Aucun message portant le libellé course hivernale. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé course hivernale. Afficher tous les messages

dimanche 13 mars 2011

Bilan de la semaine du 06/03/2011

Semaine post-Pichous, pendant laquelle j'ai récupéré et emmagasiné un peu d'énergie en vue des dernières semaines de préparation au 21k de Montréal.

Dimanche: Pas de sport.
Lundi: Sortie de course de 6,3 km à un rythme lent, question de permettre à mes ischios de se remettre du combo 15 km des Pichous/grattage de l'avant-veille. La mini-tempête avait laissé de la neige au sol et certaines rues étaient devenues plutôt étroites suite au passage de la gratte. Un vrai paysage saguenéen à Montréal! En cette fin de soirée où j'avais les rues pratiquement à moi tout seul, c'était magique. En plus, les trottoirs, qui avaient été bien grattés, étaient recouverts d'une couche de neige durcie dans laquelle mes Yaktrax mordaient très bien. J'ai aussi dû faire environ 200-300 m dans un bon 15-20 cm de neige durcie vers la fin, car le trottoir n'avait pas été gratté du tout à cet endroit. J'ai adoré! Temps: 38:14. FCmoy=123/min, FCmax=138/min.
Mardi: Musculation, avec exercices pour les mollets.
Mercredi: Sortie de course de 8,3 km avec mes toutes nouvelles Nike Free 3.0, que j'étais allé cueillir au bureau de poste la journée même! Les rues étaient un mélange d'asphalte, de neige, de slush et de glace. Première impression des Free 3.0: la semelle est nettement plus dure que celle des Kinvara, ce qui colle avec ce que j'avais lu sur les internets; à part ça, la différence n'est pas très grande. Quand j'aurai suffisamment couru avec les Free pour me faire une opinion éclairée, je vais y consacrer un billet. Malheureusement, des douleurs aux ischios ont quelque peu gâché cette première sortie, que j'ai même songé à écourter à un certain moment. Les choses sont toutefois rentrées dans l'ordre pendant les derniers kilomètres. Temps: 48:47. FCmoy=130/min, FCmax=148/min.
Jeudi: Musculation, sans exercices pour les mollets. Retour chez moi à la course. Comme la température des 24 heures précédentes (accumulation de neige, suivie de plusieurs heures de pluie) avait rendu la ville, disons, très mouilleuse, j'avais une bonne excuse raison pour mettre mes Free au lieu de mes GT-2150: comme je n'allais pas manquer d'avoir les pieds mouillés pendant tout le trajet, c'était beaucoup plus avantageux de mettre une chaussure légère qui ne prendrait pas trop de poids lorsque trempée. Un autre avantage du minimalisme! Le mot «ridicule» m'est cependant rapidement venu en tête quand j'ai commencé à courir: les trottoirs étaient à la fois glacés et recouverts d'une quantité d'eau non négligeable, et de véritables lacs attendaient les malheureux piétons aux intersections. Bref, c'était la flotte ET la patinoire. J'ai pensé à changer mes plans et prendre le métro, mais ça ne me tentait pas d'aller m'emmerder à attendre, et j'avais envie de jouer dehors... J'ai donc continué, allant parfois à un rythme à peine plus rapide que la marche, un pied partant dangereusement en dérapage à 2 ou 3 reprises, passant régulièrement dans de petites mares d'eau glaciale. J'ai particulièrement aimé le moment où, posant le pied devant un des lacs mentionnés plus haut, je me suis dit: «OK, pas assez d'adhérence, soit que je me plante, soit que je passe dans la flaque d'eau géante». Comme ailleurs, l'eau de ladite flaque était frette en tabar... Heureusement, j'ai pu commencer à courir dans les rues à l'ouest du chemin Côte-des-Neiges. Quand je ne croisais pas de voiture et que la densité surfacique de nids-de-poules demeurait raisonnable, tout allait bien. Bref, ce fut une sortie mémorable, la plus ridicule de mes presque 3 hivers de course à l'extérieur... Ce fut également intéressant, mais la question se pose: mais qu'est-ce qui m'a pris de courir dans de telles conditions? 6,5 km courus en 40:00. FCmoy=127/min, FCmax=141/min.
Vendredi: Sortie de course de 12,1 km sous une pluie d'intensité variable (assez forte au début, un petit crachin vers la fin). Cette fois, les conditions étaient presque printanières: la neige avait fondu des trottoirs, les lacs étaient beaucoup moins nombreux, et j'ai couru en shorts! Seuls mes gants et mon haut d'hiver me rappelaient que l'hiver n'est pas encore terminé. Je ne sais pas si c'est la semaine d'entraînement réduit qui m'a fait du bien, ou encore le quasi printemps, ou encore le fait d'avoir enfin les pieds ancrés solidement au sol à chaque pas, toujours est-il que je débordais d'énergie. Sans même que j'essaie de pousser, mon rythme se rapprochait du 5:00/km sur le plat. En fin de parcours, je me suis même tapé un intervalle d'un peu plus de 2 km à mon rythme du demi-marathon. En fait, je suis allé un peu plus vite (4:37/km vs 4:43/km), tout en maintenant une FCmoy de 147/min sur une section de parcours légèrement descendante (perte d'altitude de 8 m sur 2 km). Ça donne un nombre de battements par km de 678, le plus bas depuis que j'ai commencé à faire ce genre de calcul. C'était la première fois depuis longtemps que j'avais autant d'énergie pendant une sortie de course. Temps: 65:42 (dont près de 2 minutes d'attente aux intersections). FCmoy=135/min, FCmax=155/min.
Samedi: 120 minutes de hockey cosom. Temps de jeu: environ 80 minutes. J'avais beaucoup d'énergie en dépit d'une nuit de sommeil trop courte, mais je suis ressorti de là avec des douleurs aux ischios et au bas du mollet droit, ainsi qu'une bosse au-dessus du 1er métatarsien du pied droit. Bref, la routine...

En somme: 33,2 km de course à pied, 2 séances de musculation et environ 80 minutes de temps de jeu au cosom.

En re-somme, pendant ma première sortie de course de la semaine j'ai eu l'occasion de vivre le côté zen de la course hivernale. Un peu plus et je m'imaginais en Anton Krupicka, montagnes et talent pour la course en moins:



(Au risque de me faire lancer des tomates, cette vidéo et une sortie comme celle de lundi dernier me font presque regretter l'hiver qui s'achève...)

Par la suite, j'ai dû me dépêtrer dans le pire de ce que l'hiver en ville a à offrir: glace, slush, flaques d'eau géantes, nids-de-poule, etc. Et pour terminer ma semaine coursienne, je me suis tapé une petite sortie dans des conditions quasi-printanières. Bref, cette semaine de repos/récupération m'a fait passer par toute la gamme des conditions.

Maintenant, c'est le temps de reprendre les intervalles, les longues sorties et les semaines de 50 km et plus, question d'être fin prêt pour le demi-marathon du mois prochain...

dimanche 6 mars 2011

15 km des Pichous

Me voici de retour sur les interwebs après un petit séjour dans ma région natale pendant lequel j'ai, comme prévu, participé à la 42e édition du 15 km des Pichous, qui s'est tenue hier (samedi). Tel que mentionné dans mon dernier billet, il s'agissait pour moi d'une deuxième participation à cette course, et compte tenu que je suis nettement en meilleure forme cette année qu'il y a 2 ans, j'étais très confiant de pouvoir battre mon temps de 2009 par une bonne marge et j'espérais «effacer» la 58e place sur 70 dans mon groupe d'âge obtenue à l'époque.

Le doute s'est pointé le bout du nez pour la première fois quand j'ai émergé du sommeil vendredi matin, bien au chaud sous les draps d'une chambre d'invités de la maison de ma valeureuse génitrice. C'est en effet à ce moment précis qu'une caractéristique importante des Yaktrax s'est imposée à mon esprit encore à moitié endormi: les Yaktrax ne sont d'aucune utilité quand on les laisse dans un sac de plastique dans le garde-robe de l'entrée de son domicile, à plus de 500 km de l'endroit où se déroule la course. C'est une caractéristique fâcheuse, parce qu'on prévoyait des chutes de neige en continu de vendredi soir à dimanche matin. La neige avait donc amplement le temps de s'accumuler d'ici samedi à midi, moment du début de la course...

Une petite visite à Place du Royaume, centre commercial bien connu des gens du coin, ne m'a pas permis de trouver de Yaktrax à ma pointure (conséquence de la rareté des articles hivernaux en cette fin de saison, j'imagine). Dans ces circonstances hautement périlleuses, je me suis rabattu sur une paire de Snowtrax, dont la partie qui va sous la plante des pieds comprend, tout comme les Yaktrax, des fils métalliques enroulés autour de l'armature de caoutchouc. Sous le talon par contre, ce sont des morceaux de métal. Ceux-ci adhèrent certainement très bien à la glace, mais ils ajoutent du poids à la semelle. Pas idéal pour courir. Je craignais aussi de perdre ces semelles en cours de route si j'avais à m'en servir pour la course (faites pour la marche, elles n'ont pas de sangle qui passe par dessus le milieu du pied).

Mais bon, les rues étaient encore dégagées quand je me suis couché vendredi soir, et je pouvais encore espérer que les prédictions météo étaient dans le champ. En me levant au petit matin cependant, je ne pouvais plus espérer: la neige était en train de tomber et avait commencé à s'accumuler...

Pendant le trajet vers les Galeries Jonquière, où le départ avait lieu, la visibilité n'était pas très bonne, mais les principales artères étaient dégagées. J'allais peut-être pouvoir courir «nu espadrilles», après tout.

Pour (essayer de) faire une histoire courte, je me suis retrouvé prêt à prendre le départ environ 5 minutes avant le début de la course. J'ai alors confié mes Snowtrax à mes supportrices (qui étaient là également pour encourager 2 de mes cousins coureurs, il faut bien l'avouer) en leur disant que j'allais faire quelques essais sur le parcours et que je retournerais les voir si jamais je décidais que j'avais besoin des semelles. Pas question que je prenne le risque d'avoir à courir avec ces semelles dans les mains...

En arrivant sur le boulevard où avait lieu le départ, j'ai constaté que la chaussé était très mal grattée, et que ça irait sans doute beaucoup mieux avec les Snowtrax, pour commencer la course du moins. Je me suis alors lancé à la recherche de mes spectatrices... sans succès. J'allais donc devoir courir sans aide pour la traction, et espérer que les autres rues du parcours seraient mieux grattées. Au moins, en regardant autour de moi, j'ai noté que la plupart des coureurs ne portaient pas de crampons.

Au moment où le peloton d'environ 500 coureurs (un record, si je ne m'abuse; encore une preuve de la popularité croissante de la course à pied) s'est élancé sous la neige qui continuait de tomber, je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre.

Heureusement, la chaussée était beaucoup moins pire après environ 100 ou 200 m, même si elle était toujours enneigée et un peu glissante. Comme au début du Demi-marathon hypothermique il y a 2 semaines, je me suis mis à remonter le peloton. À un certain moment, j'ai même couru sur un rare bout de trottoir bien déneigé pour pouvoir aller à mon rythme sans être ralenti par le peloton dense.

On pourrait dire que j'ai été au-dessus de mes affaires pendant les 3-4 premiers km, continuant de dépasser des coureurs et profitant du parcours légèrement descendant pour courir dans les 4:40/km la majeure partie du temps.

L'adhérence variait beaucoup dans le sens de la largeur de la route, et les coureurs avaient tendance à avancer en file indienne le long des lignes où la traction était meilleure. Il y avait généralement 2 lignes, parfois une seule, parfois 3, dépendamment des endroits. J'ai d'ailleurs fait de nombreux zigzags tout au long de la course, question d'évaluer si ce n'était pas moins glissant dans la ligne du voisin ou de carrément essayer de nouvelles lignes lorsque je n'étais plus satisfait de l'adhérence de celle dans laquelle je courais. Sans compter qu'il me fallait aussi parfois changer de ligne pour dépasser.

Bref, les 4 premiers km se sont somme toute bien déroulés. Au 5e, les conditions se sont cependant légèrement détériorées, ou peut-être était-ce simplement le fait que nous avons rencontré nos premières petites montées, et que monter des côtes est toujours pénible quand l'adhérence n'est pas idéale. Toujours est-il que c'était plus difficile. J'ai néanmoins réussi à courir le 5e km sous les 5:00/km.

Nous n'avions toutefois encore rien vu: dès le début du 6e km, il nous fallait affronter LA côte du parcours, qui s'étend sur environ 250 m et dans laquelle la neige s'était curieusement (et malheureusement pour nous) accumulée en plus grande quantité qu'ailleurs. Ça glissait, ça n'avançait pas, c'était fatiguant pour les muscles, et ça demandait beaucoup au cardio.

Mon moral en a pris un coup, d'autant plus qu'une fois rendu au sommet j'étais incapable de revenir sous les 5:00/km à un effort équivalent à celui pré-côte. J'ignorais alors si c'était parce que j'avais cassé ou parce que nous étions sur un faux-plat ascendant (je sais maintenant que c'était un faux plat). Pour couronner le tout, nous avions droit à un vent de face depuis que nous avions tourné vers l'est sur le boulevard Saguenay, au début du 4e km, et ça allait demeurer ainsi jusqu'à la fin de la course. Pas que le vent lui-même, qui n'était pas assez fort pour nous ralentir, fût un problème: c'était plutôt la neige qu'il nous envoyait en plein visage qui devenait incommodante à la longue. J'ai d'ailleurs dû faire tomber la glace de mes sourcils et cils à 2 ou 3 reprises, car je commençais à ne plus voir grand chose... (Yéti, es-tu là?)

J'avais hâte d'arriver à la côte de St-Jean-Eudes pour pouvoir me laisser descendre et bénéficier d'un petit break. Après une ou 2 autres petites montées, j'y étais enfin. C'est dans cette partie descendante du parcours, qui se trouve aux 9e et 10e km, que la chaussée est devenue plus slusheuse, ce qui ne veut malheureusement pas dire que nous étions sur l'asphalte. Et ça demeurait glissant, comme mes 2-3 mini-dérapages me l'ont rappelé. Il fallait demeurer prudent.

Dans mes souvenirs, il n'y avait plus vraiment de côtes une fois la descente terminée, à part un faux plat légèrement ascendant. Il se trouve que mes souvenirs étaient mauvais... Nous étions TOUJOURS en train de monter ou de descendre une côte. Les montées, sans être longues ou très à pic, étaient significatives. Ou à tout le moins elles le paraissaient, avec la gadoue et l'état de fatigue dans lequel je me trouvais.

Côté chrono, les conditions météo faisaient en sorte que mes repères avaient foutu le camp. Mon objectif de 4:43/km était inatteignable. Je n'avais aucune idée si j'étais en train de faire une bonne course ou non. Je savais seulement que je disposais d'une petite marge sous les 5:00/km.

Un petit regard à ma gauche, vers la rivière Saguenay et sa rive nord, juste assez long pour que je me dise que c'était dommage que mon écoeurement m'empêche de savourer la beauté du paysage dans la neige qui tombait, puis je croisais un spectateur qui nous encourageait en tapant des mains et en nous disant: «il reste juste quinze cent mètres». «Comment ça 1500 m?», que je me suis dit. «Yé dins patates!» En regardant ma Garmin, j'ai vu que j'étais rendu à plus 13,5 km. Il restait donc moins de 1,5 km, ou encore 1500 m. Il y avait bel et bien quelqu'un dans les patates, mais ce n'était pas celui que j'avais cru...

J'ai alors aperçu les 2 ponts qui enjambent le Saguenay, tout près de la zone d'arrivée au Vieux Port de Chicoutimi, et réalisé qu'il n'y aurait plus de montées d'ici la fin. Sentant que j'en avais encore dans les jambes, j'ai profité du faux plat descendant pour accélérer. J'ai rattrapé et dépassé 2 ou 3 coureurs. Contrairement à ce à quoi je m'attendais, ils n'ont pas accéléré pour me redépasser. Après un petit sprint final, c'était terminé. Temps officiel: 1:14:15.



J'étais content d'avoir fait sous les 1h15, mais il me restait à déterminer si j'avais fait une bonne ou une mauvaise course compte tenu des conditions météo. Premier indice d'après-course: l'un de mes cousins avait fait 1h10 l'an dernier dans des conditions plus clémentes; hier, j'ai terminé 8 minutes devant lui. Malheureusement, nous nous sommes manqués avant et après la course. Peut-être était-il moins bien entraîné cette année que l'an dernier. Cette donnée seule ne permet pas de conclure...

Deuxième indice: Terry Gehl a remporté l'édition de cette année en 53:50. Un temps d'extraterrestre. En 2009, la course s'était déroulée sur l'asphalte. Terry Gehl avait alors gagné en 47:56, une différence de près de 6 minutes par rapport à hier. Verdict: les conditions étaient VRAIMENT mauvaises, hier. Que j'aie manqué mon objectif initial de seulement 3 minutes et demie est donc encourageant. Dans ces conditions de merde, j'ai par ailleurs battu mon temps d'il y a 2 ans de plus de 6 minutes et demie. Juste reflet de mon manque de forme de l'époque et du chemin parcouru depuis.

Dernier indice: j'ai fini 31e/105 dans ma catégorie, moi qui suis maintenant un vieux crouton à l'intérieur de mon groupe d'âge (je deviendrai plus tard cette année un jouvenceau de la catégorie suivante; faut bien s'encourager comme on peut).

En somme, le pepére est ben content de sa course, d'autant plus que ses mollets et son infructueux vont bien. Et les douleurs aux ischios ne sont apparues que samedi soir, après qu'il se soit frotté à une quantité saguenéenne de neige dans l'entrée de chez sa mère...

dimanche 20 février 2011

Compte rendu du Demi-marathon hypothermique de Montréal

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le moral des troupes («les troupes» étant ici constituées de mon moi-même) n'était pas très élevé à l'approche du Demi-marathon hypothermique de Montréal.

Tel que mentionné dans mon plus récent bilan de semaine, il y avait d'abord ce foutu malaise à l'ischio gauche qui était réapparu lundi dernier et qui était encore plus présent pendant ma dernière sortie avant le demi, mercredi. Il était possible que ce malaise m'empêche de terminer la course. Pas très motivant!

Il y avait aussi le fait qu'une gastro et le malaise à l'ischio m'avaient empêché de m'entraîner comme je l'aurais voulu ces derniers temps: mon volume hebdomadaire de course à pied dans les semaines qui ont mené au demi a été de 0, 25, 46 et 32 km. Pour un gars comme moi dont le manque d'endurance est le point faible, ce n'était pas très rassurant. Je ne pouvais qu'espérer que mes nombreuses semaines de 50 km et plus de novembre à janvier avaient laissé des traces...

De plus, je me rendais compte que je manquais de pratique sur la neige et la glace. J'ai d'ailleurs dû pousser pas mal fort mercredi pour tenir le rythme de 4:43/km, qui était mon objectif initial pour le demi-marathon.

Pour le reste, disons seulement que je semble incapable de reprendre le poids perdu pendant la gastro, que je suis particulièrement stressé depuis quelques semaines et que j'avais le moral dans les talons, d'où mon absence d'envie de pondre des billets de blogue. Le but de ce paragraphe n'est pas de me lamenter, mais de montrer que pour la première fois, je n'étais pas du tout excité ou motivé en vue d'un demi-marathon ou d'une autre course.

Est-ce une belle raison noble, émouvante et philosophiquement profonde qui a fait en sorte que je me suis levé à 5h hier matin pour me préparer en vue de la course? Pas du tout! C'est tout simplement que tant qu'à avoir payé près de 70$ pour l'inscription à une course, aussi bien y aller. Et tant qu'à y aller, aussi bien faire son possible...

C'est donc avec une application quasi religieuse que je suis allé «essayer» le parcours avant la course, question de résoudre la grande question existentielle en ce samedi matin: Yaktraxer ou ne pas Yaktraxer? Le circuit Gilles-Villeneuve était recouvert d'une fine couche de glace, en plus de plaques de neige et de glace plus épaisse à certains endroits. Comme la directrice de course nous l'avait mentionné dans un courriel envoyé la veille, pas moyen de mettre du sel ou du sable sur la piste, question de préserver la qualité de l'asphalte en vue du Grand prix de Formule 1, j'imagine.

L'opinion des quelques coureurs avec lesquels j'ai discuté était partagée: certains disaient que c'était de la folie de courir sans spikes, alors que pour d'autres il allait être possible de courir «nu semelles» puisque certaines parties de la piste étaient dégagées. J'ai finalement pris ma décision après avoir constaté que l'adhérence n'était pas meilleure avec mes Yaktrax, qui ne mordaient pas dans la mince couche de glace, laquelle n'était pas si glissante que ça de toute façon. J'allais peut-être le regretter (il y avait toujours la possibilité que les conditions soient plus difficiles du côté sud du circuit, que je n'avais pas exploré), mais j'allais courir sans Yaktrax. Et de toute façon, les conditions ne se prêtaient pas à une chasse aux records personnels: j'allais simplement courir au feeling et en faisant TRÈS attention où j'allais mettre les pieds, question d'éviter de me planter comme l'année dernière.

J'ai finalement intégré le peloton de coureurs moins de 5 minutes avant le départ. Le temps d'activer le GPS de ma Garmin et que celle-ci établisse le contact avec les satellites, la course était lancée! Comme je m'étais pointé assez tard, j'étais situé environ aux deux tiers du peloton. Dès le début et pendant les 2 premiers kilomètres, j'ai donc eu à dépasser un très grand nombre de coureurs. Normalement, je peste intérieurement quand je suis englué dans un peloton au début d'une course. Hier, j'aimais ça! J'étais forcé de ne pas partir en fou et de modérer mes transports, ce qui faisait d'autant plus mon affaire que la douleur à l'ischio gauche est apparue rapidement. Ça m'aidait à me ménager.

De plus, il fallait constamment regarder où l'on mettait les pieds et être attentif au degré d'adhérence à chaque pas si on voulait éviter de se planter. Cette combinaison de cohue pendant les 2 premiers kilomètres et de surface glacée ou mouilleuse par endroits a fait en sorte que j'ai raté chacune des 3 premières bornes. Tant pis! De toute façon, je pouvais avoir une idée de mon rythme en jetant des coups d'oeil rapides à ma montre. Et la plupart du temps, j'étais sous les 5:00/km. Je me suis alors donné comme «mission» de compléter le premier tour (le parcours consistait en une boucle de 7 km que nous devions courir 3 fois) sous les 5:00/km et de décider alors si j'allais abandonner ou pas.

Comme la douleur à l'ischio n'avait pas empiré à la fin du premier tour, j'ai décidé d'en faire un deuxième et de réévaluer la situation à la fin de celui-ci. Ce 2e tour a été plus ennuyant que le premier. Pendant ce qui m'a paru être un long moment, j'étais loin derrière ceux qui me précédaient et loin devant ceux qui me suivaient. Il me semblait toutefois que la douleur à l'ischio gauche avait DIMINUÉ. Autre fait intéressant: les conditions de piste allaient en s'améliorant, probablement grâce au soleil qui plombait par moments et au passage des nombreux coureurs sur les minces plaques de glace. Le vent était toutefois nettement plus fort aux 2e et 3e tours, avec de fortes rafales dans la partie du circuit Gilles-Villeneuve située entre la montée et le pont du Cosmos, et sur le pont lui-même. À certains moments, je faisais du 5:15/km. Ailleurs, je maintenais le rythme, et j'étais toujours sous les 5:00/km en moyenne à la fin du 2e tour, à la suite duquel j'ai «oublié» de me demander si j'allais abandonner ou non: la douleur à l'ischio était partie!

Au 3e tour, j'ai augmenté la cadence dans la partie sud du circuit Gilles-Villeneuve, question de prendre un peu d'avance en prévision de la partie venteuse. À certains moments, j'étais même sous les 4:40/km, alors qu'il me semblait que j'étais dans un faux plat légèrement ascendant. La surface, qui présentait une excellente adhérence, se prêtait bien à un peu de vitesse. Dans la partie plus difficile, nous avons cependant été servis pour ce qui est des rafales de vent. Je donnais tout ce que j'avais pour atteindre mon objectif, qui était maintenant de faire sous les 1h45 et non plus seulement de maintenir une moyenne de 5:00/km, ce qui aurait donné un temps de 1:45:30. À l'approche du pont du Cosmos, je n'avais même plus la force de tourner la tête pour saluer les bénévoles et spectateurs qui nous encourageaient...

La dernière montée fut difficile. Après un dernier sursaut d'orgueil pour garder un coureur derrière moi (je m'étais déjà fait dépasser dans la côte, c'était bien assez...), c'était terminé. En regardant ma montre, j'ai eu l'agréable surprise de constater que j'étais passé sous les 1h44! Mon temps officiel: 1:43:48.

La comparaisons de temps réalisés sur des parcours différents à des époques différentes de l'année sont toujours un peu (beaucoup) boiteuses, mais il reste que j'ai battu mon ancien record de près de 6 minutes (5:55). Oui, ce record avait été réussi au Demi-marathon des deux rives par une grosse chaleur dégueulasse, sur un parcours plus difficile que celui d'hier, mais quand même: 5:55, ce n'est pas rien! Et il y avait tout de même de la glace et du vent par endroits hier sur le parcours. Les conditions n'étaient donc pas parfaites.

J'avais donc tort de m'en faire pour mon endurance, comme le montrent mes temps au tour: 34:48, 34:49, 34:13 (J'ai fini fort.)

Voici maintenant mes partiels tels qu'affichés dans mon compte Garmin Connect:



Comme on peut le constater, certaines des bornes kilométriques étaient mal placées. Mais ce qui est intéressant dans ce tableau, c'est que ma fréquence cardiaque a été assez stable du début à la fin. L'écart de fréquence cardiaque moyenne entre les premier et dernier partiels (9 battements par minute) est somme toute assez faible, signe que mon endurance est meilleure que ce que j'avais cru. Mes séances d'intervalles, pendant lesquelles je m'assure toujours de faire au moins un intervalle spécifique avec des jambes fatiguées, ont porté fruit.

En somme, cette course est vraiment satisfaisante, et je suis plus motivé que jamais de m'entraîner pour passer sous les 1h40 au 21k de Montréal.

mardi 14 décembre 2010

Textes intéressants + le Yéti

La blogosphère athléto-québécoise est en verve ces temps-ci. Parmi les textes récents que j'ai eu l'occasion de lire, en voici 3 qui ont particulièrement retenu mon attention:

Premièrement, ce texte de Sylvie (Maman marathonienne) sur la course à pied hivernale. Que vous n'ayez jamais couru dehors pendant l'hiver ou que vous soyez un habitué, il y a de bonnes chances que vous y trouviez un ou des éléments d'information auxquels vous n'aviez pas pensé. Et j'ajouterai, comme complément aux renseignements qu'on y trouve, un conseil destiné à mes collègues coureurs masculins: assurez vous de bien protéger toutes les parties de votre corps. Croyez-moi, ça vous évitera quelques désagréments...

Il y a aussi ce savoureux billet d'Éric (Objectif marathon) au sujet de l'amnésie dont trop de Montréalais semblent souffrir chaque année quand les premières neiges nous tombent dessus. Tellement trop vrai!

Et pour finir, une discussion fort intéressante dans le nouveau blogue Souliers magiques, écrit par une Claire à la plume claire et agile. On y apprend entre autres que les organisateurs du Marathon de Montréal planchent sur un nouveau parcours qui se terminerait au Vieux Port. Je trouve que c'est une excellente nouvelle: comme je l'avais écrit il y a quelque temps, non seulement le marathon est devenu trop gros pour une arrivée au Stade olympique, je trouve déprimant de terminer une course dans un gigantesque tombeau de béton (ou dans l'estomac d'un énorme éléphant blanc, c'est selon). À tel point que Montréal ne faisait même pas partie jusqu'à maintenant de mes choix de courses potentiels pour 2011. Si les organisateurs parviennent à s'entendre avec la Ville et à mettre en place le nouveau parcours dès l'an prochain, je vais fort probablement participer au demi-marathon ou peut-être même, si j'arrête de faire un Robert Bourassa de moi-même et prends une décision dans un sens ou dans l'autre, au marathon! Je reviendrai sur mon ambivalence face au marathon dans un prochain texte...

Dans un autre ordre d'idées, je m'en voudrais de terminer le présent texte sans revenir sur le Yéti, qui avait été aperçu dans les parages la semaine dernière. Hé bien, sachez qu'il a de nouveau été vu hier soir! Ayant à coeur le droit de la blogosphère à de l'information utile, pertinente et de qualité, j'ai pris mon courage à deux mains et photographié la bête qui, il est vrai, était moins effrayante que lors de sa précédente apparition (elle avait taillé sa pilosité faciale, la coquette). Voici ce que ça a donné:


lundi 6 décembre 2010

Wouhou!

Si la pile de ma caméra ne se déchargeait pas quand celle-ci n'est pas utilisée pendant une longue période, une photo du yéti coifferait le présent texte. Bon, enfin, pas le vrai yéti, qui se trouve sans doute aux alentours du pôle Nord en train d'aider le vrai Père Noël à préparer ses cadeaux, mais plutôt Pepére-ressemblant-au-yéti-car-il-revient-de-courir-dans-la-première-tempête-de-neige-de-la-saison-et-que-des-glaçons-se-sont-formés-dans-sa-barbe-et-dans-ses-cils-et-sourcils. C'était quelque chose à voir, et aussi à vivre (courir dans la tempête).

Je suis triplement content de cette sortie de course dans la belle neige parce que:

1) Deux bonnes nuits (plus un dimanche après-midi) de sommeil ont aidé à chasser le gros de ce qui restait de mon rhume: presque envolés, la congestion nasale, la sensation de pression dans les tempes, les maux de tête, et la fatigue générale. Seule la toux demeure. Ça faisait presque 2 semaines que je ne m'étais pas senti en pleine forme pour aller courir. La première tempête de neige a probablement aussi aidé à me motiver...

2) Hé oui, je ne le dirai pas trop fort, mais ça faisait quelques semaines que j'avais hâte d'aller courir dans la neige. Une fois les arbres dénudés et les couleurs parties, je trouve que ça manque de blanc. Et depuis que j'ai découvert la course hivernale il y a 2 ans, je suis accro.

3) Après ma première sortie avec les Kinvara, j'avais exprimé des doutes sur la compatibilité de mes pantoufles préférées avec notre hiver québécois et avec les Yaktrax Pro (voir le point 10 de ce billet). La journée d'aujourd'hui se prêtait donc à une petite mise à l'épreuve des Kinvara. Étant donné que l'empeigne des Kinvara est on ne peut plus minimaliste, je craignais de sentir les lanières de caoutchouc des Yaktrax sur les dessus de pied, à l'avant, ainsi que sur les côtés des pieds. Verdict: je n'ai pas plus senti les Yaktrax avec les Kinvara que je ne les sentais avec les GT-2140. Une question de réglée!
Et pour ce qui est de la faible capacité des Kinvara à conserver la chaleur, ça n'a aucunement été un problème aujourd'hui. Ce sera peut-être une autre histoire au cours d'une longue sortie de 2h-2h30 à -20˚C, mais je n'ai pas du tout gelé des pieds pendant ma sortie d'environ 1h, et il faisait -4˚C. Et comme je doute fortement que l'empeigne des Kinvara coupe le vent, je crois que le facteur vent est important. Conclusion d'aujourd'hui: aucune sensation de froid aux pieds avec un facteur vent de -12˚C. Pas de problème non plus avec la petite couche de neige qui s'est accumulée sur mes chaussures pendant que je courais. Bref, c'est très encourageant, d'autant plus que je ne portais pas de bas adaptés à l'hiver.

Même si j'étais fatigué après environ 5 km (comme il fallait s'y attendre: je relève d'un vilain rhume, je n'avais pas couru plus de 5 km depuis 10 jours, et les premières courses dans la neige sont toujours difficiles puisque certains muscles stabilisateurs ne sont pas habitués de travailler autant), ça n'a pas gâché mon plaisir: la seule vue de toute cette blancheur qui recouvrait le sol et qui tombait dans la lumière des lampadaires valait la peine.

Et je dis, sans la moindre trace de sarcasme: vive l'hiver québécois!