les routes de terre, les escaliers et l'ascension de (petites) montagnes, c'est plutôt rare. Disons que j'aime mieux cette patente à gosses-là que celle de Jean Charest:



5) Comme cette course est une patente à gosses, difficile de prédire un temps pour l'épreuve à laquelle je participe, le 15 km. En me basant sur mes sorties de ces dernières semaines sur un parcours de 14,7 km passant par 2 des sommets du mont Royal, j'estime que ça va me prendre entre 1h22 et 1h28. Ça va dépendre entre autres de l'état de mes mollets, qui ne sont pas encore remis de ma sortie de jeudi en Minimus sur le mont Royal. Chose certaine, je serais extrêmement surpris de faire moins de 1h15 (5:00/km) ou plus de 1h30 (6:00/km). Mais mon but pour demain est avant tout d'avoir du plaisir, de profiter d'une belle journée d'automne et d'éviter de me blesser.

6) Pas question que je mette des Kinvara demain. Leur semelle est trop épaisse pour que l'on puisse bien sentir les détails du sol sous les pieds, ce qui représente un net désavantage dans les sentiers. En plus, les Kinvara et mes pieds font de moins en moins bon ménage. De toute façon, la course en sentier ne nécessite pas autant d'amortissement que la course sur route. Il reste que le parcours est varié et qu'aucune chaussure n'est la meilleure pour toutes les surfaces. Les Minimus Trail, qui permettent aux pieds d'être près du sol, sont très agiles en sentier, notamment dans les descentes. Par contre, ce n'est vraiment pas ce qu'il y a de mieux pour descendre des côtes asphaltées à forte inclinaison comme celles qui nous attendent en fin de parcours. Les Free 3.0 seraient meilleures en fin de parcours, mais moins efficaces dans les sentiers plus techniques. Autre point à considérer: si les entiers sont bouetteux, il y a de bonne chances que la bouette s'accumule dans les fentes des semelles des Free. Bref, c'est un dilemme des plus intéressants pour le shoe geek que je suis. Pour l'instant, je penche du côté des Minmus.

7) Si mes mollets ne sont pas mieux demain qu'aujourd'hui, les réflexions du point 6 vont prendre le bord et je vais me rabattre sur les Free.

8) Bon, assez blogué pour aujourd'hui...

lundi 10 octobre 2011

Dommage que je ne sois pas un lutin

Hé oui, c'est dommage que je ne sois pas un lutin. Si j'en étais un, mes pieds seraient probablement assez étroits pour que je sois en mesure de continuer à courir avec mes Kinvara sans avoir de bobos aux orteils.

Ça faisait un bout que je sentais des douleurs au petit orteil gauche pendant les premiers kilomètres de mes sorties de course avec les Kinvara. Heureusement, tout finissait par rentrer dans l'ordre à chaque fois, et je complétais mes sorties sans encombres.

Depuis quelque temps toutefois, j'ai également mal au 4e orteil du pied gauche*, et cette douleur ne disparaît pas pendant mes sorties de course. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai fait ma séance d'intervalles de vendredi dernier avec les Free 3.0, qui sont malheureusement loin d'être optimales quand je dépasse mon rythme du demi-marathon. L'expérience avec les Free n'ayant pas été concluante, j'ai décidé d'utiliser l'une de mes paires de Kinvara pour la séance d'intervalles d'aujourd'hui, avec cette fois des bas plus minces que ceux que j'utilise normalement quand je porte les Kinvara. Je me suis dit que ça pourrait laisser plus de place à mon pied dans la chaussure, ce qui allait peut-être diminuer la douleur.

Erreur! La douleur était un peu plus forte que d'habitude, et une fois l'adrénaline des tours rapides retombée, je me suis rendu compte qu'elle était assez intense pour me forcer à modifier légèrement ma foulée, que ce soit à la course ou à la marche. Et ce soir, j'ai un quart de cercle de peau rouge qui s'étend du côté latéral (extérieur) de l'orteil, environ à égalité avec la fin de l'ongle, jusqu'au devant de l'orteil. Heureusement, l'ongle ne semble pas touché par ce qui a tous les airs d'un hématome. Je ne devrais donc pas le perdre...

Mais c'est tout se même gossant, d'autant plus que ce soir c'est même douloureux quand je marche nu pieds. Avec un peu de chance, je ne manquerai pas de sorties de course dans la bonne fraîcheur automnale qui va bientôt revenir.

Mais suite à cet incident, une question me tarabuste: avec quelles chaussures vais-je courir le 10 km de la Classique du parc Lafontaine? Je doute que mon orteil soit suffisamment rétabli d'ici à dimanche pour que je puisse courir sans douleur avec les Kinvara. Les Free 3.0, comme je l'ai mentionné plus haut, n'absorbent pas très bien les impacts au sol quand je cours sous les 4:30/km, ce qui me causerait des problèmes en 2e partie de course. Quoique avec des jambes fraîches, on ne sait jamais, ça pourrait peut-être bien aller... Et les Minimus, elles, m'ont sérieusement magané les mollets quand j'ai couru près de 15 km avec elles mercredi dernier.


Laquelle de ces presque belles m'accompagnera au 10 km du parc Lafontaine?


Bref, mon choix de chaussures pour dimanche va dépendre de l'état dans lequel sera mon orteil dimanche matin. Il n'est pas exclu non plus que j'essaie de modifier (ou de faire modifier ) ma plus vieille paire de Kinvara, question de «libérer» mon orteil de toute contrainte. Ça vaut sûrement la peine de tâter le terrain auprès d'un cordonnier...

*À noter que tout ceci est probablement la faute des chaussures minimalistes avec lesquelles je cours: en libérant le pied des contraintes que lui imposent les chaussures «traditionnelles», les chaussures minimalistes comme la Free 3.0 ou la Minimus Trail font en sorte qu'il s'élargit.

samedi 24 septembre 2011

Des nouvelles (suite)

Mon kit de course est sorti, et mon dossard est épinglé sur le t-shirt que je porterai demain matin. Si la tendance se maintient, donc, je serai parmi les quelques milliers de coureurs fébriles, heureux, impatients ou nerveux (ou tout ça à la fois) qui se tiendront sur le pont Jacques-Cartier peu avant 10h30 demain matin dans l'attente du départ du 21,1 km du Marathon de Montréal. Les retrouvailles avec mes potes du hockey cosom, et surtout la nouvelle de la sortie de ma mère de l'hôpital, m'ont revigoré.

Selon toute vraisemblance, je prendrai donc le départ. Ensuite, c'est le soleil qui fera foi de tout. Selon mon évaluation toute personnelle et subjective, la radiation directe du soleil sur le corps humain, ainsi que l'absorption de chaleur par l'asphalte des rues et les toits des immeubles, augmentent la température ressentie d'environ une quinzaine de degrés en ville par rapport à une journée nuageuse (l'absorption de la chaleur du soleil par l'asphalte et les toits cause bien entendu une augmentation réelle de la température environnante, mais bon, il est tard, laissons faire les nuances...). Armé de ma carte d'accès aux transport en commun, il me sera facile d'abandonner quand (et si) bon me semblera.

Je ne vois pas un abandon potentiel comme un manque de courage ou de volonté. Ou si, c'est en effet un manque de volonté, la volonté de prolonger une expérience qui ne me procure absolument aucun plaisir et qui peut même être néfaste pour ma santé. La nature des malaises qui m'ont affecté cet été dans des conditions de chaleur, d'humidité et de smog, ainsi que la prévalence de maladies coronariennes des deux côtés de ma famille, me poussent à la prudence. Être en bonne forme physique augmente les chances d'être en santé, mais n'immunise pas contre la maladie.

Côté performance, je ne m'en fais pas trop: mon grand total de 48 km au cours des deux dernières semaines? Pffft! Mon 0 km d'intervalles depuis 2 semaines? Je m'en fous. La rareté de mes longues sorties depuis 2 mois? Pas de problème! Mes jambes et mes abdominaux obliques qui risquent de se ressentir de l'heure et dix passée à jouer au cosom aujourd'hui, de cette reprise cosomienne après plus de 5 mois d'arrêt? Pas grave, puisque tout indique que le soleil va se pointer pendant ma course, et que je ne terminerai pas s'il se pointe.

Bref, j'ai payé environ 80$ pour m'inscrire, et je vais aller chercher tout ce que je peux demain matin (fébrilité pré-course, «communion» avec des milliers d'autres passionnés). Ça durera le temps que ça durera.

Et même s'il y a peu de chances que ce texte soit lu avant les différentes courses de demain, je souhaite tout de même bon succès aux coureurs-blogueurs qui seront en action demain matin.

vendredi 23 septembre 2011

Des nouvelles

J'ai été moins présent sur les interwebs ces derniers temps. Mon envie de bloguer a pris le bord. La course à pied et l'entraînement en général ont aussi pris le bord. En fait, tout prend le bord dans notre vie quand certains bouleversements se produisent. Je ne crois pas qu'il existe quoi que ce soit qui puisse nous préparer à faire face à la détresse extrême d'un être cher, et à la possibilité bien réelle de la perte de cet être dans un avenir rapproché.

Quand une telle situation survient, des barrières tombent entre le malade et les proches, et entre les proches. Des gestes se posent, des choses se disent, qui sont ordinairement inhibés par je ne sais quelle pudeur.

Dans les circonstances, les nouvelles sont encourageantes dans le cas de ma mère: elle reprend des forces après un double pontage coronarien, et il lui reste «seulement» à se faire enlever une tumeur cancéreuse à l'intestin. Heureusement, nous avons appris hier que le chirurgien pourra procéder par laparoscopie.

Comme je le mentionnais plus haut, la course à pied a tombé assez loin dans ma liste de priorités. J'ai tout de même fait quelques sorties dans les côtes et les beaux paysages chicoutimiens. Je suis de retour à Montréal aujourd'hui, mais pour l'instant j'ai infiniment plus envie d'aller courir tranquillement sur le mont Royal que d'aller me faire chier dimanche dans un demi-marathon couru sous le soleil de midi par un humidex de 32. Je ne crois pas avoir assez d'énergie physique ou mentale pour la 2e option présentement.

Image tirée du site de Météomédia.


Je vais aller chercher mon t-shirt à l'expo-marathon et, qui sait, si la température n'est pas trop pire le matin, je pourrais aller prendre le départ pour profiter un peu de l'ambiance d'avant-course, qui sera sans aucun doute électrisante. Mais finir? Les choses peuvent changer d'ici dimanche, mais en ce vendredi après-midi il n'en est pas vraiment question.

mercredi 31 août 2011

Désirs coursiens et réalité

Ce soir, j'ai fait ma longue sortie de course de la semaine, question d'éviter l'humidex de 35 que Météomédia prévoit pour samedi à Montréal. Un 21,6 km sur un parcours relativement plat, avec deux intervalles de 2 km à mon rythme visé au demi-marathon (DM). Le fait que j'inclus encore des sorties de plus de 20 km dans mon régime de course, avec des intervalles DM en plus, alors que la seule course à laquelle je suis inscrit est le 10 km de la Classique du parc Lafontaine, montre que j'ai quelque chose en tête.

Ce «quelque chose», c'est une participation au 21,1 km du Marathon de Montréal le 25 septembre. Les lecteurs réguliers de ce blogue savent que j'avais l'intention de courir mon premier marathon ce jour-là. Malheureusement, l'été particulièrement chaud et humide qui a sévi à Montréal, ainsi qu'un possible problème de santé pepérien, ont contrecarré mes plans. Il reste que depuis des mois j'avais dans l'idée que je ferais «partie de la fête» le 25 septembre, au même titre que les milliers de coureurs qui participeront aux différentes épreuves de la course montréalaise. J'avais d'autant plus hâte que je n'ai pas participé à une course organisée depuis le 27 mars à LaSalle...

Comme je considère qu'un volume d'entraînement hebdomadaire d'une soixantaine de kilomètres est suffisant pour me permettre de faire bonne figure (à mon échelle de talent toute relative, bien entendu) au demi-marathon, je trouve que c'est une bonne solution de rechange pour un Pepére en manque de communion coursienne.

Ça, c'est mon désir coursien. Dans la réalité, il y a cependant quelques problèmes:

1) Mon niveau d'énergie est toujours bien ordinaire. Quel que soit le problème qui m'affecte cet été, les choses ne sont toujours pas revenues à la normale. Par exemple, pendant que j'attendais que ma Garmin établisse le contact avec les satellites, avant ma longue sortie de ce soir, ma fréquence cardiaque a brièvement descendu à 69 battements par minutes (bpm). Cette valeur est un peu plus basse que les 72-74 bpm que j'observais depuis quelques semaines, mais nettement plus élevée que la plage 58-62 bpm que mon coeur «réussit» à atteindre en temps normal au bord d'une rue achalandée (debout tranquille chez moi, ça peut descendre à 52-53 bpm, et même parfois sous les 50 bpm quand je suis dans une bonne journée). Bref, une mesure quantitative et les sensations que je ressens pendant que je cours m'indiquent que ce n'est pas la grande forme ces temps-ci.

2) Bonne forme ou pas, je suis inscrit au 10 km du parc Lafontaine, qui aura lieu le 16 octobre, soit 3 semaines après le marathon de Montréal. Bonne forme ou pas, j'ai comme objectif non seulement de battre mon record personnel de 44:37 au 10 km, établi à l'édition 2010, mais aussi de descendre sous les 44 minutes. Comme j'ai été plus de 4 mois sans faire d'intervalles sur piste, notamment à cause d'une blessure au pied gauche, j'ai besoin de faire autant de séances d'intervalles sur piste que possible d'ici au 16 octobre. Or, une participation au demi le 25 septembre, en plus d'être énergivore, me ferait perdre au minimum une séance d'intervalles. Pas sûr que je peux me permettre ça si je veux atteindre mon objectif le 16 octobre...

3) Le volume d'entraînement pour un demi-marathon est à peu près là, mais j'ai fait très peu d'entraînement de qualité cet été: en plus de ne pas avoir fait d'intervalles sur piste, j'ai fait très peu d'intervalles DM. J'ai passé l'été à me traîner et à essayer d'augmenter mon kilométrage en prévision de mon marathon avorté.

4) Le départ du demi de Montréal est donné à 10h30. Le soleil sera donc pratiquement à son plus haut dans le ciel pendant la course. Considérant que l'été 2011 est exceptionnellement chaud et humide, et que mon corps démontre une intolérance totale à la chaleur et à l'humidité cette année, il n'est pas si improbable que ça que je sois incommodé par la chaleur si je participe au demi. Je ne tiens pas particulièrement à courir ce risque...

Et qu'on ne vienne pas me dire que je pourrais participer tout en me ménageant et en n'essayant pas de faire le meilleur temps possible! Pour moi, une course ça sert à se tester, et c'est la combinaison de l'espèce de communion qu'on ressent avec les autres personnes présentes et de la nervosité et la fébrilité d'avant-course («est-ce que je vais atteindre mon objectif ou me casser la gueule?») qui rend ces grands rassemblements si intéressants. Tant qu'à courir de façon conservatrice et pépère, aussi bien faire une longue sortie tout seul avec moi-même. En plus de ne rien débourser, je pourrais choisir l'heure et le parcours de ma sortie...

Bref, je vais continuer d'attendre, question de voir si je réussirai à prendre du mieux d'ici au 25 et si la météo évolue dans le bon sens. Mais je suis conscient que d'autres pourraient prendre la décision à ma place: en date du 30 août, il restait moins de 900 places disponibles pour le demi-marathon.

Ah oui, et je songe aussi à m'inscrire au 15 km du Tour des 3 sommets Brébeuf. J'ai en tête de faire les 3 sommets du mont Royal en une seule sortie depuis l'automne dernier. Depuis quelques semaines, il m'arrive régulièrement de «conquérir» le sommet principal et la colline Outremont au cours d'une même sortie. Quelle meilleure occasion qu'une course organisée pour réussir le tour du chapeau pour la première fois? Le Tour des 3 sommets a lieu une semaine seulement après la classique du parc Lafontaine, mais pour cette cette course atypique ça ne me ferait rien d'y aller un peu plus mollo...

dimanche 21 août 2011

Bilan de la semaine du 14/08/2011

La dernière semaine s'est relativement bien passée côté musculation. En fait, j'ai même repris du poil de la bête depuis ma petite pause de course à pied. Parlant de la course, ce fut une semaine de hauts et de bas...

Dimanche: Musculation.
Lundi: Sortie de course dans le parc du Mont-Royal et autour, à peu près sur le même parcours que la semaine précédente. Seule différence: j'ai redescendu le sommet Outremont par le campus de l'Université de Montréal. Une belle sortie, pendant laquelle j'avais l'énergie pour pousser (ce qui n'est pas arrivé souvent depuis le début du mois de juillet), notamment lors de la montée vers le sommet Outremont. 14,8 km en 84:28. FCmoy=139/min, FCmax=162/min.
Mardi: Musculation.
Mercredi: Sortie de course de 10,4 km sur un parcours plat, sous le soleil et avec un humidex de 27. Comme j'ai maintenu un rythme de 5:00/km dans les 2-3 premiers km sans même essayer (aidé par l'amortissement de la semelle des Kinvara, que je ne mets plus très souvent), j'ai décidé d'en faire un objectif pour cette sortie. C'est toutefois devenu de plus en plus difficile en 2e moitié de sortie, si bien que j'ai fini par me taper un mini-coup de chaleur. Il faut dire que j'ai fait preuve d'une certaine stupidité en maintenant un rythme dans les 4:40/km pendant les 5-6 premiers km, avec des pointes dans les bas 4:30/km, sans chercher à me ralentir dans ces conditions météo qui ne me sont vraiment pas avantageuses. Vers la fin du 9e km, je me suis mis à geler, ce qui n'est jamais bon signe... Au moins, j'ai réussi à terminer avec un rythme moyen de 4:54/km. Temps: 51:05. FCmoy=154/min, FCmax=166/min.
Jeudi: Séance d'intervalles sur piste, ma première depuis le 4 avril! Malheureusement, ça ne s'est pas très bien passé: après 3 intervalles sur les 6 prévus, je ne me sentais pas très bien et j'ai décidé de faire une petite pause. Après quelques minutes de marche, il n'y avait pas d'amélioration, ce qui m'a décidé à mettre fin à la séance. J'ai eu le temps de faire 5 tours (920 m) à mes rythmes du demi-marathon, du 10 km et du 5 km (basés sur les résultats obtenus en entrant mon temps de 21:08 du 5 km de LaSalle dans le calculateur McMillan). J'ai raté mes temps pour les intervalles 10-k et 5-k de 1s et 2s, respectivement, après des départs canons. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette petite mésaventure: le fait que c'était ma première séance d'intervalles en plus de 4 mois, mon mini-coup de chaleur de la veille, le peu d'absorption des semelles de mes Free 3.0, que j'utilisais pour la première fois pour faire des intervalles sur piste, et finalement la piètre qualité de l'air (voir plus bas). Pour le dernier point, même si j'ai couru dans un gymnase climatisé, les particules fines en suspension dans l'air ne sont pas arrêtées par les filtres des bâtiments. Distance totale parcourue: 5,9 km. FCmoy=142/min, FCmax=160/min.
Vendredi: Musculation.
Samedi: A-rien. En raison du temps chaud et humide, j'ai décidé de remettre ma longue sortie au lendemain. Finies, les souffrances inutiles...

En somme, 31,1 km de course à pied et 3 séances de musculation.

J'ai tiré une conclusion importante de mon mini-coup de chaleur de mercredi, une journée chaude et humide qui faisait suite à de fortes averses: les malaises que j'ai ressenti pendant la plupart de mes sorties de course depuis le début juillet ne sont pas causés par la chaleur, mais probablement par la pollution de l'air, qui est plus importante l'été, en particulier en période de canicule et en l'absence de pluie. En effet, même si je ne me sentais pas très bien pendant les derniers kilomètres de ma sortie de mercredi, les sensations étaient nettement différentes des malaises que j'ai ressentis cet été. Mercredi, je n'avais pas l'impression de manquer d'air, comme ça m'est arrivé presque à chaque fois que j'ai couru en juillet, et même parfois quand je marchais! Je n'avais pas non plus de sensation d'oppression dans la gorge, la poitrine ou le diaphragme.

Également, ma fréquence cardiaque est allée en augmentant pendant ma sortie, comme il se doit lorsque le corps travaille fort pour garder sa température constante. Tout le contraire de ces derniers temps, alors que que mes fréquences cardiaques demeuraient très basses même si je me sentais dans les vaps.

Qu'y avait-il de différent mercredi par rapport aux journées de canicule de juillet? Les fortes averses de la veille, qui avaient amené au sol les particules fines en suspension dans l'air! J'ai d'ailleurs cru déceler, ces derniers temps, une corrélation entre mes problèmes et la pollution de l'air. Certains jours, j'ai même l'impression de manquer d'air quand je marche à ma vitesse habituelle (plutôt vite...).

Au risque de faire un M. Caron de moi-même, je mentionne que l'asthme et les maladies cardiaques figurent parmi les problèmes de santé qui sont aggravés par la pollution de l'air. Il y a d'ailleurs des antécédents de maladies cardiaques dans ma famille proche. Ça vaudrait la peine que je passe des examens éventuellement. En attendant, voici une petite vidéo de Pepére à la caisse pop:



jeudi 11 août 2011

Une petite pause

Je n'ai pas seulement pris une pause de blogue ces derniers temps: j'ai aussi mis la pédale douce pour la course à pied. Ce qui devait être ma course principale pour cet automne, le marathon de Montréal, a donc forcément pris le bord.

La raison de cette pause? C'est gênant de l'admettre, mais c'est probablement la chaleur et l'humidité de l'été montréalais! J'écris «probablement», parce qu'il y a peut-être d'autres facteurs, comme par exemple ma thyroïde qui ferait encore des siennes, le manque de sommeil et le stress, qui ont aussi contribué à l'état de fatigue générale et de démotivation totale dans lequel je me suis retrouvé.

Les quelques lecteurs réguliers de ce blogue savent qu'en temps normal j'adore courir et que je suis très assidu dans mes entraînements. De plus, toujours en temps normal, je passe un temps non négligeable à lire des blogues et des articles portant sur la course à pied. Dans les dernières semaines avant ma pause, alors que j'étirais l'élastique au maximum dans l'espoir de «sauver» ma participation au marathon, la course à pied était devenue une corvée qui ne me procurait plus aucun plaisir, et je n'avais pas du tout envie de lire quelque texte que ce soit portant sur la course. Mais c'est seulement quand j'ai réalisé que ça aurait presque fait mon affaire de me blesser que j'ai commencé à songer sérieusement à arrêter.

J'écris ceci et je me trouve cave de ne pas avoir arrêté avant. Le problème, c'est que dans ma tête, c'était uniquement un problème d'acclimatation à la chaleur. Or il y en a à la tonne, des M. et Mme Tout-le-monde qui s'entraînent pendant l'été, s'adaptent à la chaleur et participent à la course à laquelle ils s'étaient donné comme objectif de participer. Pourquoi n'aurais-je pas pu faire comme tout le monde?

En partant, j'ai probablement une capacité d'adaptation à la chaleur de beaucoup inférieure à la moyenne (quoique c'est quelque chose de difficile à mesurer). Et je me demande si la pollution ne joue pas aussi un rôle. Toujours est-il que depuis mon arrivée à Montréal en 2005, la chaleur estivale me pose problème, alors que j'étais beaucoup moins incommodé quand je vivais à Sherbrooke, ville aux températures comparables à celles de Montréal mais à l'air beaucoup moins pollué. Selon mes super archives, j'en ai arraché au point d'arrêter de courir ou de diminuer mon kilométrage à peu près à la même période en 2006, 2008 (mes problèmes de thyroïde ont commencé cet été-là) et 2009. En 2007, j'étais parti en vacances juste au bon moment... Bref, il y a un pattern.

Ajoutez à cela un été 2011 particulièrement chaud et humide, de nombreuses nuits de 4 ou 5 heures de sommeil, ainsi que d'importantes sources de stress, et vous obtenez un cocktail qui n'est pas très bon pour la santé. Dans ces conditions, essayer d'atteindre mon volume de course le plus élevé à vie dans l'espoir de participer à mon premier marathon n'était probablement pas une bonne idée...

Si j'y tenais absolument, je pourrais sans doute participer au marathon de Montréal avec un volume d'entraînement réduit, aux alentours de 50-60 km. Ce serait toutefois me condamner inutilement à de grandes souffrances, et le masochisme n'est pas mon fort. De plus, je me suis blessé à la bandelette ilio-tibiale droite en participant à mon premier 10 km en 2005, et plus tard à mes premiers demi-marathons, à chaque fois parce que mon volume d'entraînement était insuffisant. Mon désir de courir un marathon n'est pas assez fort pour que je prenne le risque de me blesser encore une fois.

Aujourd'hui, j'ai fait ma 3e sortie de course en 13 jours, la plus longue depuis que j'ai tiré la plogue sur ma participation au marathon. Il faisait 21˚C, avec un beau soleil et un taux d'humidité civilisé. Et la pluie des derniers jours avait amélioré la qualité de l'air. Pour la première fois depuis des lustres, je me sentais bien en courant, à tel point que j'ai décidé de prolonger un peu ma sortie et de me taper un 2e sommet du mont Royal (celui d'Outremont). Pour la première fois depuis plusieurs semaines, je me suis senti «nettoyé» par une sortie de course.

Je ne m'impose pas de pression et je vais changer mes plans assez vite si je vois que je ne m'amuse pas, mais pour l'instant j'ai le 21,1 km du marathon de Montréal et le 10 km du parc Lafontaine (avec un objectif de temps bien précis, ça fait partie du plaisir) dans ma mire...

vendredi 1 juillet 2011

Les faits et gestes de Youppi

Le billet d'aujourd'hui ne porte pas sur la course à pied ou le sport en général, mais plutôt sur ce que je considère comme une énorme lacune chez les médias cet été: le silence total sur les faits et gestes de Youppi.

Pour les incultes parmi vous, Youppi est l'ancienne bien-aimée mascotte des défunts Expos de Montréal et actuelle bien-aimée mascotte des Canadiens de Montréal. Pourtant, que ce soit dans les journaux, sur internet, à la télévision ou à la radio, rien ne transparaît sur les faits et gestes actuels de ce personnage de la toute première importance.


Youppi est celui qui se trouve à gauche sur la photo. À droite, c'est Bob Gainey. Image via CBC Sports.


Que sait-on vraiment sur les allées et venues de Youppi et de sa conjointe, Youppette? Pas grand chose, car les médias passent sous silence ce sujet vital, crucial pour la survie de la planète, que dis-je, de l'Univers. Les médias doivent se reprendre, et vite, et nous informer sur les questions suivantes: Youppi et Youppette sont-ils mariés? Si oui, quelle robe portait Youppette lors de la cérémonie? Comment était habillée sa dame d'honneur, et lui a-t-elle volé la vedette? Où Youppi et Youppette sont-ils allés en voyage de noces? Youppi et Youppette vont-ils faire une tournée du Canada (aux frais des contribuables, bien entendu), et si oui, où iront-ils? Assisteront-ils à l'assermentation de nouveaux Canadiens? Rencontreront-ils le Premier sinistre, euh, pardon, ministre, Harper? ILS NOUS FAUT SAVOIR!

J'exige, à chaque fois que j'ouvre la radio ou la télé, d'être informé immédiatement, sans délai, sur toutes ces questions nécessaires à la poursuite de ma vie et de celles de mes concitoyens. Je veux savoir qui va chanter pour Youppi et Youppette, qui leur prépare à manger et organise des banquets en leur honneur (toujours aux frais des contribuables, bien entendu), et je veux que la télévision d'État interviewe tout ce monde-là pour qu'ils nous livrent leurs impressions. J'exige que tout le monde puisse voir des images en direct et en reprise de l'arrivée de Youppi et Youppette à Ottawa et de chacune des étapes de leur voyage, comme les bains de foules, par exemple. Je veux voir des bouts d'entrevue avec des sujets de Youppi et Youppette qui ont eu l'insigne honneur de les voir en personne ou, encore mieux, de leur serrer la main. La survie de l'humanité en dépend.

Voilà. Une chance que je suis là pour dire les vraies affaires.

lundi 27 juin 2011

(Fracture de?) stress

Tel que mentionné dans mon bilan de la dernière semaine, je me suis mis à sentir une douleur du côté médian (intérieur) du pied droit après ma longue sortie de course de samedi. Plus précisément, la douleur est localisée au niveau de la tête du premier os métatarsien, tout près du gros orteil. Cette zone est assez sensible au toucher, et ça fait mal quand je marche. La douleur n'est pas suffisante pour me faire boiter, mais quand je procède par élimination pour en déterminer la cause, la conclusion n'est pas rassurante.


Image: Wikipédia


Premièrement, je n'ai pas d'ecchymose ou même de rougeur là où ça fait mal. Je ne me suis donc pas cogné le pied, et la douleur n'est pas non plus causée par le frottement du pied sur ma chaussure de course. L'empeigne de la Free 3.0, à cet endroit comme pas mal partout ailleurs, ne comporte d'ailleurs pas de pièce ou structure rigide qui aurait pu exercer une pression sur mon pied.

Deuxièmement, ça ne fait pas mal quand je bouge mes orteils, ce qui me laisse croire que mes muscles, tendons et ligaments sont intacts. La seule façon pour moi de ressentir de la douleur, c'est de marcher, et surtout d'appuyer sur la zone sensible

Si je n'ai pas de bleu, que rien ne frottait sur mon pied, et que mes tissus mous sont intacts, quelle possibilité reste-t-il alors, sinon un problème avec l'os, et donc une fracture de stress? Comme je l'ai mentionné dans mon dernier billet, les Free 3.0 sont loin d'être parmi les chaussures les plus coussinées, et c'était la première fois que je faisais ce parcours avec elles. Et les descentes, sur Sunnyside et Victoria, tapent fort. Il n'y a qu'à regarder le graphique du dénivelé, tiré de mon compte Garmin Connect:


Ça descend à pic en titi: une inclinaison moyenne d'environ 7% sur environ 2 km!


Ça se pourrait très bien que j'aie souffert de ce que les Chinois appellent le syndrome TMTS (too much too soon). Dans mon cas, ce serait une augmentation trop rapide de mon volume de course après mon retour à la course suite à ma blessure au pied gauche. Et trop, trop tôt avec mes Free 3.0, en plus sur mon parcours le plus stressant pour le corps.

Une partie de moi a envie de me traiter d'idiot, mais je trouve que j'ai tout de même fait preuve de prudence: pas une fois je n'ai senti de douleur à cet endroit à la suite de mes sorties précédentes. Quand j'ai commencé à courir avec mes premières Kinvara, j'ai toujours écouté les signaux que m'envoyaient mes mollets et tendons d'Achille: quand ça faisait mal, je retournais à mes GT-2150, je faisais des parcours plats, je n'exagérais pas au niveau du kilométrage. Et je pense avoir fait preuve du même niveau de prudence avec les Free 3.0. Avant samedi, je le répète, je n'avais JAMAIS senti de douleur à l'endroit qui me pose problème actuellement.

J'avais déjà prévu de ne pas faire faire du sport hier, et je m'en suis tenu à mon plan. Aujourd'hui, j'étais censé aller courir, mais je m'en suis abstenu. Pas que ça faisait assez mal pour m'empêcher de courir, mais si c'est une fracture de stress, aussi bien ne pas l'aggraver pour rien. Au moins, je ne ressens presque plus de douleur quand je marche nu-pieds. C'est un peu plus douloureux avec des chaussures, et bien entendu, ça fait mal quand je touche. La sensibilité au toucher est d'ailleurs l'un des critères qu'utilise Tim Noakes, médecin, chercheur en médecine sportive et auteur de la brique Lore of Running, pour diagnostiquer une fracture de stress (pp. 810-816 de la 4e édition). Un autre critère que ma blessure rencontre, c'est celui de la déclaration soudaine, sans signe avant-coureur. La guérison de la blessure avec du repos (au bout d'environ 6 semaines dans le cas d'une fracture à un os d'un pied d'après Noakes) est un critère inutile pour l'instant.

Le seul signe qui m'encourage, c'est que je suis capable de sautiller sur mon pied douloureux sans que ça fasse mal, ce qui, selon Noakes, n'est généralement pas le cas pour quelqu'un qui souffre d'une fracture de stress. Mais bon, ma fracture, si c'en est une, en est peut-être à un stade très peu avancé. Raison de plus pour ne pas courir dessus et l'aggraver inutilement. Je pourrais peut-être m'en tirer à bon compte...

Pour l'instant, ça serait sans doute une perte de temps d'aller consulter, puisque les rayons-X ne font rien ressortir dans les premières semaines qui suivent une fracture de stress. Dans les circonstances, je ne vois pas l'utilité d'aller passer des heures dans la salle d'attente d'une clinique sans rendez-vous dans le but de rencontrer un médecin généraliste qui pourrait me référer à un spécialiste. Qui sait, la douleur pourrait disparaître plus vite que je pense, et je me serais inquiété pour rien...

Si, en vous basant sur votre expérience personnelle ou sur vos propres déductions, vous arrivez à un autre diagnostic ou avez quelque chose à ajouter, n'hésitez pas à vous manifester, chers interwebbeurs!

vendredi 10 juin 2011

Fourre-tout du vendredi soir

Pieds en expansion cherchent chaussures minimalistes miséricordieuses pour longues sorties de course et plus si affinités

Je croyais avoir trouvé, dans les Kinvara, des compagnes pour un hypothétique marathon: légères, confortables, mais comportant assez de coussinage pour accommoder une foulée dégradée par la fatigue musculaire (lire: avec atterrissage sur les talons) dans les derniers kilomètres du marathon. Malheureusement, je sens mes pieds de plus en plus en plus à l'étroit dans mes Kinvara, que j'ai sans doute achetées une demi-pointure trop petites. Les douleurs que je ressens au petit orteil gauche durent même de plus en plus longtemps quand je chausse mes Kinvara (après quelques kilomètres de course, la douleur finit par disparaître).

Deux hypothèses pourraient expliquer mon inconfort grandissant avec les Kinvara: ou bien je me suis habitué à courir avec mes Nike Free 3.0, qui sont plus larges que mes Kinvara, ou bien mes pieds ont élargi à force d'évoluer dans des chaussures de course moins contraigantes, tel que semblent le suggérer des études récentes et les récits de certaines personnes.

Toujours est-il que même si je vis présentement une véritable histoire d'amour avec mes Free 3.0, je ne me sentirais pas encore assez à l'aise pour courir 42,195 km avec ces chaussures qui pardonnent très mal un atterrissage sur les talons. D'où le titre de la présente sous-section. Et au fait, si quelqu'un est intéressé à acheter une paire de Kinvara de pointure 9 pour hommes qui n'a pas encore servi, j'en ai une à vendre au prix que je l'ai payée, c'est-à-dire presque 2 fois moins cher que le prix de vente au Canada... Ça pourrait intéresser ceux qui chaussent normalement du 8 1/2...


On sait qu'on aime courir quand...

...on reste 20 minutes dans un abribus à attendre qu'un violent orage électrique passe pour pouvoir courir les 7 derniers kilomètres prévus à sa sortie simplement parce que ça nous tente de recommencer à courir, ignorant du coup les quelques autobus qui auraient pu nous ramener de façon sécuritaire vers chez soi. Ce n'est que la 2e semaine de mon nouveau régime de 5 courses/semaine et j'y ai déjà pris goût. À 5 sorties/semaine, c'est comme si l'arrangement par défaut était «aujourd'hui, je cours», avec 2 journées de non-course par semaine. Lors de ces journées de repos, la course me manque, et je suis tout content de retrouver ma dose d'endorphines les journées suivantes.

Je pense que le fait d'avoir été blessé récemment aide à me faire apprécier encore plus qu'avant le plaisir simple, primitif de courir. Ne pas avoir de «compétition» à mon calendrier me laisse également beaucoup de liberté dans mes choix d'itinéraires et de rythmes de course, ce qui m'aide à me concentrer sur la joie du «ici» et du «maintenant» pendant que je cours.

Pendant les 2 prochains mois, je prévois augmenter graduellement mon volume d'entraînement jusqu'à 80 km/semaine. Si mon corps tient le coup (mon pied gauche, en particulier), alors seulement je m'inscrirai au marathon de Montréal. À suivre...


J'ai hâte de voir ce film

Le Western States 100 (on parle ici de miles, soit 160 km) de l'an dernier a été une course mémorable. Trois ultramarathoniens de calibre international, les Américains Anton Krupicka et Geoff Roes ainsi que l'Espagnol Kilian Jornet, s'étaient suivis pas à pas pendant une bonne partie de l'épreuve, jusqu'à ce que Roes se mette à prendre du retard en raison d'une baisse d'énergie. Quelques heures plus tard (!), Roes avait retrouvé ses repères et fait une remontée fulgurante pour coiffer Krupicka, qui avait entretemps semé Jornet, avec environ 10 miles à faire. Roes et Krupicka avaient tous les 2 battu l'ancien record de la course.

Le cinéaste JB Benna a eu l'excellente idée d'aller sur place pour documenter le tout et d'en faire un film, dont voici la bande-annonce:




Et une petite vidéo tirée du film, dans laquelle Roes parle de sa remontée:




Je me souviens d'avoir lu avec intérêt les compte-rendus de Roes et de Krupicka. Idéal pour les journées pluvieuses...

vendredi 1 avril 2011

Encore des nouvelles chaussures de course...

Ça commence à devenir gênant. Ceux qui suivent ce blogue depuis au moins quelques mois savent que les chaussures de course occupent une part importante de mes pensées coursiennes. Depuis l'automne dernier, je me suis acheté 3 paires de Kinvara et une paire de Nike Free 3.0. Comme si ce n'était pas assez, de nouvelles chaussures ont fait leur entrée il y a quelques semaines dans ma rotation! Jusqu'à aujourd'hui, la gêne m'avait empêché d'en glisser un mot dans mon blogue. Mais bon, puisque ces nouvelles chaussures feront partie de ma rotation de façon permanente, aussi bien en parler. Et il y a tout de même un facteur atténuant: je n'ai rien déboursé pour commencer à les utiliser! Explications ici-bas.

En tant qu'adepte (non fanatique) du mouvement minimaliste en course à pied, je suis à la recherche de chaussures qui, en plus d'être légères, souples et d'avoir le talon le moins surélevé possible, permettent au pied de respirer convenablement. Cette dernière caractéristique va prendre encore plus d'importance au cours des chaleurs de la saison estivale qui s'amène à grands pas. Dernièrement, alors que je mettais un peu d'ordre dans mon garde-robe d'entrée, je suis tombé sur mes sandales Merrell et une idée saugrenue m'est venue: pourquoi je n'essaierais pas de courir avec elles? Bien que cette idée puisse paraître ridicule à première vue, je me souvenais des quelques fois où j'avais dû courir pour attraper un métro avec ces sandales l'an dernier. J'avais alors été surpris de voir que ça courait somme toute pas si mal.

Cependant, le fait que les Merrell permettaient de sprinter de façon potable ne permettait pas de conclure qu'elles feraient l'affaire sur des distances moyennes ou longues. Il y avait notamment la question des ampoules, qui peuvent mener à des blessures assez emmerdantes quand on ne fait pas attention (ou qu'on fait preuve, comme moi l'été dernier, d'une relative stupidité).

Toujours est-il qu'il y a environ 3 semaines, j'ai profité du redoux pour aller essayer les Merrell dans une boucle de 2 km dans les rues de mon quartier. Pas d'irritation à signaler, à part une petite rougeur au gros orteil. J'ai néanmoins décidé de compléter ma sortie avec une de mes paires de Kinvara, question de ne pas trop pousser ma chance.

Le seul hic avec ce premier essai, c'est que la température était encore un peu froide pour se promener les pieds à l'air. En plus, je ne souhaitais pas que les restes de neige entrent directement en contact avec ma peau. J'ai donc dû appeler une paire de bas de laine en renfort pour les sorties subséquentes:


Au cours des deux dernières semaines, j'ai graduellement augmenté la portion «Merrell» de mes sorties, allant jusqu'à me taper un 10 km vendredi dernier. Verdict? À part quelques petites rougeurs aux deux pieds, il n'y a rien à signaler. Ça va bien, il n'y a aucune ampoule en vue.

Côté performance, les Merrell sont tout à fait surprenantes. Les quelques intervalles demi-marathon que j'ai faits se sont bien déroulés. J'ai atteint les rythmes facilement, et les Merrell collent bien au pied même quand on court vite. Il me reste à les tester aux rythmes du 10 km et du 5 km, mais c'est très prometteur. Leur poids se compare par ailleurs à celui des Kinvara et des Free 3.0.

Pour ce qui qui est de l'adhérence, les Merrell se tirent très bien d'affaire. Après les avoir essayées sur la neige et la glace, je peux affirmer qu'elles sont plus adhérentes que les Kinvara, et qu'elles «collent» à la neige aussi bien que les GT-2150 de Asics!

En résumé, les Merrell sont légères, rapides, et respirent très bien. Si leur semelle est moins souple que celles des Kinvara et des Free, elles permettent tout de même de bien naviguer sur toutes sortes de surfaces comme la neige, la glace, la slush, la boue et même... l'asphalte. En fait, je les aime tellement que je prévois continuer de les utiliser abondamment dans l'avenir, notamment pendant les courses. Si tout se passe bien au cours des prochaines semaines, je chausserai les Merrell dans ma tentative de passer sous les 1h40 au Demi-marathon de Montréal, le 17 avril.

C'est tout à l'honneur de Merrell d'avoir conçu et fabriqué des chaussures aussi polyvalentes qui peuvent être utilisées autant pour la marche que la course ou la pêche.