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vendredi 6 janvier 2012

Un film et une vidéo pour bien commencer l'année

Il y a plusieurs mois, j'avais écrit que j'anticipais avec impatience la sortie du film Unbreakable, de JB Benna, qui documente l'édition 2010 du Western States 100 (WS100), une course mythique dans le monde des ultramarathons sur sentiers qui a lieu à chaque année dans les Sierra Nevada, en Californie.

Il va sans dire que lorsque le DVD a finalement été mis en vente il y a quelques semaines, j'en ai commandé une copie, laquelle est arrivée chez moi le 29 décembre après avoir été expédiée le 20. Neuf jours pour traverser l'Amérique du Nord (de la Californie au Québec) et passer à la douane en plein temps des Fêtes, c'est pas pire pantoute, comme dirait l'autre.

Rendre compte d'une course qui se déroule principalement dans les bois, en terrain montagneux qui plus est, sur un parcours de 160 km, représente tout un défi. Pour cette raison, JB Benna et son équipe ont décidé de concentrer leurs efforts sur le groupe de 4 coureurs favorisés par les experts pour remporter l'épreuve: le jeune prodige espagnol Kilian Jornet, ainsi que les Américains Hal Koerner, Anton Krupicka et Geoff Roes. Koerner cherchait à remporter l'épreuve pour une 3e année de suite, tandis que les 3 autres participaient pour la première fois au WS100. Jornet est une étoile en course en montagne et en ski-alpinisme, et avait notamment, à l'âge très avancé de 22 ans au moment de la course de 2010, déjà remporté deux fois l'Ultra Trail du Mont Blanc. Krupicka, de son côté, n'avait jamais franchi le fil d'arrivée d'un ultramarathon plus bas que la première place. Quant à Roes, il avait gagné toutes les courses de 100 miles auxquelles il avait participé, établissant un record du parcours à chaque fois.

Un seul de ces 4 coureurs d'élite allait demeurer «non-brisé», d'où le titre du film.

Les 20 ou 30 premières minutes du film (qui dure 1h45) montrent les 4 favoris dans les jours précédant la course, ce qui permet de mieux les connaître et d'avoir une idée de leurs attentes et objectifs pour la course. Ce prélude ouvre aussi une petite fenêtre sur l'ambiance qui règne autour des ultramarathons sur sentiers. On constate que les ultramarathoniens d'élite sont des gens très terre-à-terre et ont entre eux des relations des plus cordiales. L'esprit sportif n'a pas encore été corrompu par les gros commanditaires et les sommes d'argent faramineuses qui viennent avec, ce qui est extrêmement rafraîchissant.

Par la suite, on a l'occasion suivre le déroulement de la course du quatuor, des sommets enneigés aux canyons de l'American River, où le soleil plombe et où règne une chaleur de plus de 40˚C. En plus des images tournées aux stations de ravitaillement, on a droit à celles captées par des caméraman-coureurs et même par Rickey Gates, meneur d'allure (ma traduction de pacer) de Kilian Jornet dans la deuxième partie de l'épreuve. L'une des séquences les plus spectaculaires a lieu aux environs de la mi-course, alors qu'un caméraman court derrière le trio de tête composé de Krupicka, Roes et Jornet pendant un descente. À un certain moment, l'Espagnol dépasse ses deux compagnons/adversaires et disparaît vers le bas de la montagne à une vitesse fulgurante. «C'est l'une des plus belles choses qu'il m'ait été donné de voir en course à pied», mentionnera Krupicka par la suite.

Cette citation de Krupicka est tirée de l'une des entrevues réalisées par Benna avec les principaux protagonistes dans les mois qui ont suivi la course. Le film est parsemé de ce genre d'extraits d'entrevues, qui complètent les images prises pendant l'épreuve et aident à en comprendre le déroulement. Question d'apporter une certaine variation dans le déroulement du film et de mieux nous faire connaître les coureurs, Benna a également inclus des flashbacks qui nous montrent les 4 favoris dans leur environnement habituel. On y apprend notamment que Hal Koerner était préoccupé par une blessure à un pied qui l'incommodait encore dans les derniers jours avant la course...

Mentionnons aussi que les commentaires captés pendant l'épreuve et provenant de meneurs d'allure, de parents et amis venus aider à ravitailler les 4 favoris, de bénévoles et d'anciennes étoiles du sport ajoutent à l'excitation et permettent de comprendre à quel point l'édition 2010 du WS100 fut exceptionnelle.

Par ailleurs, JB Benna a vraiment eu une idée de génie en mettant le récit de Gordy Ainsleigh en parallèle avec la course qui se déroule sous nos yeux. Aujourd'hui âgé de 64 ans, M. Ainsleigh est considéré comme le «père» des ultramarathons sur sentiers aux États-Unis. Malheureux propriétaire d'un cheval qui s'était mis à boiter, il s'était retrouvé dans l'impossibilité de participer à l'édition 1974 de la course annuelle de chevaux entre les villes de Squaw Valley et Auburn, sur ce qui allait devenir plus tard le parcours du WS100. M. Ainsleigh s'était alors donné comme défi de faire le parcours en courant, et de le terminer en moins de 24 heures, lui qui s'était mis à la course à pied depuis quelques mois seulement. C'est l'épopée complètement folle de M. Ainsleigh qui a mené à la création du WS100, qui fut le premier ultramarathon en sentiers à être couru chez nos voisins du sud. À plusieurs reprises dans le film, lorsque les meneurs de la course de 2010 arrivent à tel ou tel endroit, on voit une séquence dans laquelle M. Ainsleigh nous raconte une anecdote tirée de sa course de 1974 et portant sur la même partie du parcours. C'est vraiment très réussi.

Et je ne sais pas si je deviens sentimental en vieillissant, mais j'ai trouvé la fin passablement émouvante: l'arrivée du vainqueur, puis les séquences en rafale pendant lesquelles on voit des coureurs arriver et célébrer, chacun à sa façon, seul ou avec ses proches. Ça aurait facilement pu être cucul ou grandiloquent, mais il n'en est rien. En fait, j'ai trouvé que la musique et le déroulement de cette partie du film étaient parfaits.

Bref, j'ai beaucoup aimé Unbreakable, et je le conseille vivement aux passionnés de course à pied. Même les shorts blancs en spandex de Kilian Jornet n'ont pas réussi à ne pas me faire aimer le film, c'est tout dire!

Bonne année de la part de Kilian
Puisqu'il est question de Kilian Jornet, si vous n'avez pas encore vu sa superbe vidéo de bonne année 2012 (dont j'ai appris l'existence grâce au blogue de François Drouin), ça vaut la peine de la regarder:



De toute beauté et très inspirant. En plus, c'est l'excellente pièce Bittersweet Symphony, du groupe The Verve, qui sert de trame sonore. Pour une fois qu'une vidéo de trail européenne n'est pas accompagnée d'une musique techno poche, il faut en profiter!

samedi 24 septembre 2011

Des nouvelles (suite)

Mon kit de course est sorti, et mon dossard est épinglé sur le t-shirt que je porterai demain matin. Si la tendance se maintient, donc, je serai parmi les quelques milliers de coureurs fébriles, heureux, impatients ou nerveux (ou tout ça à la fois) qui se tiendront sur le pont Jacques-Cartier peu avant 10h30 demain matin dans l'attente du départ du 21,1 km du Marathon de Montréal. Les retrouvailles avec mes potes du hockey cosom, et surtout la nouvelle de la sortie de ma mère de l'hôpital, m'ont revigoré.

Selon toute vraisemblance, je prendrai donc le départ. Ensuite, c'est le soleil qui fera foi de tout. Selon mon évaluation toute personnelle et subjective, la radiation directe du soleil sur le corps humain, ainsi que l'absorption de chaleur par l'asphalte des rues et les toits des immeubles, augmentent la température ressentie d'environ une quinzaine de degrés en ville par rapport à une journée nuageuse (l'absorption de la chaleur du soleil par l'asphalte et les toits cause bien entendu une augmentation réelle de la température environnante, mais bon, il est tard, laissons faire les nuances...). Armé de ma carte d'accès aux transport en commun, il me sera facile d'abandonner quand (et si) bon me semblera.

Je ne vois pas un abandon potentiel comme un manque de courage ou de volonté. Ou si, c'est en effet un manque de volonté, la volonté de prolonger une expérience qui ne me procure absolument aucun plaisir et qui peut même être néfaste pour ma santé. La nature des malaises qui m'ont affecté cet été dans des conditions de chaleur, d'humidité et de smog, ainsi que la prévalence de maladies coronariennes des deux côtés de ma famille, me poussent à la prudence. Être en bonne forme physique augmente les chances d'être en santé, mais n'immunise pas contre la maladie.

Côté performance, je ne m'en fais pas trop: mon grand total de 48 km au cours des deux dernières semaines? Pffft! Mon 0 km d'intervalles depuis 2 semaines? Je m'en fous. La rareté de mes longues sorties depuis 2 mois? Pas de problème! Mes jambes et mes abdominaux obliques qui risquent de se ressentir de l'heure et dix passée à jouer au cosom aujourd'hui, de cette reprise cosomienne après plus de 5 mois d'arrêt? Pas grave, puisque tout indique que le soleil va se pointer pendant ma course, et que je ne terminerai pas s'il se pointe.

Bref, j'ai payé environ 80$ pour m'inscrire, et je vais aller chercher tout ce que je peux demain matin (fébrilité pré-course, «communion» avec des milliers d'autres passionnés). Ça durera le temps que ça durera.

Et même s'il y a peu de chances que ce texte soit lu avant les différentes courses de demain, je souhaite tout de même bon succès aux coureurs-blogueurs qui seront en action demain matin.

vendredi 23 septembre 2011

Des nouvelles

J'ai été moins présent sur les interwebs ces derniers temps. Mon envie de bloguer a pris le bord. La course à pied et l'entraînement en général ont aussi pris le bord. En fait, tout prend le bord dans notre vie quand certains bouleversements se produisent. Je ne crois pas qu'il existe quoi que ce soit qui puisse nous préparer à faire face à la détresse extrême d'un être cher, et à la possibilité bien réelle de la perte de cet être dans un avenir rapproché.

Quand une telle situation survient, des barrières tombent entre le malade et les proches, et entre les proches. Des gestes se posent, des choses se disent, qui sont ordinairement inhibés par je ne sais quelle pudeur.

Dans les circonstances, les nouvelles sont encourageantes dans le cas de ma mère: elle reprend des forces après un double pontage coronarien, et il lui reste «seulement» à se faire enlever une tumeur cancéreuse à l'intestin. Heureusement, nous avons appris hier que le chirurgien pourra procéder par laparoscopie.

Comme je le mentionnais plus haut, la course à pied a tombé assez loin dans ma liste de priorités. J'ai tout de même fait quelques sorties dans les côtes et les beaux paysages chicoutimiens. Je suis de retour à Montréal aujourd'hui, mais pour l'instant j'ai infiniment plus envie d'aller courir tranquillement sur le mont Royal que d'aller me faire chier dimanche dans un demi-marathon couru sous le soleil de midi par un humidex de 32. Je ne crois pas avoir assez d'énergie physique ou mentale pour la 2e option présentement.

Image tirée du site de Météomédia.


Je vais aller chercher mon t-shirt à l'expo-marathon et, qui sait, si la température n'est pas trop pire le matin, je pourrais aller prendre le départ pour profiter un peu de l'ambiance d'avant-course, qui sera sans aucun doute électrisante. Mais finir? Les choses peuvent changer d'ici dimanche, mais en ce vendredi après-midi il n'en est pas vraiment question.

samedi 16 avril 2011

Un debi-baradhon? Don berci.

À moins d'une amélioration miraculeuse et fulgurante de mon état de santé au cours des prochaines heures, je ne ferai pas partie de l'imposant peloton de gens nerveux, fébriles et heureux qui s'assembleront près du phare de l'île Ste-Hélène peu avant 10h demain matin en prévision du départ du 21k de Montréal.

Comme le titre du présent billet le laisse deviner, je suis aux prises depuis le début de la semaine avec un vilain rhume de cerveau (ou serait-ce une grippe?). Depuis jeudi, je suis dans le creux de la vague: congestion nasale totale, nez qui coule, maux de gorge et d'oreilles, et léguminosité avancée. Comme mon état empire quand je passe trop de temps à l'horizontale, je vais essayer de dormir assis la nuit prochaine. Mais il reste qu'étant donné que les choses n'ont presque pas bougé depuis avant-hier, je doute que mon état va s'améliorer de façon significative pendant la nuit.

Bien entendu, j'ai passé par une phase Caliméro aigüe: je considère que dans le sud du Québec, 2 fenêtres de quelques semaines (une au printemps et l'autre à l'automne) offrent des températures qui permettent de réussir les meilleurs temps dont nous sommes capables, et voilà qu'un rhume me tombe dessus au beau milieu de l'une d'elles et m'empêche de participer à ce qui devait être ma principale course printanière! C'est vraiment trop inzuste! Mais à quoi bon se plaindre de choses sur lesquelles on n'a aucune prise? Aussi bien les accepter.

Également, ce repos forcé de la course est un mal pour un bien. Sans entrer dans les détails (j'y reviendrai dans un prochain billet, quand mon cerveau sera de nouveau pleinement opérationnel et que j'aurai plus d'information), certains signes laissent croire qu'il se passe des choses pas le fun avec mon tendon fibulaire court (peroneus brevis). Si je participais au demi demain matin, est-ce que j'aurais assez de maturité, dans le feu de l'action, pour abandonner la course quand la douleur deviendrait trop présente? Il ne faut pas niaiser avec les tendons et les ligaments, surtout quand: 1) on est accro à la course à pied et une inactivité forcée de plusieurs mois entamerait fortement notre moral ; et 2) les fonds nécessaires pour défrayer les coûts exorbitants de physio et de médecine sportive nécessaires à notre guérison proviendraient de notre propre poche, et non des coffres imposants d'une compagnie d'assurance.




Pour l'instant, je prends des anti-inflammatoires et je laisse passer mon rhume en touchant du bois pour qu'une période de repos d'une dizaine de jours suffise à régler le problème. D'ailleurs, aujourd'hui, pour la première fois depuis ma seule sortie de course de la semaine (mercredi), je n'ai ressenti aucun inconfort ni douleur à l'extérieur de la cheville et du bas de la jambe en marchant. C'est encourageant.

Il reste que j'aimerais ça que les symptômes de mon rhume soient presque partis quand je me réveillerai demain matin. Je me préparerais pour la course, prendrais le métro jusqu'à l'île Ste-Hélène et irais profiter de la formidable ambiance qui régnera avant le départ et pendant la course. Je me placerais à l'arrière du peloton, et je courrais tant que la douleur serait absente ou faible. Ces quelques minutes passées à partager ma passion avec plus de deux mille autres mordus seraient fort appréciées. Mais bon, au rythme où mon état évolue, je serai probablement toujours KO demain...

À tous ceux qui participeront au demi-marathon ou au 5 km demain matin, je sais qu'on annonce du temps frais et venteux, mais je vous souhaite une bonne course et surtout de savourer le moment!

vendredi 12 novembre 2010

Prochaine course

Hier soir, la direction de course de l'édition 2011 du Demi-marathon hypothermique de Montréal, qui aura lieu le 19 février prochain, offrait aux participants de cette année l'occasion de s'inscrire avant tout le monde. Ayant beaucoup apprécié mon expérience de cette année (malgré une vilaine chute qui a fait mal à mon genou droit et à mon orgueil, ainsi qu'une Xème blessure à la bandelette ilio-tibiale droite... coudonc, serais-je masochiste, par hasard?), j'ai sauté sur l'occasion. Ce sera donc ma prochaine course (pas question que je quitte le bienheureux froid pour aller participer à un demi-marathon dans un pays au climat plus chaud).

La folie de l'entreprise me fait sourire et me remplit d'excitation: il y a quelque chose de merveilleusement stupide et d'enthousiasmant tout à la fois dans le fait de se lever avant le soleil un samedi matin pour aller courir 21,1 km dans des conditions hivernales. C'est en quelque sorte s'approprier l'hiver, faire un doigt d'honneur à la conception que la plupart des gens «normaux» (ceux qui ne vont pas jouer dehors) se font de la saison froide: un mauvais moment à passer, à râler contre le froid et la «marde blanche» et, dans certains cas, à compter les semaines qui restent avant le fameux «voyage dans le sud».

Participer à cette course, c'est aussi, à quelque part, se prouver à soi-même qu'on est maintenant tellement en forme qu'on est prêt à courir un demi-marathon dans un blizzard, sur la glace ou dans la gadoue. Et c'est aussi partager sa folie avec d'autres hurluberlus. La folie, dans un groupe de fous, c'est la normalité.

Mon objectif? Disons que je serai très déçu si je ne bats pas mon modeste record (modeste par rapport à mes temps sur des distances plus courtes) de 1:49:43, réalisé au Demi-marathon des Deux Rives de Québec au mois d'août, dans la chaleur et l'humidité. Selon le McMillan Running Calculator, mon temps à la Classique du Parc Lafontaine du mois dernier équivaut à un 1:39:17 au demi-marathon. Comme mon kilométrage est presque là où il doit être pour un demi (je viens de compléter ma 2e semaine de suite de 50 km, avec une longue sortie de 20,6 km cette semaine), je vais m'entraîner en vue de réaliser ce temps. Au pire, j'ajusterai mon objectif à la baisse si je n'arrive pas à tenir le coup à l'entraînement. Et il va sans dire que je vais modifier mon objectif en fonction des conditions météo le jour de la course!

Voilà, la première brique de mon année de course 2011 est en place. Le reste va beaucoup dépendre de si je décide ou non de courir mon premier marathon et, bien entendu, du moment où je courrais cet hypothétique marathon. Mais ça sera le sujet d'un prochain texte...

En terminant, voici une capture d'écran partielle de l'une des étapes de l'inscription en ligne au Demi-marathon hypothermique, sur le site du Coin des coureurs:




Ouais. C'est ça qui est ça. Vive les logiciels de traduction! Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres sur ce site. Vraiment, j'ai hâte que Running Room s'inspire d'une autre entité du ROC, Mountain Equipment Coop, pour le niveau de qualité de la version française de son site internet.

jeudi 23 septembre 2010

Ma prochaine course

Plus tôt cette semaine, je me suis inscrit au 10 km de la Classique du parc Lafontaine, qui aura lieu le 17 octobre. Suis-je dans une forme de 10 km? Pas du tout! En préparation du Demi-marathon des Deux Rives de Québec, j'ai en effet passé l'été à travailler sur mes principales faiblesses, soit le manque d'endurance fondamentale et le manque d'endurance spécifique. Pour ce faire, j'ai beaucoup augmenté mon kilométrage hebdomadaire et fait un grand nombre d'intervalles à mon rythme visé au demi-marathon, ce qui m'a amené à négliger les intervalles plus rapides.

Bonne nouvelle: mon entraînement a fonctionné, et je suis maintenant beaucoup plus endurant qu'il y a quelques mois, comme en témoignent mon nouveau record personnel réalisé lors du demi (malgré la chaleur) et mon absence de douleur à la bandelette ilio-tibiale pendant ou après la course, une première. Mauvaise nouvelle: mon entraînement a fonctionné, et j'ai perdu de la rapidité ces derniers mois, dans le sens où j'ai plus de difficulté à tenir des rythmes plus rapides que celui du demi-marathon.

Avant de faire mon 1er entraînement sur piste depuis le demi-marathon, la semaine dernière, mon évaluation était que j'aurais probablement fait dans les 48 minutes si j'avais eu à courir un 10 km le jour même, peut-être 47 si j'avais vraiment été dans une bonne journée. J'avais toutefois (et j'ai toujours) le goût d'un objectif ambitieux, pour ne pas dire farfelu, pour la course du parc Lafontaine: non seulement battre mon record de 45:37, qui date de 3 ans, mais aussi passer sous les 45 minutes! La marche est très haute, mais je n'ai pas le goût de faire une course conservatrice, pépère (haha), dans laquelle ma prudence m'assurerait de faire un temps dans les 46-48 minutes. J'ai le goût d'être audacieux et de foncer, quitte à me casser la gueule.

En faisant une séance d'intervalles sur piste par semaine, j'avais la possibilité d'en faire 5 d'ici la course. J'ai donc décidé de faire une progression d'intervalles spécifiques (à mon rythme visé au 10 km) d'une semaine à l'autre, tel que le conseille Brad Hudson dans Run Faster. Cependant, comme 5 semaines c'est plutôt court, je devrai tenter une progression en accéléré.

Ma séance de mercredi dernier, pendant laquelle j'ai entre autres fait 3 X 1 km au rythme 10-k, n'a fait que confirmer que mon objectif se situe à mi-chemin entre le «audacieux» et le «loufoque». Ça faisait un bout que je n'avais pas couru à 4:30/km, et mes cuisses me l'ont fait savoir!

Cette semaine, je suis passé aux intervalles de 2 km: 2 X 2 km, intervalle I de 1 km par la suite, tout ça sous un gros soleil à certains moments et avec un humidex de 27. Je me suis presque payé un coup de chaleur...

Je vais continuer la semaine prochaine en tentant de faire 3 X 2 km au rythme 10-k. Et pas d'intervalle au rythme I pour les semaines qui s'en viennent, question de me donner un maximum de chances de compléter mes séances sans encombre.

Car j'en suis effectivement là: comme la marche est haute de semaine en semaine, je ne peux jamais être certain de pouvoir compléter tous les intervalles au programme. Selon Hudson, un bon moyen de s'assurer qu'on a de bonnes chances d'atteindre son objectif, c'est de réussir à courir, environ une semaine avant la course, 4 X 2km à son rythme visé au 10 km + 1km le plus vite que l'on peut, les intervalles étant séparés par 3 minutes de course lente. Grosse commande pour moi, d'autant plus que mes intervalles sont actuellement séparés par 800 m de course lente, soit plus de 4 minutes...

Bref, je fais «comme si» j'allais courir le 10 km en 45:00 moins des poussières, et je continue avec cet objectif tant que je serai capable de faire tous les intervalles au programme dans le temps voulu. Si quelque chose accroche (incapacité à tenir le rythme, début de blessure, etc.), je réviserai mon objectif en conséquence. En attendant je me défonce, je me défoule, je souffre, mais surtout, je m'amuse!

jeudi 8 avril 2010

Je ne comprends pas... mais je suis content

Depuis quelques jours (en fait surtout depuis hier), ma jambe droite commençait à m'inquiéter. J'avais mal au genou et dans le haut du tibia, et avant d'aller courir aujourd'hui, je ressentais même un peu de douleur dans le haut de la cuisse, tout près de la hanche, et à l'extérieur du genou, ce qui laissait présager un retour de l'infâme syndrome de la bandelette ilio-tibiale. Surtout que j'avais fait mes 2 sorties précédentes sur des parcours très côteux (descendre une côte inclinée de 5% à 7% s'étendant sur environ 1,5 km n'est pas une très bonne idée quand on est pris avec un problème de bandelette...).

C'est donc en me traitant d'idiot entêté que je suis allé faire ma séance d'intervalles sur piste aujourd'hui, tout en me disant que j'arrêterais dès que je ressentirais de la douleur à la bandelette, ce qui allait probablement se produire dès le 1er intervalle rapide...

Hé non! J'étais dans l'erreur. Non seulement j'ai complété les 10,2 km prévus à ma séance (qui comprenait 4 intervalles de 1 km au rythme I et 5 intervalles de 200 m au rythme R), mais en plus JE N'AI PRATIQUEMENT PLUS MAL CE SOIR (sauf au genou, mais il me fait un peu mal depuis plusieurs semaines déjà). Le fait que j'étais désespérément lent, avec les rafales de vent qui devaient bien atteindre les 40 km/h, ne change rien à l'affaire: ma sortie de course, qui comprenait 5 sprints de 200 m pendant lesquels je courais le plus vite que je pouvais (avec le vent dans le dos pendant la majeure partie du 200 m), semble m'avoir «guéri»! Bref, comme le dit le titre du présent billet, je ne comprends pas, mais je suis bien content...

Étant donné la relative bonne santé de ma bandelette, je me suis inscrit au 10 km de la course de St-Laurent, en espérant que celle-ci ne sera pas perturbée par les moyens de pression des cols bleus... Et il y a de fortes chances que je participe également au 10 km du Défi du printemps des YMCA du Québec 2 semaines plus tard, au parc Maisonneuve.

Je me suis même pris à rêver au 20 km du Défi Ste-Anne-de-Bellevue, mais avec ma foutue bandelette, je ne dois rien tenir pour acquis.

Il ne me reste qu'à trouver une bonne journée pour courir un 5 km sur piste sans risquer de me scrapper, question de pouvoir faire une estimation réaliste de mon temps sur 10 k. En ce moment je n'ai qu'une idée très vague de ce que je peux viser...